‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 89 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE V Il · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE V Il

siée en Dieu, elle le baisa, le serra dans de pauvres langes, et le posa dans la crèche, entre le bœuf et l'âne, afin qu'ils le réchauffassent de leur haleine.

Pendant que la mémoire nous raconte cette histoire, l'imagination s'en forme une idée et un portrait, et la contemple comme si nous y étions présents et que cela se passât devant nos yeux, ce qui retient et applique l'esprit, et l'empêche d'être distrait ailleurs.

Si le sujet de notre méditation n'est pas corporel (par exemple, la grièveté du péché mortel), nous pouvons nous considérer environnés de démons qui nous serrent avec des chaînes de fer ardentes, et tâchent de nous traîner dans des abîmes de feu et de flammes. L'imagination, qui est une puissance volage, et qui trouble souvent l'oraison, sera arrêtée par cette représentation.

4. Après l'exercice de l'entendement en la considération de la présence de Dieu, et l'exercice de la mémoire dans le souvenir de la matière de l'oraison, suit celui de la volonté, qui forme des désirs de bien prier, et en demande très brièvement la grâce en ces termes ou en de pareils : « O mon Dieu, mon Seigneur! voilà un excellent sujet de vous aimer, d'admirer vos grandeurs, de me convertir à vous, et de m'y donner de tout mon cœur. Je le désire très ardemment. Faites-moi la grâce que mon entendement soit éclairé de vos rayons, et que ma volonté brûle de vos saintes ardeurs. Ainsi soit-il. »

Il est expédient de demander en particulier de se bien imprimer les affections de la vertu sur laquelle on veut faire la méditation : par exemple, de la pauvreté, de l'humilité et du mépris du monde, si vous devez méditer sur la Nativité de Notre-Seigneur.

Il6 LE SAINT TRAVAIL DES MAINS

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