‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 95 sur 308 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

DIEU COMMUNIQUE LE DON DE CONTEMPLATION AUX RELIGIEUX QUI S'OCCUPENT AUX OFFICES DE MARTHE.

I. Effets de la Contemplation. — II. Propriétés de la Contemplation : i° Elle est facile ; 2° délectable ; 3° plus honorable que la méditation ; 4" plus utile que la méditation. — III. Le Convers peut exceller en la Contemplation. — IV. Deux espèces de Contemplation : r L'extase ; 2° le ravissement. — V. Les Convers ont des extases et des ravissements.

n des fruits de la méditation fervente et continuée dans un ardent amour, c'est la contemplation, laquelle est un simple aspect de Dieu et

des choses divines, sans nul discours. Elle cause en l'âme du Serviteur de Dieu une charité très enflammée et une joie ineffable.

Le contemplatif est semblable à un paysan à qui l'on montrerait dans Rome l'église de Saint-Pierre au Vatican. Aussitôt qu'il est entré dedans, il est ravi d'admiration de voir la grandeur de la nef, la beauté de la structure, la rareté et la splendeur des marbres, des jaspes, des peintures, des différentes figures, toutes reluisantes en or et en azur. Il demeure sur ses pieds immobile comme une statue, et tout transporté hors de lui. Il n'a ni parole ni mouvement ; mais il demeure les yeux ouverts dans la contemplation de ces merveilles, et comblé d'une joie si excessive qu'il ne la peut expliquer. Si on le réveille de cet agréable sommeil, et si on le pousse pour avancer et considérer les chapelles, plus il en approche, plus il est extasié et réjoui d'un si beau, si riche et si merveilleux spectacle. Il loue en lui-même les Papes qui ont fait tant de frais à l'honneur de Dieu et des saints Apôtres. Il bénit les architectes qui ont eu tant d'industrie et de patience à faire de si excellents ouvrages. Il s'estime heureux d'avoir fait ce pèlerinage. Il méprise dans son cœur les petites cabanes de son village, et n'en fait pas plus d'état que de la boue et du limon.

Saint Jean, étant ravi en esprit dans la céleste Jérusalem, entrait encore dans de plus hauts sentiments de ce qu'il voyait, et qu'il nous a décrit dans son Apocalypse. Il louait et bénissait son Dieu et son souverain Seigneur, d'avoir un amour si tendre pour ses serviteurs, que de les loger avec tant de magnificence. Il admirait le bonheur et la splendeur de tous les habitants. Il souhaitait d'être bientôt admis en leur sainte compagnie. Il joignait sa voix et son cœur à leurs chants harmonieux. Il faisait de bons propos de souffrir mille morts plutôt que de faire le moindre péché contre un Dieu si bon, si libéral, si puissant et si aimable. Celui qui s'adonne à la contemplation

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