CINQ VERTUS PRINCIPALES DES FRERES CONVERS DES CHARTREUX
I. Humilité des Convers Chartreux. — II. Diligence au travail. III. Charité. — IV. Mortification. — V. Oraison.
3 ans les livres précédents, je vous ai suffisamment >j|||J| montré le chemin de la perfection, pour pouvoir s§§© entrer dans la terre promise où coulent le lait et le miel des douceurs du Paradis. Il ne me reste plus rien que de vous donner une colonne de feu et de lumière, ou de faire descendre des étoiles du firmament, pour vous y conduire avec joie et avec assurance. J'en trouve tout d'abord dans l'Ordre des Chartreux, qui a commencé dans une si grande ferveur intérieure, que les splendeurs en ont rejailli au dehors, et que même, comme l'histoire le rapporte, saint Bruno et ses disciples parurent sur la pointe des rochers de la Grande Chartreuse comme des étoiles de première grandeur à saint Hugues, évêque de Grenoble, qui pour cette raison les reçut à bras ouverts, et leur donna ce lieu de retraite dans son diocèse, afin d'y bâtir leurs cellules.
Entre ces étoiles reluisaient deux frères convers, André et Guérin ; ce qui prouve clairement que les Convers sont de la première institution de cette céleste Congrégation, et de la même naissance que les Religieux prêtres, puisque dans le nombre des sept qui commencèrent l'Ordre, ces deux s'y rencontrèrent et resplendirent des mêmes clartés
que les autres. Les frères n'ont cet avantage qu'en peu d'autres Religions.
Ces deux astres ont versé de si heureuses influences et laissé tant de lumière dans le chemin qu'ils ont frayé, que tous ceux qui les suivent sont encore aujourd'hui des flambeaux allumés et de parfaits miroirs de toutes les vertus, tant leur vie et leur conversation en sont remplies. Il ne faut que jeter l'œil sur les lois qu'ils acceptent et qu'ils observent très religieusement depuis une si longue suite d'années et de siècles. Parcourons-en quelques-unes, et voyons en quelle estime vous les devez avoir.
1. Premièrement, faites-vous cas de l'humilité en un Frère corwers? Ceux des Chartreux l'ont si excellente qu'ils acceptent plusieurs humiliations fort notables :
i. De ne prétendre jamais à aucun degré d'honneur ;