Tome V\ col. 66o
3. Gomme l'indique déjà suffisamment le titre de cette notice, nous désignerons par le nom d'Ogier VIII le personnage que M. P. Paris appelle Ogier VI, sur la foi de la généalogie de la maison d'Anglure, contenue dans le Recherche de la noblesse de Champagne de Caumartin, et qu'André Du Chesne avait d'abord appelé Ogier V. Le premier paragraphe du présent travail a pour but principal d'établir d'une manière définitive l'ordre numéral des divers Ogier d'Anglure.
OGIER d'aNGLURE
L^éminent académicien, avons-nous dit, ne pose même pas la question, et il a eu raison, car le sens de la qualification « monseigneur d^Anglure », que le titre de la relation donne au plus important des pèlerins, ne peut être Tobjet d'aucun doute pour tout lecteur quelque peu au courant des choses du xiv® sièele. « Monseigneur d'Anglure » ne peut désigner un personnage étranger à la maison d'Anglure, mais qu'une circonstance fortuite et passagère — son union avec la veuve d'Ogier VII, — mettait en possession de la terre du même nom; ce titre s'applique seulement au chef de cette famille déjà puissante, c'est-à-dire à Ogier VIII, le beau-fils de Simon de Sarrebruck, à Ogier VIII, le véritable propriétaire de la seigneurie d'Anglure que sa mère, Isabeau de Ghâtillon, détenait seulement à titre de douaire. Ogier VIII doit donc être considéré comme le véritable chef de la pieuse caravane , de laquelle faisait partie Simon de Sarrebruck, mort à Nicosie, le i8 janvier 1 396, un chevalier artésien nommé Pierre de Nortquelmes * qu'Ogier d'Anglure comptait sans doute parmi les vassaux de son avouerie de Térouanne, enfin Fauteur même de la relation, l'un des serviteurs du château d'Anglure et qui, à ce titre, était aussi bien le serviteur d' Ogier que celui de Simon de Sarrebruck.