‹ Le saint voyage de Jherusalem du seigneur d'AnglureChapitre 86 sur 100 · VERSION MODERNE · texte numérisé non relu

VERSION MODERNE

Le 9 ^. jour d'Avril, octave de Pâques, nous quittâmesRhodes sur un navire grec, et arrivâmes à un port de Morée nommé Vitilo; nous en repartîmes le 19^, et, par

I, Cette date du « vendredi 5 mai » est la bonne; elle doit être substituée^ dans le texte ^ à celle du « .vj''. jour de may donnée par le ms. P. — 2. Le chiffre a 19 m est dû sans doute à une faute d'impression. La copie de Huguenin (qne Véditeur avait sous les yeux) et l'original portent « .xxix. » qui est la bonne date.

APPENDICES

force de vents contraires, il nous fallut relâcher en une île d'Esclavonie appelée File de la Motte, d^oU nous vînmes prendre rafraîchissement à Raguse.

Sachez, pour conclusion, que Raguse est la cité la mieux bâtie, la mieux fermée et la plus jolie que nous ayons rencontrée en tous nos voyages. Elle est petite, à la vérité, mais si notable et si plantureuse de tous biens, que c^est merveille. Elle faisait jadis partie de la seigneurie du roi de Hongrie, mais elle s'est rebellée contre son autorité, a conquis Tindépendance, et aujourd'hui est en gouvernance du commun peuple. Elle renferme de belles églises, ornées de nobles peintures et de riches ouvrages. Sa cathédrale possède le corps du bienheureux saint Biaise, son patron.

Nous en partîmes pour Venise le mardi devant l'ascension de N. S. J. C, d'où, par spéciale protection de la doulce Vierge Marie et de son glorieux fils, nous, messires Jehan de Raigecourt, Rémion de Mitry, Poince Le Gournaix et Nicolle Louve (l'escripvain d'icelles) ^, tous quatre chevelliers et citains, revînmes sains et saufs en nostre bonne, notable et impériale cité de Mets, sans avoir éprouvé de rechef mal-encombre ni mauvaise for-

I. Les noms de ces quatre pèlerins y> ont été choisis avec intention parmi les plus illustres maisons paraigiales de la cité messine. Mais où l'éditeur n'a pas eu la main aussi heureuse^ c'est dans l'attribution du prénom respectif de ces personnages. Sur les quatre, en effet., le seuliQhdin de Raigecourt, dit Xaippey, mort avant 1428, eût pu, à la rigueur j visiter les Lieux-Saints en i3g5. Pour les trois autres, ou bien les documents historiques sont muets à leur égard (on ne rencontre., dans aucune branche de la nombreuse lignée des Gournaix, aucun personnage du nom dePo'mcQ ouP o'mc'ignon figurant à la date de notre texte), ou bien ils étaient morts depuis longtemps (Rémion de Mitry /w^ tué au siège du château de Sampigny en j3j2), ou enfin ils étaient à peine sortis de l'enfance (c'est le cas de Nicolle Louve, sur lequel on consulterai' Appendice suivant). Pour plus de détails, consulter les historiens deMet^^ et spécialement l'ouvrage du président d' Hannoncelles : Metz ancien, 2 vol. in-fol. Met:{, 18 56.

tune, dont soit cent mille fois regracié le Seigneur nostre Dieu.

In nomine Dominù Amen,

(Austrasie, t. III, p. 2 35-6.)

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