DE PERSONNES ET DE LIEUX
Absallont, fils de David; son tombeau, 83. — Le ms. de Paris et les éditions qui en dérivent attribuent à « Salo- « mon, fils du roi David, qui « estoit en son vivant le plus « bel homme de son temps », le tombeau connu de nos jours pour le tombeau d'Absalon, mais cette attribution résulte évidemment d'une faute de copiste, comme on peut le déduire des trois raisons qui suivent : le sépulcre de Salomon se montrait dès lors, suivant nos pèlerins, dans une chapelle attenant à l'église Notre-Dame du Mont-de-Sion ; 20 ce n'est pas à Salomon que se rapportent les mots « qui « estoit en son vivant le plus « bel homme de son temps », mais bien à Absalon, témoin ce verset du second livre des Rois (c. XIV, v. 2 5) : « Porro « sicut Absalom, vir non erat « pulcher in omni Israël, et « decorus nimis : a vestigio « pedis usque ad verticem non « erat in eo ,ulla macula »; 30 le ms. d'Epinal remplace précisément, au | 83 , le nom « Salomon » par celui d' « Absalon ». — Le « tom-
beau d'Absalon », le monument funéraire le plus remarquable de la vallée de Josaphat, est monolithe, taillé dans le roc, et son architecture ne permet pas de le croire antérieur à l'époque des Asraonéens. C'est certainement lui que le pèlerin de Bordeaux désigne en 333 comme le tombeau du prophète Isaïe (p. 18 du tome I'' des Itinera latina publiés par la Société de l'Orient latin), et son nom actuel, qui ne remonte peutêtre pas plus haut que la domination franque en Palestine, se fonde sans doute sur ce qui est dit au ch. xviii, v. 18, du livre II des Rois au sujet du monument qu' Absalon s'était fait construire, de son vivant, dans la vallée royale :
« Porro Absalom erexerat sibi, « cum ad hue viveret, titulum (( qui est in Valle Régis...
(• Vocavitque titulum nomine a suo, et appellatur Manus a Absalom, usque ad hanc u diem. » Au reste, c'est près de Segor et de la côte méridionale de la mer Morte qu'on montrait au vi* siècle, suivant Antonin de Plaisance, le tombeau du fils rebelle de David (Itinera latina, t. l^"^, p. 97, 129, i36).
Acre, 3i8. — Acre ou Saint- Jean-d'Acre, en latin Acco.
Voy. Dyacre.
Adalia. Voy. Sathalie.
Adam, i 19, 122.
Aïgue-Belle, lai Gabelle, 3 et App. — Aiguebelle, en France (Savoie, arr. de Saint-Jean-de- Maurienne, chef-lieu de canton).
Alexandria, ville détruite dans l'île de Chifornia, ib. — Il ne semble pas qu'on ait encore signalé l'existence d'une ville antique de ce nom, dans l'île de Céphalonie, que l'auteur de cette relation appelle à tort Chifornia. Cependant , Bellin dans sa Description géographique du golfe de Venise, publiée en 1 77 1 , indique (planche 35) P[ort\ Alexandre sur la côte orientale de l'île.
Alexendrie. Voy. Alixandre.
Alexis (saint), 2o3.
Alixandre, Alixendre, Alexendrie, 3 et App.— Alexandrie, en Italie, dans les anciens États Sardes ; cette ville doit son nom au pape Alexandre III en l'honneur de qui elle fut fondée en I 168.
Alixendre, en Egipte, 211, 248, 278-289; la rue Saint-Marc, 282. — Alexandrie, ville d'Egypte, fondée par Alexandre le Grand, en l'an 332 avant l'ère chrétienne.
Amasse greique (la), en Turquie, 3 16. — Selon M. Olivier Rayet , qui veut bien nous faire part de son opinion, ce lieu que nos pèlerins rencontrèrent sur la côte asiatique en se rendant du golfe de Makri à l'île de Rhodes, pourrait être reconnu dans une petite cri-
que située entre le cap Aspro- Miti et le cap Pernari, «c'est- « à-dire au point où un ba- « teau, cabotant le long des « côtes,doit forcément prendre « le large et piquer droit au « sud pour aller au port de « Rhodes ». Cette crique porte en turc le nom d'Aratah qui lui est commun avec un village voisin. « Ne peut-on sup- M poser, — nous dit M. Rayet,
— a que Arabah, mot employé «communément non-seule- « ment par les Turcs, mais « aussi par les Grecs de l'Ana- « tolie au sens de chariot, est « simplement la traduction en « dialecte moderne d'un nom « plus ancien xixix^x ? » Nous admettons complètement l'hypothèse du savant professeur.
Ancone. Voy. Enconne.
Angleure ou Englure, 2,3,304.
— Anglure (Marne, arr.Epernay, chef -lieu de canton).
— Angleure était au xiv* siècle la forme la plus correcte du nom de cette localité qu'on voit écrit Anglitura dans une charte de 1 1 3 1 (Gallia chrisiiana , t. X , instr. , col.
— (Monseigneur d'), i, Oger VIII, seigneur d'Anglure. — Sur ce personnage, voir la Notice historique placée en suite de la Préface.
Annas, evesque de Jérusalem, 95.
— Annas, grand-prêtre des Juifs et beau-père de Caiphe.
Anne (sainte), mère de la Vierge,
Anthoine (saint), frère mineur, honoré à Padoue, 19.
Anthoine de Vienne (saint), 256, 260, 263-8. — C'est le même
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que saint Antoine le Grand, le fameux solitaire de la Haute- Égypte, dont les reliques furent transportées de Constantinople en Viennois, où elles donnèrent naissance, au xi* siècle, à une congrégation de religieux.
Arabes. Voy. Arrabois.
Arabie. Voy. Arrabe.
Arcadia. Voy. Lîcardia.
Archeldemach, gi. — L'évangile cité par le pèlerin à l'occasion de ce lieu est celui de saint Mathieu où on lit, en effet, les paroles suivantes : a Con- « silio autem inito, [principes « sacerdotumj emeruntex i llis « [argenteis] agrum figuli,in se- «pulturam peregrinorum.Prop- « ter hoc vocatus est ager ilîe a Haceldama, hoc est ager san- « guinis, usque in hodiernam « diem » c. xxvii, v. 7-8). — La terre de poterie et les fragments de vases antiques
3u'on trouve encore au champ 'Haceldama rappellent sa destination primitive. Ce champ appartint, sous la domination franque , aux chevaliers de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem qui y avaient un oratoire et y ensevelissaient, à l'exemple des Juifsdui^"" siècle, les pèlerins morts chez eux. La tradition rapportée par l'auteur de notre relation — a et « dit on que les os des Ma- « chabées y sont » — se rattache probablement au tombeau hébraïque que recouvre le charnier des Hospitaliers (Liévin, Guide indicateur des sanctuaires de la Terre-Sainte, publié en i86q, p. 201; Michon, édition du Voyage du seigneur d'Anglure, donnée en 1839, p. 81). La chronique d'Ernoul(édit. Mas Latrie, p. 2o3), qui rappelle la destination de ce lieu à l'époque
des croisades, le nomme Caudemar ou Chaudemar, forme romane de l'hébreu Haceldama.
Aremathie. Voy. Barimathie.
Arménie, 246. Voy. Ermenie.
— (le roi d'), mort en France, 247. — Léon VI, de la famille de Lusignan, montasur le trône d'Arménie vers i365, et eut à défendre son royaume contre le Sultan d'Egypte qui le fit prisonnier en 1375. Il ne recouvra sa liberté qu'en i38i, passa successivement en Chypre, en Italie, en Espagne et en France, et mourut enfin à Paris le 29 novembre iSgS. Son tombeau, qu'on vit jusqu'à la Révolution dans l'église des Célestins, fit partie, pendant vingt années, du Musée des monuments français et fut ensuite transporté à Saint-Denis (G.
Rey, Les familles d'Outremer de Du Cange. p. i5ii53).
Arrabe, Arrable, 2, 238 ; 1-2 App. — L'Arabie.
Arrabois, 275. — Les Arabes.
Arragonnois (les), 285. — Les habitants du royaume d'Aragon.
AsT, 3 et App. — Asti (Italie, prov. d'Alexandrie).
Athènes (la noble cité d'), « qui est a présent toute destruic te », 326.
Athlit. Voy. Chastel-Pellerin.
Attalia. Voy. Sathalie.
Aube (1'), rivière, 2. — L'Aube, affluent de la Seine qu'elle joint à deux lieues au-dessous d'Anglure.
AviGLiANA. Voy, Villaines.
Babiloine, 225, 23o, 233, 242- 24q, 254, 255, 274, 276, 278, 27g. — Le Vieux-Caire, en Egypte.
— « Eglise Sainte-Marie de la a Bosve», où la Vierge demeura durantseptannéesavecson fils, 244. — C'est évidemment dans la « bove » et non dans l'église même que séjourna la Vierge. Quant au sanctuaire, il subsiste encore au Vieux- Caire et est en très grande vénération chez les Coptes chrétiens qui considèrent toujours la grotte comme une des stations de la Vierge, lors de la fuite en Egypte (Linant-Bey, Mém. sur les principaux travaux d'utilité publique exécutés en Egypte^ p. 137).
— - Eglise de Nostre-Dame en la Coulompne, 245.
— ^Le patriarche de), frère du roi d'Arménie, 247. — Ce patriarche de Babylone d'Égypte, frère de Léon VI, dernier roi d'Arménie, est resté inconnu de Du Cange (Les Familles d'Outremer , p. i5i et ss.), aussi bien que de Le Quien (Oriens christianus, t. II, col.
56o), qui ne sait riende l'histoire des M évéques de Babylone » durant les derniers siècles du moyen âge. Les auteurs de VArt de vérifier les dates (chronol. des rois d'Arménie, t. I, p. 467-468) ne l'ont pas non plus signalé.
Balées, 3. — Le ms. et les éditions portent à tort Valées, comme le prouve Texamen de la route suivie par nos pèlerins car il s'agit ici de la ville
épiscopale de Belley (Ain, chef-lieu d'arrond.), que nous trouvons nommée Belloes (ou peut-être plutôt Bellées) dans les statuts de l'ordre du Collier de Savoie donné en 140g à Châtillon-les-Dombes , par Amé VIII , comte de Savoie ( Cibrario et Promis , Sigilli de' principi di Savoia, p. 77).
Bar (messire Henri de), SSg. — Henri de Bar, fils aîné de Robert, duc de Bar et de Marie de France, sœur du roi Charles V, épousa Marie, fille aînée d'Enguerrand VIT, sire de Coucy, et d'Isabeau d'Angleterre, qui lui apporta en dot la seigneurie d'Oisy. Héritier présomptif du duché de Bar, son mariage l'appelait, en outre, à recueillir la meilleure partie de la riche succession de Coucy; mais la maladie l'enleva en 1 3g7 à Trévise, au retour de la funeste expédition de Nicopolis (Duchesne, Hist. gén. de la maison de Bar, p. 61, 62; — Livre des fai:{ de Jean Bouciquaut^ 1. I,