‹ Le Salaire des FemmesChapitre 35 sur 39 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La femme remplit un rôle trop élevé et trop précieux dans le monde, elle tient une place trop grande dans la Société pour que sa cause ne soit pas une de celles qui attirent le plus de sympathies, qui éveillent le plus de bonnes volontés, qui suscitent le plus d'efforts. Nous nous sommes appliqué à montrer que les moyens d'améliorer son sort étaient assez nombreux pour que tous ceux qui ont le souci de l’équité puissent participer à cette œuvre importante.

De cette amélioration de la situation de l'ouvrière, le relèvement des salaires est dans bien des cas une condition essentielle. Mais ce résultat,

même obtenu au delà de toute espérance ne suffi-

rait pas à lui assurer un bonheur parfait. La question sociale, disions-nous au début de cet ouvrage, n’est pas seulement économique, elle est aussi morale. Les remèdes seraient donc insuffisants qui ne porteraient que sur les institutions et les lois. Il faut encore atteindre les mœurs. Jules Simon l’a dit catégoriquement : « La hausse même des salaires ne mettrait fin au paupérisme qu’à la condition d’être accompagnée d’une réforme profonde dans les mœurs », et n'est-il pas allé jusqu’à déclarer que « c’est l’ordre et le travail plus encore que le bon salaire qui assurent le bien-être. » Les deux réformes — réforme économique, réforme morale — ne peuvent aller l’une sans l’autre. On doit les mener de front.

Mais on ne les fera avancer que par un travail opiniâtre et tenace. La lutte contre l’égoïsme, l’apathie, la désorganisation sociale sera longue et lente, elle demandera une persévérance sans défaillance, une constance sans découragement.

Dans un magnifique discours sur la Question sociale, M. le comte de Mun rappelait le fait suivant : Le général Grant, qui fut depuis Président des Etats-Unis d'Amérique, étant depuis longtemps arrêté pendant la guerre de la Sécession, au siège

de Wicksburg, fit un jour la rencontre d’une

Page 1