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DU SALARIÉ

L — Ce qu'on entend par un salarié.

Si l'on jette les yeux autour de soi, à côté de quelques oisifs qui coulent dans le désœuvrement une existence inutile, l'on voit l'immense majorité des hommes occupés à travailler et à produire. — Le?|'uns travaillent pour conserver ou accroître une fortune qui les met à l'abri du besoin et grâce à laquelle ils pourraient se permettre d'être dans la société de simples consommateurs. — Les autres travaillent parce que le travail leur est nécessaire, qu'il est leur unique moyen de subsistance, et qu'ils doivent demander à un labeur de tous les jours plus ou moins assujétissant et pénible leur pain quotidien et celui de leur famille.

Parmi les travailleurs de cette dernière catégorie un certain nombre travaillent à leur compte, ils appliquent leur activité sur des objets qui leur appartiennent et dont ils vendent ensuite les produits, lorsqu'ils ne les con-o liment pas ou ne les emploient pas à la création de nouvelles utiles économiques. Tels sont : le petit

propriétaire qui cultive son propre champ ; le pêcbeut maître de sa barque et de ses filets ; l'artisan qui trans* forme avec un métier à lui des matières premières qui iui appartiennent. Chacun de ces producteurs autonomes garde pour lui l'intégralité du produit de son travail» que nul, en droit si non en fait, ne songe à lui disputer.

A côté des travailleurs autonomes, il y a les travailleurs salariés, ceux-ci ne disposent pour ainsi dire que de leurs bras, de leur savoir faire ou de leur intelligence. Ils ne possèdent rien sur quoi ils puissent appliquer leur force de travail. Leur puissance productive ils sont obligés, s'ils veulent l'utiliser, delà mettre au service d'un autre qui la leur paie. Ils la lui louent pour un temps ou pour un ouvrage déterminés, et cela moyennant le versement d'une somme d'argent ou de toute autre utilité, qui ne constitue pas toujours un justt équivalent du service rendu. Le produit devient la propriété exclusive, non de celui qui a fait le travail, mais de celui quia loué le bras du travailleur, c'est-àdire la propriété exclusive du patron ou entrepreneur Le travailleur n'a droit qu'à son salaire.

On peut, à la rigueur, appeler salarié quiconque met son activité au service d'un autre et en retire une rétribution, peu importe qu'il la mette au service de l'Etat, comme les fonctionnaires ; de la société comme les avocats, les médecins, etc ; d'un maître comme les domestiques; d'un patron comme les ouvriers. Cependant dans la langue économique, comme d'ailleurs dans la langue vulgaire, ce nom de salarié désigne plus particulièrement un homme louant son travail et employé par un patron.

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