II. — Nombre énorme des salariés
Ceux qui sont ainsi obligés de vendre « leur force de travail », pour employer le langage deKarl Marx, sont aujourd'hui légion. Ils forment la partie de beaucoup la ulus considérable des travailleurs. Il y eut de tout Jemps des salariés, mais jamais peut-être autant qu'aujourd'hui. Notre pays est un de ceux où les producteurs autonomes sont les plus nombreux et pourtant on en compte à peine 5 000 000. Ce qui ne repré-
sente pas, en y joignant les membres de leurs familles, la moitié de la population française. C'est avec raison que P. Leroy-Baulieu a écrit : « Le salaire gagne tous les jours du terrain par la suppression d'une foule de petits entrepreneurs, par la disparition de beaucoup d'industries rudimentaires, par la concentration des grandes industries et du commerce tant de gros que de détail. L'organisation de plus en plus bureaucratique de la société moderne multiplie le nombre des salariés. Autrefois il n'y avait guère que la classe ouvrière qui reçut un salaire ; aujourd'hui presque toute la classe bourgeoise en reçoit. Elle est, en effet, presque tout entière dans les vastes cadres des admitrations d'Etat ou des grandes sociétés anonymes. Voyez que d'employés dans les bureaux des chemins de fer, des compagnies d'assurances, des sociétés de crédit, des compagnies de gaz, d'eaux, de charbonnage, de métallurgie. Tout ce monde est salarié (1) ! »