‹ Le Salavès: Étude monographique du canton de SauveChapitre 24 sur 78 · L'EMIGRATION · texte numérisé non relu

L'EMIGRATION

Elle a eu des conséquences primordiales sur la courbe démographique du canton. Nous avons vu que, depuis 1830, elle l'avait toujours emporté sur l'immigration, sauf au cours de la décade 1881-1891. Si l'on fixe arbitrairement à un minimum de 1000 Île nombre d’immigrants depuis 1850, c'est à plus de 2.000 qu’il faut chiffrer le nombre d’émigrants. S'ils ont peu affecté les communes de l'Est du canton, ces départs ont profondément modifié la structure des bourgs de SAUVE et de DURFORT et ils méritent une étu-

de sérieuse.

Y a-t-il eu des départs de population avant le 19"° siècle ? L’absence de documents permet difficilement de répondre. Tout ce que l’on peut affirmer, c'est qu’au moment de la Révocation de l'Edit de Nantes, un certain nombre de protestants, en général les plus

entreprenants, ont quitté SAUVE et DURFORT, à destination de la Suisse. Un état du territoire d'ALES en 1689, quatre ans après la révocation de l'Edit de Nantes (4) donne 76 fugitifs pour 1522 habitants à SAUVE et 42 fugitifs pour 726 hâbitants à DURFORT. Cette émigration politique devait avoir de graves conséquences économiques car ce fut une grande partie de l'élite qui abandonna le pays.

Au cours du 18e siècle on ne retroùve aucun indice permettant de conclure que de nombreux individus aient quitté le pays. Au con-

traire, la croissance de SAUVE qui passe de 1582 habitants en 1689 à 2.800 en 1788 (5) permet d’exclure cette hypothèse.

On ne peut parler d'une émigration nettement caractérisée qu'à partir de 1830. C'est la ville de SAUVE qui sera la première atteinte, le restant du canton ne commencera à se vider qu'aux environs de 1850. De 1830 à 1850, près de 400 habitants quittent SAUVE. Un phénomène analogue se produit à Anduze, où comme à SAUVE, le chiffre maximum de population pour kes temps modernes est atteint en 1831. La décadence démographique pour ces deux villes à la porte des Cévennes date donc de 1831.

La période 1831-1850 correspond à la croissance accélérée de la population de NIMES et d'ALES. En vingt ans, le nombre d'habitants augmente de 25 % à NIMES, c'est-à-dire de 12.500 individus Les populations de SAUVE et d'ANDUZE ont été les premières sollicitées par l'appel des grandes cités gardoises en formation. A SAUVE, le chiffre des émigrants est grossi par celui des ouvriers nimois et de leurs familles qui réintègrent la ville qu'ils avaient quittée au cours de la décade 1821-1831.

En 1851-1861, l'émigration va prendre une allure catastrophique. En dix ans, plus de 450 habitants, c'est-à-dire près de 10 % de la population, vont quitter le canton. La crise de l’industrie séricicole a déclanché cet exode ; la commune de DURFORT, où l’élevage du ver à soie est la ressource essentielle, se trouve la plus touchée. La commune de CANAULES où la sériciculture n’est qu'une ressource complémentaire, est la moins atteinte par la crise et présente même un excédent d'immigrants à cette époque.

Les départs ne s'accélèrent véritablement qu'à partir de 1856. Il semble que les populations ne prennent conscience de la crise que lorsqu'elle arrive à sa phase la plus critique et qu'elles ne se décident à quitter leur village qu'à ce moment. Cette viscosité de l'émigration n'est pas perceptible à LOGRIAN où les départs commencent dès 1851 ; mais nous avons vu que cette commune présentait des signes évidents de surpeuplément.

A SAUVE, pendant la même décade, le mouvement d'émigration continue celui de la période précédente ; la crise séricicole ne fait

(4j A.D.G. Série G 1562 | (5) Bibliothèque Municipale de Montpellier - Manuscrit n. 47 Mémoire de Balainvilliers

si

que l’accélérer ; en cinq ans, de 1851 à 1856, il part près de 350 habitants, c'est-à-dire 12,5 % de la population. Les départs paraissent d’ailleurs exagérés, car au cours des cinq années suivantes le chiffre de la population remonte légèrement à cause sans doute du retour à SAUVE de quelques émigrants. De 1861 à 1876, le mouvement se poursuit mais avec une plus faible intensité dans tout le canton ; seules y échappent les communes de CANAULES et de SA- VIGNARGUES où la vigne commence à s'étendre.

Caractères de l’émigration à l’époque de la crise séricicole. — Ce sont les éléments jeunes qui vont abandonner le pays ; la plupart sont âgés de 20 à 30 ans, aussi bien des jeunes gens que des jeunes filles qui ne sont pas encore mariés. Il s’agit pour la majorité de journaliers ou de fils de petits cultivateurs ; beaucoup vont s’embaucher aux chantiers du P.L.M. dont le réseau est en pleine construction dans le Sud-Est ; les villes de NIMES et ALES, touchées par la crise, n’absorbent que très peu d'émigrants.

La caractéristique essentielle de ce mouvement est la jeunesse des individus qui s’en vont ; cette perte de substance va entraîner de graves répercussions sur le plan démographique. Certains villages, tel DURFORT, vont se trouver à partir de cette époque en position de déséquilibre démographique ; le départ des éléments jeunes va précipiter l’abaissement du taux‘de natalité et le déficit de naissances s’amplifiant à chaque génération, le jeu naturel des naissances et des décès ne pourra jamais plus combler les vides creusés par l’émigration.

À peine ce mouvement sera-t-il ralenti, que la crise phylloxérique déclanchera une nouvelle vague de départs dans le canton. Seul le bourg de SAUVE voit un mouvement inverse. En cinq ans, le restant du canton perdra près de 300 individus par émigration, c’està-dire 145 % de sa population. Comme pour la crise séricicole, les départs ne commencent qu'avec un certain retard sur le début de la crise ; alors que la maladie est apparue dans le canton en 1874, les individus ne quittent le pays qu'à partir de 1877, après que toutes les vignes aient été arrachées.

Caractères de l’émigration lors de la crise phylloxérique. — Il faut d’abord remarquer qu’une part importante des départs est dûe aux domestiques de ferme dont le contrat n’est pas renouvelé. Les grosses exploitations compressent leur nombreux personnel et attendent la fin de la cerise pour réembaucher. Le même processus se retrouvera lors de la crise viticole de 1907 ; ce fait explique l’amplitude des fluctuations de la population dispersée dans les mas. De 1876 à 1881 la population éparse de LOGRIAN passe de 45 à 23 individus, les propriétaires des deux grands domaines ayant congédié leur païre, la plupart de leurs domestiques de ferme et méme du personnel de maison.

Une étude de l’émigration dans les villages les plus touchés nous permet de constater que ce sont toujours les mêmes catégories de population qui s'en vont. Les jeunes gens de 16 à 30 ans, fils de

cultivateurs et de fermiers, où bien fils de petits propriétaires possédant frères et sœurs, constituent le gros du contingent. En même temps, les filles s’en vont en assez grand nombre ; mais, parmi elles, il faut laisser à part celles qui se marient dans les cantons voisins. |

De jeunes ménages quittent aussi le pays. Ce sont des cultivateurs récemment mariés qui abandonnent avec leur femme et leurs enfants en bas-âge une terre trop ingrate. Certains partent s'embaucher dans les mines de la région d'ALES ; une délibération du Conseil Municipal de DURFORT, en date de juillet 1899 en fait mention : « Le Conseil considère, est-il dit, que l'établissement d'une gare à la Madeleine, sur la ligne de Lézan à Anduze, est appelée à rendre de grands services aux personnes de notre localité qui vont souvent à ALES et du côté des Mines de la Grand'Combe- Bessèges où se trouvent des famiiles entières de DURFORT ».

Les artisans et les commerçants participent à l'exode ; à CA- NAULES, on enregistre le départ du perruquier, du bourrelier et d'un maçon et sa famille ; à SAVIGNARGUES, les deux seuls commerçants de l'endroit, l'épicier et le buraliste, quittent le village: Toutes les couches sociales sont atteintes par la crise et l'émigration affecte toutes les catégories de la population.

Quand les difficultés économiques cesseront avec la reconstitution du vignoble, cette main-d'œuvre va manquer. Certaines familles reviendront mais la plupart seront remplacées par les immigrants que nous avons définis précédemment.

A partir de 1881, l'émigration parait tarie, elle ne se réveillera qu'avec la crise viticole du début du vingtième siècle. Elle sera moins sensible que pour le phylloxéra ; l'excédent des départs sur les arrivées entre 1901 et 1907, sera tout au plus d’une cinquantaine d'individus et résultera de la compression des domestiques et du départ de quelques familles d'ouvriers agricoles dans les villages de la plaine de Bay.

A DURFORT, les effets de la mévente du vin ne sont pas ressentis, car le village connait un véritable « boom » du fait de la mise en exploitation des gisements de plomb et de zinc. Les travaux commencent en 1901 et l’on enregistre au recensement de 1901 cinquante habitants supplémentaires. En 1906, les familles de mineurs représentent 188 individus auxquels s'ajoutent les familles de DUR- FORT dont le chef s’est embauché à la Compagnie minière. La mine donne une prospérité qui sera de courte durée car, dès 1907, la Compagnie ferme ses chantiers de DURFORT. Les mineurs étrangers quittent le village entrainant avec eux une soixantaine de Durfortains ; les uns sont des mineurs qui suivent le mouvement et vont s’embaucher dans d'autres mines, les autres sont des jeunes filles qui ont épousé des ouvriers de la Compagnie minière. La venue de la Mine aura agi sur la population à la manière d’un doping qui donne à un malade un moment de renouveau, mais le laisse encore plus mal en point, son effet terminé. Le même phénomène se reproduira à DURFORT en 1947, lors du départ des chantiers de recherches pétrolières qui s’y étaient établis en 1946-47.

Depuis 1876, l'émigration à SAUVE présente une allure difrérente du reste du canton. De 1891 à 1896, on assiste comme à Anduze au départ de plus de deux cents individus ; il semble que le chemin de fer soit à l'origine de cette émigration massive, après avoir apporté une prospérité éphémère au cours de la première période de son fonctionnement, il va draîner jusqu'à MARSEILLE et PARIS un grand nombre d'individus.

Un nouvel équilibre paraît être atteint à SAUVE en 1896 et l’exode se ralentit jusqu’en 1906, mais il reprend et s'accélère vers 1911 avec le départ pour NIMES de deux usines complètes de bonneterie (métiers et personnel) et avec la fermeture d'une usine de pantoufles qui avait employé jusqu’à 200 ouvriers et ouvrières.

Après la grande guerre, l’'émigration se poursuit toujours aussi irrégulièrement. Alors qu’elle marque un temps l'arrêt à SAUVE de 1921 à 1926, elle se ralentit dans le restant du canton de 1926 à 1931. Combinée au déficit croissant des naissances, elle nous explique la baisse générale de 1931 à 1946.

Caractère de l’émigration dans la première moitié du XX”:° siècle :

Une étude sérieuse des villes ou des régions qui ont tenté les émigrants et des professions qui les ont attiré est rendue possible par l'existence de fichiers de contrôle de Cartes d'Alimentation dans certaines mairies du canton. Les fiches qui sont conservées au lieu de naissance des individus nous renseignent sur leur rési-. dence et sur la profession qu'ils exercent.

Ces fichiers sont à peu près complets dans les communes de SAUVE, de DURFORT et de LOGRIAN. Ils nous seront très utiles pour analyser l'émigration dans ses deux plus grands foyers et dans une commune viticole.

Pour LOGRIAN, nous avons retrouvé 105 fiches, pour DUR- FORT 282 et pour SAUVE 683. Elles ne représentent pas la totalité des personnes nées dans ces deux dernières communes et vivant ailleurs en 1946 car de multiples causes de perte et de non-remplissage ont pu exister ; d'autre part, ces fiches ne nous renseignent pas sur les individus qui ont pu partir soit à l'étranger, soit aux co- Jlonies. Au total, on peut penser qu’en 1946, pius de 700 Sauvains vivaient hors de leur ville natale ; ils représentaient environ 60 % de la population restante (1236 habitants). Le même pourcentage existait à DURFORT où plus de 300 individus natifs du lieu avaient adopté une autre résidence.

Sur les 1057 fiches en notre possession, 456 seulement ont été remplies par des-hommes ; les femmes en ont rempli les 601 autres. Il est donc parti plus de femmes que d'hommes ; ce fait s’explique en partie par la coutume qui veut que la jeune mariée aille vivre dans le village de son époux. À DURFORT et à SAUVE, on compte une moyenne de 134 femmes ayant émigré pour cent hommes.

Nous allons dresser un tableau qui nous indiquera les villes et régions d’émigration ; la comparaison des pourcentages nous ren-

seignera sur les principaux centres d'attraction :

Villes ou Régions MAAOET Vie tome __DURFORT LOGRIAN | d'Emigration CA Total To

CANTON de SAUVE BOURGS voisins Villages voisins VAUNAGE et Bas-Gard NIMES

ALES et S/bassin minier

Total Gard

MARSEILLE HERAULT PARIS et banlieue

Départements divers

Total

Nous remarquerons d’abord le nombre minime de Sauvains vivant dans les autres villages du canton. Bien que les périodes d’émigration à SAUVE aient souvent coïincidé avec des appels de population dans les communes viticoles, il n'y a pas eu de mouvement migratoires à l'intérieur du canton. L'individu n’est pas tenté par des pays qu'il connaît et dont il peut facilement imaginer les conditions de vie ; pour qu'il se décide à partir, il faut que joue l'attrait de l'inconnu dont il possède une vision embellie par les récits ou les lettres de ceux qui, déjà, s’en sont allés. En même temps, existe un cloisonnement d'ordre psychologique entre SAUVE et les villages voisins ; une animosité ancestrale empêche des échanges normaux de population entre le chef-lieu de canton et les autres communes.

Pour les bourgs et villages situés dans les cantons limitrophes, ce sont les Sauvains qui sont proportionnellement les moins nombreux, On constate également que les habitants des petites villes sont davantage attirés vers les petites villes, tandis que les habitants des villages vont vivre. de préférence dans d'autres villages. Mais ces échanges sur le plan local correspondent en grande partie à des mariages entre personnes de communes voisines, de plus en plus fréquents de nos jours. On ne peut vraiment les considérer comme des mouvements migratoires ; un nombre équivalent d'individus des cantons voisins vit d’ailleurs dans notre région.

Plus importante au point de vue démographique est l’'émigration vers les pays viticoles de la VAUNAGE et du Bas-Gard, nettement perceptible à SAUVE et à LOGRIAN. Pour SAUVE, elle semble liée au départ temporaire d’un petit nombre de jeunes gens à l’époque du chômage saisonnier de la boissellerie. Quelques familles de paires ont également abandonné le canton pour de plus riches régions viticoles.

Pourtant les chiffres records d'émigrants appartiennent à la ville de NIMES. C'est SAUVE qui a fourni le plus fort contingent de néo- Nimois et on peut considérer qu'un quart des départs s’y sont effec-

tués à destination du chef-lieu du département. La route nationale n. 99 d'AIX à MONTAUBAN et la voie ferrée de NIMES au VIGAN qui relient directement SAUVE et NIMES ont constitué le conduit facile de cette émigration. Les relations commerciales entretenues depuis des siècles entre les marchands nimois et les artisans du textile sauvain avaient multiplié les liens entre les deux villes. Il n’est pas étonnant que l’industrie manufacturière nimoise en plein épanouissement ait attiré la main-d'œuvre sauvaine et particulièrement la maind'œuvre féminine. Sur 170 personnes de SAUVE établies à NIMES en 1946, on compte 100 femmes et 70 hommes. La moitié de ces femmes sont âgées de quarante à soixante ans ; parmi elles, les plus vieilles sont celles qui ont émigré avec leur usine aux environs de 1910. Cet exode féminin vers NIMES s'est continué jusqu'en 1930, l'excédent de femmes perceptible à SAUVE dès 1906 ayant été accru par les vides creusés pendant la guerre parmi les populations mâles. Beaucoup de jeunes filles sont parties avec l'espoir de trouver à NIMES l'époux qu'il leur était impossible de rencontrer dans leur petite ville, L’émigration masculine vers NIMES n'a été importante qu’au moment du départ des usines de bonneterie et aux environs de 1930.

Si les natifs de DURFORT et de LOGRIAN sont moins nombreux à NIMES, ils l'emportent en pourcentage dans la région d'ALES. La plus grande facilité de communications qui fait que par la route il n’y à que 22 kilomètres entre DURFORT et ALES, tandis qu'il faut faire 50 kilomètres pour aller de DURFORT à NIMES ainsi qu’une vieille tradition minière expliquent la présence de plus de trente Durfortains dans le Bassin houiller. Les hommes y sont légèrement plus nombreux ; les femmes qui y ont émigré ont toutes suivi leur mari. Ces départs qui ont pris naissance en 1920 et se poursuivent encore de nos jours, ont été importants aux environs de 1930 pour tout le canton. Ils ont d’ailleurs eu plus d'ampleur que le chiffre des émigrants à la date de 1946 le laisserait supposer, car certaines familles, après un court séjour dans la région minière, sont revenues dans les villages du canton.

En récapitulant, on remarque que les trois quarts des émigrants de DURFORT et de LOGRIAN vivent encore dans le département du Gard. La plupart des mouvements de population n'ont donc eu lieu que sur des distances réduites. Les Sauvains sont proportionnellement moins nombreux dans le Gard (62 %) mais une grande partie a émigré dans le département voisin de l'Hérault (15 %)

Montpellier et les riches plaines viticoles de l'Hérault ont en effet tenté beaucoup d'habitants du canton. Seule l’absence d'une ligne directe de chemin de fer semble avoir empêché un exode massif ; par la route, SAUVE ne se trouve éloigné que de 48 kilomètres de MONT- PELLIER. Le mouvement en direction de l'Hérault paraît assez récent ; une première série de départs se situe aux environs de 1910; d'autres suivront après 1920 et continueront jusqu'à nos jours. Sur 63 enfants de moins de 10 ans qui sont partis avec leurs parents, 12 se trouvent dans l'Hérault. Le pourcentage nous montre que, depuis 1935, l’'émigration vers ce département est prépondérante.

MARSEILLE n’a guère exercé son attirance que sur quelques habitants de SAUVE qui lui était directement reliée par chemin de fer. On note seulement deux Durfortains établis dans la cité phocéenne.

Le même phénomène s'est produit en ce qui concerne l'émigration sur PARIS. SAUVE a fourni une quarantaine de personnes, tandis que DURFORT et LOGRIAN n'en laissaient partir qu’une quantité négligeable. Les départs vers la capitale se font irrégulièrement et il est très difficile de déceler des époques où ils aient été particulièrement notables.

Enfin les autres départements ont absorbé à des titres divers une centaine de Sauvains et une quarantaine de Durfortains. Cet éparpillement résulte soit de mariages, soit de postes assignés aux fonctionnaires que notre canton a fournis en grand nombre, comme va nous le montrer le tableau de répartition des émigrants suivant leurs activités professionnelles. Voir tableau ci-dessous.

Dans l’agriculture ce sont les communes purement rurales qui ont fourni le plus fort contingent. Il se compose d’une part des cultivateurs qui se sont mariés avec des filles de propriétaires dans les villages voisins et, d'autre part, des individus qui sont allés s’installer dans le Bas-Gard et dans l'Hérault.

Les vieilles traditions du négoce sauvain expliquent que la plus forte proportion d'individus occupés dans le commerce soit celle de Sauve. De même les traditions artisanales de DURFORT sont à l'origine du plus grand pourcentage de Durfortains dans cette branche de professions.

Si l’industrie a attiré un nombre important d'individus, cela est dû à la présence de Sauvains dans la bonneterie nimoise et de Durfortains dans les mines et industries connexes du Bassin d’ALES.

Professions occupées | | SAUVE DURFORT LOGRIAN

par les émigrants

| Total | Total | % Total | %

AGRICULTURE 14,7 32 29 17 34 Cultivateurs 24 15 Journaliers

COMMERCE Employés de Com.

Commerçants

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