‹ Le Salavès: Étude monographique du canton de SauveChapitre 26 sur 78 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous venons de voir que l’évolution de ia population du canton est passée par diverses phases variables suivant chaque type de commune. On peut la résumer ainsi : :

1.) De 1800 à 1850, la population croît par suite du jeu naturel des naissances et des décès dans toutes les parties du canton. Seule une mortalité accrue par des épidémies meurtrières freine le mouvement. Une étude de la densité en 1850 nous révèle que la répartition des habitants ne correspond pas à celle des ressources agricoles et que certaines communes apparaissent comme surpeuplées.

2.) De 1850 à 1881 la crise séricicole puis la crise phylloxérique vont jouer le rôle de catalyseurs qui précipiteront l’exode des populations en surnombre. En même temps, le départ des éléments jeunes va entraîner une aggravation de la baisse générale de la natalité et le déficit des naissances sur les décès accentue la diminution du nombre d'habitants.

3.) De 1881 à 1906 les transformations que subit l'agriculture provoquent un afflux d'immigrants qui redonnent un sang nouveau è la population du canton. En 1906, la natalité paraît en voie de redressement et l'importance de la génération de vingt à quarante ans permet d'envisager l’avenir avec confiance.

4.) De 1906 à 1946 la situation démographique va continuelle-

ment en s’aggravant. L'émigration reprend plus à cause des appels de l'extérieur que pour des raisons internes ; tandis que ce sont les

personnes les plus douées qui s’en vont, l'immigration n'apporte que des individus déficients et inassimilables. La baisse sensible de la mortalité ne suffit pas à enrayer la chute de la natalité qui atteint son maximum aux environs de 1936. Les deux guerres enfin aggravent le déséquilibre.

5.) En 1946, si les villages viticoles paraissent avoir atteint un équilibre stable, la situation dans les deux bourgs pré-cévenols semble particulièrement critique. Le redressement de la natalité ne devant porter ses fruits que dans une quinzaine d'années, on risque de se trouver devant une pénurie de main-d'œuvre au cours des années à venir. D'autant plus que le courant d'émigration ne paraît pas tari et que des éléments jeunes continuent à abandonner le canton.

L'essentiel semblerait actuellement d'arrêter tes départs ; mais c'est tout un état d'esprit qu'il faudrait modifier.

D'ailleurs cet exode ne correspond-il pas à un excédent de population par rapport aux possibilités économiques actuelles de certaines communes. Ne vaut-il pas mieux laisser se poursuivre une émigration qui n’est peut-être qu'une adaptation de la population aux ressources de ces pays ? Seule une étude économique détaillée nous permettra de répondre.

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