‹ Le salicylate de soude dans le traitement de la polyarthrite chronique évolutiveChapitre 12 sur 18 · Tableau n° 2.— Observation n · texte numérisé non relu

Tableau n° 2.— Observation n

soit pendant plus de six mois, une injection intra-veineuse quotidienne de salicylate de soude aux taux sui-

vants.

Du 25 octobre 1941 au 4 novembre 1941: 2 grammes

par jour.

Du 4 novembre 1941 au 24 janvier 1942: 3 grammes

par jour.

Pendant cette période un seul incident est survenu vers le quinzième jour du traitement, le 7 novembre 1941, le patient accuse de la céphalée et se plaint de courbatures; aucun signe objectif n’est découvert à l’examen. D'ailleurs, trois jours plus tard, la température est redevenue normale; le traitement est repris, on peut donc interpréter ces symptômes comme ceux d’une infection grippale et rejeter l'hypothèse d’un incident thérapeutique.

Le 29 janvier 1942, on fait uneimprégnation salicylée par goutte à goutte intra-veineux, on injecte ainsi

50 cm3 de sérum glucosé isotonique à 47 pour 1.000 ad-

ditionné de 4 gr. 50 de salicylate de soude. L’opération

dure une heureet quart, aucun incident n’est signalé.

Le 2 février 1942, nouvelleimprégnation avec 100 cm de sérum glucosé et 6 grammes de salicylate de soude. Le malade fait un frisson. ,

Les imprégnations sont répétées assez régulièrement jusqu’au 7 février 1942 avec, comfne précédemment, 100 cm3 de sérum glucosé et°6 grammes de salicylate. On est obligé, à cette date, de suspendre le traitement car, assez régulièrement, surviennent des incidents. C’est ainsi que, le 2 février 1942, dix minutes après l’injection qui avait duré 1 heure 5 minutes, éclatent des frissons et des tremblement suivis de fatigue, de sensation d’enraidissement des articulations malades, avec fièvre à 38°. Mais le lendemain matin, le malade éprouve une sensation de bien-être.

Le 3 février 1942, l'injection a duré une heure, il n’y a pas eu de frissons mais des douleurs dans les deux poignets; le malade n’accuse par la suite aucun mieuxêtre. |

Le 4 février 1942, on note encore de la fatigue et des

maux de tête le lendemain au réveil.

Le 7 février 1942, au deux tiers de l'opération, survient un frisson intense avec fièvre à 38° et malgré l’atrêt de l’injection, le frisson persiste pendant trente-cinq

minutes et la température monte à 39°5, puis à 40°8.

Le 10 février 1942, on ramène la dose de salicylate à 4 grammes, le malade se plaint encore de quelques fris-

sons, de fatigue et de céphalées.

Le 12 février 1942, opérant dans les mêmes condi-

DE à MES

tions on déclenche une douleur précordiale à type de pincement, de l’oppression et de la fièvre à 38°5. Une légère amélioration s'était dessinée au début de ce traitement par goutte à goutte intra-veineux. Mais, devant les incidents que nous venons de relater, nous sommes obligée de revenir à la méthode habituelle d’injections intraveineuses quotidiennes de 3 grammes de salicylate du 14 au 28 février 1942.

Y Le 28 février 1942; on injecte 4 grammes de salicylate, le 3 mars 5 grammes, le 4 mars 6 grammes sans le moindre incident.

Le malade est obligé de quitter l'hôpital du 4 au 24 mars, à son retour on reprend les injections suivant la méthode habituelle avec 3 grammes de salicylate par jour et ceci jusqu’au 1°" mai 1942. Les résultats sont les

suivants:

Le 10 novembre 1941, il souffre beaucoup moins, marche plus facilement, a l’impression d’étendre mieux les

coudes.

Le 6 janvier 1942, un examen complet révèle une amélioration considérable: les déformations des doigts ont presque fondu, leur flexion est possible, le malade peut fermer le poing, les poignets sont plus-souples, l’extension des coudes est meilleure, la nuque est mobile et indolore, les temporo-maxillaires sont encore limitées mais indolores, les genoux ne sont plus fléchis, les tihiotarsiennes ne sont plus empâtées, les ganglions épitrochléens sont de très petit volume, la rate a repris ses di-

mensions normales.

Le 1° mai 1942, à sa sortie du service, l’amélioration s’est encore confirmée, le malade qui était un impotent

ge

à son entrée peut envisager une vie relativement active. Pour lutter contre un certain degré d’enraidissement des poignets qui persiste encore, nous lui proposons quelques

séances de radiothérapie.

Pour juger d’une façon plus objective l’amélioration progressive de cette polyarthrite, il suffit de considérer le tableau numéro 3 où sont reportées les différentes mesures de la vitesse de sédimentation globulaire au cours de la maladie.

Dates 1 heure 2 heures 24 heures 24-10-41 251 62 100 5-11-41 21 44 110 15-12-41 20 15 86 26-2-42 5) 14 60 27-3-42 5) 10 73

Tableau n° 3. — Observation n° 7

Observation n° 8. — (Résumée).

M. F..., âgé de 25 ans, est confiné au lit depuis plusieurs mois par une polyarthrite chronique évolutive qui a résisté déjà à de nombreux traitements; entre autres : soufre, iode, chrysothérapie et même une courte cure salicylée. À son entrée dans le service en juin 1941, les genoux sont tuméfiés, déformés, ils sont le siège d’un épanchement articulaire bilatéral : arthro-synovite des deux poignets, déformations des petites articulations des mains. L'enquête étiologique n’apporte aucun renseignement. On retient seulement l’aspect un peu particulier de ce malade, il est grand, maigre, macroskèle et présente des signes évidents d'insuffisance testiculaire,

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