‹ Le salicylate de soude dans le traitement de la polyarthrite chronique évolutiveChapitre 9 sur 18 · CU; UE · texte numérisé non relu

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ressources du réseau veineux du membre supérieur; d’ailleurs une autre difficulté intervient souvent dans les P. C. E. : la flexion irréductible des coudes gêne

toute injection intra-veineuse.

C) Voie rectale. — Dans toutes nos observations les voies digestives et intra-veineuses ont suffi. Nous ° A . . :

n'avons pas dû employer la voie rectale mais celle-ci peut rendre des services, du moins tant que la muqueuse rectale est en état de supporter ce traitement

de longue durée.

D) Le salicylate de soude en goutte à goutte intraveineux. — Cette méthode a donné de brillants succès à PELLÉ dans le rhumatisme articulaire aigu et dans d’autres affections dites rhumatismales. Nous l’avons expérimentée dans l’espoir d'obtenir une imprégnation rapide et massive de l’organisme. Suivant les indications de l’auteur, nous avons employé du sérum glucosé à 47-pour 1.009 additionné d’une solution concentrée de salicylate de soude.

Nous avons fait passer habituellement 200 em contenant une quantité variable de salicylate (2 gr. 3 gr., 4 gr., 6 gr.), le stilli-gouttes était réglé pour débiter 200 em en deux heures environ. Les ampoules étaient tiédies au début de l’opération et le tuyau d’ad-

mission traversait un baïin-marie.

Cette méthode aurait l’avantage de réaliser une

imprégnation plus rapide et plus durable de l’organisme. En effet SCHLESSER dans sa thèse a montré qu’une injection intra-veineuse de 1 gr. de salicylate de soude ne laisse le premier jour dans l’organisme que 0 gr. 25, si on la répète les jours suivants, le rein en élimine en moyenne 0 gr. 50 par jour; une concentration élevée ne peut être obtenue dans l’organisme qu'après plusieurs jours de traitement. Cet inconvénient serait d’après PELLÉ évité par l'injection intra-veineuse lente et continue. En effet les recherches expérimentales poursuivies par cet auteur sur l’élimination du salicylate de soude ont montré :

1) L’imprégnation de l’organisme en salicylate de soude est supérieure à celle obtenue par les autres méthodes : après la première journée de traitement il reste 1 gr. 40 de salicylate dans l’organisme et 24 heures après la deuxième injection il reste 4 gr 70.

2) L’élimination urinaire que l’on peut supposer proportionnelle à la concentration sanguine se fait suivant une courbe régulière; elle atteint rapidement son maximum, se maintient quelques heures en plateau, puis décroît rapidement. Après une deuxième injection, pratiquée 24 heures après la première, l’organisme n’a pas eu de temps d'éliminer tout le salicylate il est par conséquent resté continuellement sous l’ac-

tion de ce médicament.

Ces expériences réfutent donc le principal reproche

are

adressé aux injections intra veineuses : l’élimination trop rapide du salicylate empêchant l’organisme de se maintenir sous l’action d’une dose suffisante et néces-

salre ».

Bien qu’assez simple cette technique nous à semblé moins bien tolérée par les malades, une surveillance plus longue est indispensable, elle nécessite, comme la méthode habituelle un réseau veineux abor-

dable et elle n’évite pas la sclérose veineuse.

E) Le salicylate de calcium. — Nous avons em-

Le

ployé dés ampoules stérilisées répondant à la formule

suivante :

Salicylate de calcium : 1 gr.

Eau distillée : 20 cms.

Le salicylate de calcium est difficilement soluble,

il faut dissoudre à chaud (80° environ).

Avant d'utiliser ce produit en clinique humaine, nous l’avions essayé sur un gros chien de 20 kg. environ, qui ne présenta aucun malaise après une injection

de 8 gr. dans la veine saphène externe.

En pratique, nous administrons chaque jour 4 gr. de salicylate de calcium, soit 80 em% de la solution

répartis en deux injections intra-veineuses.

F) Quels que soient le produit employé et le mode

d'administration, deux points sont essentiels.

er 192

1) L'introduction d’une dose quotidienne suffi-

sante.

2) La durée prolongée du traitement

Ces traitements doivent en outre satisfaire à d’autres postulats :

1) Nos malades bénéficiaient d’un repos total, condition fondamentale de tout traitement pour la plu-

part des affections rhumatismales. Ils étaient hospita-

lisés. La salicylothérapie telle que nous l’avons envi-

sagée ne saurait être considérée comme un traitement

ambulatoire.

3) Nos malades étaient soumis à un régime nor-

mal, certains même recevaient un régime de surali-

mentation. Nous nous sommes done, sur ce point, écar-

tés des règles classiques d'administration du salicylate de soude. Ces dernières exigeaient en effet une alimen:tation lacto-végétarienne. Aucun incident n’a été observé chez nos malades, les polyarthritiques doivent recevoir une alimentation substantielle même pendant le traitement salicylé.

3) Le bicarbonate de soude a toujours été adminis-

tré surtout Torsqu’il s'agissait de salicylate per os.

4) Nous avons toujours associé au salicylate le pyramidon. Ce médicament est plus qu’un analgésique, il nous paraît au même titre que le salicylate (et contrairement à l’aspirine) capable d’enrayer l’évolutivité

d’une polyarthrite progressive.

dé

Fra 15 El:

Son emploi permet d’ailleurs de limiter parfois la dose de salicylate et d’atténuer les malaises produits par ce dernier. La voie buccale convient habituellement mais nous avons injecté aussi avec succès dans les veines une substance voisine du pyramidon le phényldiméthylpyrazoloneméthylaminométhanesulfonote de sodium (novalgine) en solution à 50 % qui a toujours été très bien tolérée même à doses assez fortes (jusqu’à 2 gr. 50) sans sclérose veineuse. On a exagéré, semble-t-il, la toxicité du pyramidon, on l’accuse de provoquer des agranulocytoses : il sera donc prudent de pratiquer chaque semaine une numération globulaire avec formule leucocytaire Si l’on constate une dininution du taux des polynucléaires neutrophiles on devra, par sécurité, interrompre la cure ou l’on substituera au pyramidon l’antipyrine qui semble exercer sur les polyarthrites une action thérapeutique ana-

logue à celle du pyramidon.

Pas plus que notre Maître CosTE, nous n’avons observé la moindre complication sanguine avec le pyramidon, aussi n’avons-nous que peu d’expérience de l’antipyrine. Seules l’intolérance cutanée à ces médicaments et quelquefois aussi l'intolérance stomacale nous ont obligée dans quelques cas d’en suspendre dé-

finitivement l’administration.

Prop

3°) Observations des malades traités.

1) Les quatre premières observations que nous avons suivies ont été publiées par Cost, BARNAUD,

HERVET dans la revue du rhumatisme de mars 1941.

En voici le résumé :

Observation n° 1. — Un homme de 39 ans atteint d’un rhumatisme psoriasique ancien présente une poussée sévère qui intéresse les genoux, les chevilles, la métacarpophalangienne du pouce droit, l’épaule droite et le rachis cervico-dorsal. La vitesse de sédimentation globulaire est de 55-100-120. Il n’y a pas d’atteinte osseuse notable à la radiographie mais il existe une hydarthrose avec 96 % de polynucléaires, 16 % de lymphocytes. Le liquide articulaire est stérile.

La suppression des infections dentaires et une cure sulfamidée amènent une amélioration nette mais le traitement doit être interrompu par une poussée d’eczéma aigu due à l’application d’une pommade mal préparée sur des aurides cutanées. Un an et demi plus tard, une nouvelle poussée articulaire résiste à une cure radiothérapique et cède remarquablement à une cure par le salicylate de soude et le pyramidon associés. Le malade peut

reprendre son travail.

Les doses employées furent les suivantes :

Du 12 novembre au 22 novembre 1940 : 6 gr. par jour de salicylate per os.

Du 22 novembre 1940 au 15 février 1941 : 1 gr. 50 de pyramidon.

La +

Depot tes

Du 13 décembre 1946 au 7 janvier 1941 : 30 injections intra-veineuses de 1 gr, 50 de salicylate.

Du 18 janvier 1941 au 25 janvier 1941 : 7 injections intra-veineuses de 1 gr. 50 de salicylate.

A partir du 25 janvier 1941 : 3 gr. par jour intra-vei-

neux (1,8r. 90 matin e soir).

Ce cas est fort intéressant en raison de ia ténacité du rhumatisme psoriasique et de sa résistance habi-

tuelle aux traitements.

Observation n° 2. — Une femme de 34 ans présente une arthrite de la cheville d’origine peut être tuberculeuse. On note en effet dans les antécédents un lupus à l’âge de 12 ans, le père était tuberculeux. Mais cette malade avait eu à l’âge de 18 ans une polyarthrite sensible au salicylate. Elle fait, en juillet 1940, une crise oligoarticulaire qui se fixe bientôt sur ie cou de pied et s’accompagne de fièvre à 39°. La salicyiothérapie per os est instituée pendant 4 semaines à doses décroissantes : 8 gr., 6 gr., à gr., 4 gr. L'amélioration est progressive et incomplète. Une nouvelle cure de salicylate identique à la première est nécessaire.

De nouveau o nnote une amélioration sensible mais le 15 novembre 1940 la malade est hospitalisée avec une tuméfaction importante de la cheville s’accompagnant d’œdème, de prolifération synoviale et de décalcification importante à la radiographie. Les recherches histologiques s’avèrent négatives. La vitesse de sédimentation globulaire est accélérée. Le traitement salicylé associé au

repos est institué comme il suit :

nie

6 gr. par la bouche et 2 gr. intra-veineux du 15 au 22 novembre 1940.

Le salicylate per os doit être remplacé par le pyramidon du 22 novembre 1940 (2 gr. par jour) au 22 décembre 1940.

Ces injections intra-veineuses de salicylate sont arrêtées le 29 novembre 1940 à cause de l’état des veines.

A cette date on consiaie une amélioration très sensible, la température es redevenue normale ainsi que les vitesses de sédimentation globulaire. Les radiographies montrent une recalcification notable.

Dans le courant de décembre, une application malencontreuse de révulsif déclenche une légère poussée articulaire, tout rentre dans l’ordre sous l’effet de quelques injections intra-veineuses de salicylate (1 puis 2; puis 3 gr. par jour) suivies d’une série d’antipyrine per os à

la dose de 4 gr. par jour.

Observation n° 3. — Une femme de 36 ans qui avait présenté 6 ans plus tôt une crise polyarticulaire avec fièvre à 39°, sensible au salicylate, vient consulter le 20 septembre 1940 pour une rechute intéressant les articulations digitales, qui sont enflées et empâtées.

Le 5 octobre 1940 la vitesse de sédimentation globulaire est à 21-47-119.

îchec de l’alcoylate d’urotropine et de la triméthoxyaurine, La chrysothérapie est abandonnée parce que mal supportée. On prescrit 6 gr. de salicylate per os et 1 gr. en lavement.

Amélioration marquée en une semaine. Le salicylate

per os est remplacé par 1 gr. 50 de pyramidon. Les ré-

ei ee sultats sont bons mais incomplets, car il persiste des douleurs et la vitesse de sédimentation globulaire reste élevée (16-41-123). On persévère. Le pyramidon n’est administré jusqu’au 25 décembre 1940, du 4 au 15 décembre 1940 on lui associe une injection intra-veineuse quotidienne de 1 gr. 20 de salicylate de soude. La guérison est

alors pratiquement complète.

Observation n° 4. — Il s’agit d’une femme de 38 ans qui, ans plus tôt, a présenté une grippe avec angine et adénite cervicale, suivie d’une oligoarthrite des poignets et des doigts bientôt transformée en polyarthrite généralisée. Divers traitements échouent.

À son entrée dans le service, on note une anémie avec 1.350.000 globules rouges et 1.500 leucocytes. La malade travaillait depuis dix ans dans le benzol. Les extraits anti-anémiques de foie et les transfusions améliorent incomplètement la déglobulisation. D’autre part, la polyarthrite résiste à la formine iodée et à la triméthoxyaurine On institue le traitement salicylé aux dosés de 4 gr., 8 gr. puis 10 gr. par la bouche. Amélioration remarquable : la température, élevée avant le traitement, revient à la normale, le taux des hématies se relève notablement et pour la première fois depuis un an, cependant que les” ganglions cervicaux diminuent de volume. La formule

blanche n’est pas influencée.

Ces 4 observations montrent que :

Le salicylate de soude administré à doses suffisantes et pendant plusieurs semaines, associé au pyrami-

don et à l’antipyrine, est susceptible de tenir en res-

ME

pect des polyarthrites que d’autres médications pourtant classiques n'avaient pu influencer. On trouverait dans la littérature quelques cas tout aussi remarquables qui attestent l’efficacité du salicylate en dehors de son indication élective, c’est-à-dire du rhumatisme arti-

culaire aigu. LEMIERRE entre autres l’avait bien notée.

RATHERY, TURIAF et DEUIL en ont récemment encore rapporté un exemple frappant chez une malade que nous avions pu observer avec eux, cette femme âgée de 47 ans.:avait présenté, à la suite d’une rhinopharyngite une polyarthrite subaiguë avec gros œdème péri-articulaire. Après échec de la chrysothérapie, une guérison spectaculaire survient sous l’influence du sa-

licylate.

8 gr. per os et 1 gr. intra-veineux pendant 8 jours. puis 8 gr. per os pendant 20 jours, suffisent à assurer

ce résultat remarquable.

Voici maintenant 4 cas personnels qui nous sem-

blent particulièrement éloquents

Observation n° 5. -— Un sujet âgé de 62 ans voit apparaître à la suite d’un chute sur les poignets, le28 mars 1940, une tuméfaction de la radio-carpienne droite avec rougeur. Les symptômes ne cèdent pas à l’immobilisation plâtrée. Après un séjour d’un mois à l’'Hôtel-Dieu, guérison du poignet mais atteinte de l’épaule gauche et déformation de l’extrémité interne de la clavicule gauche. Un

premier traitement salicylé (8 gr. par jour per os) ne

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