‹ Le Salon de 1857Chapitre 1 sur 26 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce qui frappe d'abord l'esprit en parcourant les salles que l'administration a consacrées, dans le palais <fe l'Industrie, à l'exposition des beaux-arts, c'est qu'à proprement parler il n'existe plus d'école française de peinture ; on ne suit plus servilement, comme autrefois, les instructions d'un maître célèbre ou adopté par la mode; on semble, et c'est là un réel progrès,

s'évertuer en toute sorte d'efforts pour briser les traditions et pour dégager son individualité. La grande peinture disparaît et cède le pas à la peinture de genre, qui elle-même commence à se mêler si intimement au paysage , qu'il es! souvent difficile de pouvoir classer un tableau dans telle ou telle catégorie. L'art devient plus intime, plus vrai et par conséquent plus humain ; on néglige les dieux des anciens Olympes pour s'occuper des mortels; la peinture religieuse même, celle qui, il y a dix ans à peine, encombrait les expositions annuelles , s'est essentiellement modifiée, car je ne la vois représentée aujourd'hui que par trois ou quatre toiles trop médiocres pour qu'il soit besoin d'en parler. Cela est d'heureux présage, et nous espérons que les peintres , échappant enfin aux divinités et aux héros dont ils se sont si longtemps et si tristement contentés, vont comprendre qu'il faut voir l'humanité telle qu'elle est, avec ses qualités et ses vices, et l'interpréter sincèrement, sans réminiscence de ceux qui ont vu autrement et sans travail rérospeolif.

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