‹ Le Salon de 1857Chapitre 22 sur 26 · LE SALON OK 1851 IH · texte numérisé non relu

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ampleur, par tant de vie dans les personnages et par une telle hardiesse dans la composition (car on peut composer un buste tout aussi bien qu'un groupe), qu'on l'oublie vite pour applaudir à de si vaillants efforts couronnés d'un sérieux succès. Les bustes sont à mi-corps à peu près, montrant les bras et les mains, dégageant le cou et dessinant le torse, parfaitement agencé avec les vêtements, robes, mantelets et autres étoffes qui servent de motifs à des draperies bien traitées. Ces simples portraits valent plus d'une statue et affirment un très-grand talent. Parmi les animaliers de la sculpture, nous citerons M. Mène, qui a de jolis bronzes et (U>> rire habilement maniés; M. Gain, dont Y Aigle chassant un vautour est un beau combat ailé qui devrait prendre place au Muséum d'histoire naturelle; M. Jacquemart, qui a modèle d'an doigt ferme et hardi un Lion, celui même du jardin des Plantes, tenant un chien endormi entre ses pattes, et baillant de cet ennui formidable et majestueux qui semble une nostalgie du désert et du soleil. En finissant, nous rappellerons que M. Eugène Gonbti expose vaine-

ment chaque année des chefs-d'œuvre de fonte; son Rossignol pris ou lacet, son Pinson mort, son Rossignol pris au piège, en dehors du mérite de la sculpture, sont des merveilles d'exécution. M. Gonon, auquel on doit le lion an serpent de M. Barye, connaît seul aujourd'hui le procédé de fonte à cire perdue des anciens et des frères Keller. Est-ce qu'on ne fera jamais rien pour cet homme de persévérance et de talent?

Notre tache est terminée. Avons-nous été sincère? oui , mais avec indulgence; quand le niveau est à peu près égal, il est indifférent de louer ou de blâmer ; en nous montrant sévère ou seulement strictement juste, nous aurions craint de nuire au petit commerce de toiles peintes qui se fait pendant l'exposition, et qui, cette année, a déjà procuré, dit-on, de beaux bénéfices, trop beaux même, je le crains, car ils me paraissent de nature à illusionner les peintres sur leur propre valeur. Cependant, une exhibition qui promet MM. Baudry, de Cock et Brendel ,

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qui élève M. Matout, qui confirme MM. Jadin, Français et Fromenlin, qui grandit M. François Millet, M. Belly et M. Daubigny, contient des enseignements dont les chercheurs sauront sans doute profiter. Mais est-ce suffisant? non. Pour bien juger des choses, il faut parfois résumer son opinion en supposant un malheur : le feu détruirait de fond en comble le Salon de 1857, serait-ce une perte pour l'art? non. I! n'y existe pas un objet dont l'équivalent ne soit facile. En somme, cette exposition dénonce une adresse matérielle extraordinaire et très-répandue; c'est bon signe, car maintenant que chacun sait son métier, nous espérons qu'on va se mettre à faire de l'art.

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