‹ Le Salon de 1863Chapitre 3 sur 15 · ITI · texte numérisé non relu

ITI

je lui donne aujourd’hui en le 'publiant en volume. Je n’hésite pas à le signer de mon nom que le pseudonyme , d’ailleurs , n’avait pasréussi à dissimuler complètement.

Je m’étais travesti pour la facilité de dire , en toute liberté d’allures , ma pensée entière sur les peintres et sur leurs œuvres. En effet , il est difficile, en costume de ville, d’exprimer librement son opinion sur des artistes, ou vos amis, ou vos connaissances, avec qui on se trouve en rapports quotidiens de sociabilité, et pour la personne desquels, on éprouve, la plupart du temps, de la sympathie.

Il faut être un critique convaincu, impartial, sérieux, et non sans courage ; ou avoir la faculté de créer un Salon tout personnel; c’està-dire celle de prendre à partie chaque tableau comme prétexte à suggestions, et de le transposer dans une langue littéraire, pittoresque et savante : — être, en un mot, Théophile Gautier !! — Rien moins!

Il y a donc une critique essentiellement fantaisiste? Oui ; elle est le privilège de quelques merveilleux esprits. — Il y a aussi une critique qui peut avoir son utilité pratique.

AVERTISSEMENT

Voulant conserver une allure vivante à mes appréciations , écrites au jour le jour, j'ai tenu à ne pas modifier la forme dans laquelle elles se sont produites : celle du feuilleton. Leur faire subir une transformation incomplète eût eu pour résultat de les refroidir, de les appauvrir; à ce qu'il m'a semblé, du moins.

On me trouvera peut-être trop sévère pour quelques-uns, mais j'ai la confiance que tout lecteur reconnaîtra dans ce livre des convictions motivées , — et une entière bonne foi.

Mes haines artistiques viennent de ma raison, de mon esprit; jamais de mon cœur.

Pans, 1er mai 1866.

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