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SCULPTURK 91
et vivant, Ri«n de convenu; la nature prise sur le fait^ et rendue avec une naïveté adorable.
N<* 3483. -^ Le bas-relief de M. Bouvert, la Vierge au lys, est tout petite élégant et fin; cette Vierge Marie qui passe» balançant un pur calice^ se devine plus qu'elle ne se voit; mais la pose est charmante, les draperies souples, chastes et moelleuses.
N*» 3434-3435. ~ L'Acteur grec étudiant son rôle, de M. Bourjgeois, est plus qu'une promesse. Le }eune pensionnaire de Rome a fait un envoi trèsremarquable. U y a beaucoup d'élégance et d'originalité dans ces deux statuesi de la noblesse dans l'attitude, de la science académique; un cachet spécial de bon goût distingue également la Laveuse arabe , une orientale traduite de Hugo.
N° 3504. — On a vanté, comme des merveilles d'équilibre, le Mercure, l'Ange placé sur la colonne du Châtelet^ et quelques Victoires qui, du pied effleurant à peine le sol, paraissaient prêtes à s'envoler dans l'espace. La Fortune de M . Elias Robert surprit à son tour par sa hardiesse; mais aucune de ces œuvres, sous le rapport de la légèreté ne réalisa le tour de force du Faune sautant à la corde de M. Courtet. Ce faune si jeune^ si charmant, et dont la physionomie expressive peint si bien le plaisir qu'il éprouve, ne touche pas la terre. Ses Vieux mains tiennent la corde qui seule effleure le sol ; quant au faune, il se suspend par la force des poignets. Il serait puéril de louer M. Courtet pour ce miracle d'équilibre qui surprend, mais reste néan«moins le moindre mérite de cette production. Ce qu'il
faut louer avant tout, c*est la vérité expressive et spirituelle avec laquelle le sujet est traité; la force de l'expression, la souplesse du modelé^ la grâce du mouvement. Un tel sujet est une trouvaille, et M. Courtet en a tiré un parti excellent.
N*^ 3571. — Un hesiu Buste de M. Berryer par M. Etex^ qui semble un peu oublier qu'on cherche toujours au salon quelque groupe sorti de cette main habile et laborieuse qui tient avec une supériorité égale le pinceau et Pébauchoir.
N® 3578. — La statue de TarcinuSy martyr chrétien^ excita^ lors de son apparition, une admiration générale. La critique se montra unanime pour louer le sentiment exquis respirant dans cette œuvre. Cette année, nous la retrouvons en marbre, plus transparente, plus finie, plus belle encore. Quel abandon et quelle vérité dans la pose ! quelle expression de foi dans le mouvement par lequel Tarcinus serre sur sa poitrine la custode renfermant l'hostie ! Le martyre semble deux fois plus touchant, quand celui qui l'endure atteint à peine l'âge de l'adolescence. M. Falguière a donné une œuvre pleine de talent et de conviction; ces qualités sont aujourd'hui bien rarement réunies chez un artiste.
N'»» 3879.3880. — Un Portrait de M«»° Claude Vignon^ qui se repose de ses succès littéraires par ses succès artistiques. Ce buste de M. de Montferrier comptera au nombre de ses meilleurs; le médaillon de M"'* Vignon, mère de l'auteur^ est modelé avec une grande finesse.
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N** 3766. — I*a fièvre du mouvement et de la danse s'emparant de deux sveltes filles, belles commeles Grâces, rieuses comme les bacchantes, et paraissant à peine ployer l'herbe sous leurs pieds légers^ comme la Camille de Virgile ; tel est le groupe de la Saltarella dû à M. Mathurin Moreau.
N®* 3464-3465. — M. Carpeaux est un jeune hommç que le succès a pris tout de suite par la main; depuis le jour oti il produisit Ugolin qui fonda sa réputation^ il s'est maintenir à la place qu'il avait si rapidement conquise. Tout ce qui sort de la main de cet artiste a un cachet de grandeur magistrale. Dans la statue y comme dans le groupe et dans le buste, on trouve la même force, exempte à la fois de mesquinerie et d'affectation. Le buste delà Duchesse de Mouck^y très-largement exécuté, est magnifique; la tête est fine et jolie^ une tête de déesse^ petite et charmante, coiffée avec un art exquis ; un cou superbe, des épaules magnifiques et des bras du galbe le plus pur, retenant sur le sein des draperies souples, harmonieuses^ donnent à l'ensemble de cette œuvre une distinction réelle. La Statue du Prince Impérial nous était connue^ mais nous la retrouvons en bronze avec plaisir.
N® 36i3. — Le Silène de M. Dailliet rit franchement, sans crainte de montrer ses gencives dégarnies; cette tête est originale et vraie d'expression.
N'» 3492i — Le Portrait de Af"« P. C. B,.., de M. Clément, est fort beau; la tête est fine comme une médaille^ et drapée d'anciennes dentelles avec un art exquis. Rien de médiocre dans ce buste; le marbre
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s'est fait vivant et souple; il est devenu chair« Certainement, avec le buste de M. Carpeaux^ il est le plus joli portrait de femme de l'exposition de sculpture.
N* S53o.— Le grand mérite de la Glaneuse de M. Delétrez est le naturel; cet enfant qui porte sur l'épaule un sac gonflé des produits de sa tâche, et tient en main son dernier bouquet d'épis» est charmante de simplicité avec son petit bonnet dénoué et ses ha\W Ions. La sculpture pittoresque réussit fort cette année aux artistes. Ils ont mille ibis raison d'imiter un peu les peintres. Le Genre envahit tout^ et la sculpture en prend sa part. On peut en juger par V Hirondelle d*hi' y#r de M. Dénéchau^ et par la Glaneuse de M. Delé** trez. Si quelques hommes do talent entrent dans cette voift) nouA aurons bientôt une sculpture sortant du convenu classique de l'Académie^ vivante comme un ponrait^ originale et neuve dans son inspiration.
N* 3670. *— En haut du palais de l'Exposition, dans un angle de la salle G., nous trouvons la lugubre matinée du 7 Décembre i8i5; en bas, voici un plâtre représentant le maréchal Ney , découvrant sa poitrine et la présentant aux balles. Si Ton devait nous donner deux fois l'image du maréchal, nous l'aimons mieux ici. Au moins^ Michel Ney reste soldat, et ne recule pas plus devant la mort solitaire, dans un carrefour^ qu'il n'a fait devant le trépas au jour des grandes victoires. M. Jacquemart a trouvé un beau mouvement pour sa statue.
N« 3695.-* Voicij avec le Martyr de M. Falguière, le meilleur sujet religieux de TExposition de sculp^
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tûre. Rien de chaste et de calme comme le viuge de la Vierge, de trouvé et de ravissant comme le geste enfantin avec lequel Jean baise la main de Jésus. Ces deux enfants sont modelés avec une grftce exquise* C'est un groupe complet, bien pris, bien agencé, beau d'ensemble et fini de détail; une oeuvre de talent et de sentiment.
N® 36oi. — Une grande élégance distingue YHébé de M. Franceschi^ exécutée dans le style de la Renaissance. C'est bien réellement la déesse de la jeunesse, tendant à l'aigle divin la coupe oîi il va s'enivrer. Le corps a une grâce de lignes extrême. Pas un détail vulgaire^ pas une attache commune. Tout est digne des dieux, dans ce corps modelé pour réjouir les regards de Tolympien. Cette Hébé assise sur l'oiseauroi est complètement belle.
N« 3520. — hz. petite fille fellah de M. Début est fort originale. Ce type égyptien grave et doux, ce large front, cette bouche sur laquelle s'esquisse un sourire silencieux, cette attitude calme, cette pose de statue, naturelle à une race qui semble créée pour donner des modèles de sphinx, et qui montre dans le mendiant autant de noblesse d'attitude que dans les Pharaons peuplant les hypogées; tout cela est rendu avec une extrême finesse. L'enfant, en jouant avec le sable, a trouvé une petite statuette de bronze et la montre d'un air de naïve satisfaction; elle ne se doute point qu'ellemême garde ce type étrange auquel son âge communique une grâce charmante. Cette statue «ne peut manquer d'avoir un grand et légitime succès.
N" 3562. — Le Valet retenant ses chiensy exécuté en cire par M. Duboucaud, est d'un mouvement fort juste. Les bétes sont vivantes^ aboient avec sonorité ; on sent Teffort nécessaire au valet pour les maintenir ; Ce groupe est très-bien réussi.