LAPLANCHE
— Celle-là, il n'y a pas à s'y tromper; c'est bien une figure de femme, et de femme très complète ! Elle est digne de recevoir ce message, dont je voudrais bien être l'auteur ou au moins le porteur.
— J'étais étonné de votre longue sagesse I Mais enfin, il £aut bien que jeunesse se passe, et j'avoue que le modèle qui vous ennamme en vaut la peine.
Nous pouvons parler sans danger. Jules n'a pu longtemps se contenter de la froideur du mai'bre, qui satisfait insuffisamment ses ardeurs de coloriste; il est retourné à la peinture.
— Est-elle gracieuse de formes et ravissante d'expression I Ne semble-t-il pas que son sein se soulève, en écoutant cegue la colombe qu'elle tient à la main lui conte à l'oreille ? Toutefois» il semble qu'un léger sentiment d'incrédulité lui traverse le cerveau.
Mais quel est ce jeune prince, à l'air majestueux et royal, malgré les dix-sept ans accusés par la statue él^ante que lui a consacré M. Olfva?
— Gomment ne serait-il pas majestueux et royal? N'est-ce pas le desœndant d'une de oes races privilégiées, auxquelles il est bien dû qu'elles conservent le type de la majesté et de la distinction ? Cette statue est le portrait de Son Altesse Ployale don Âlphonse- François-d' Assise-Fernand-Pie- Jean- Marie- Grégoire, prince des Asturies, né le 28 novenmrel857.
— Tu te moques de moi, parce que j'ai parlé de la majesté et de la distinction de ce personnage, qui, après tout, n'est que le fils d'Isabelle il , et le petit-fils de Marie-Christine.
Bah I n'entrons pas, au dernier moment»
sur le terrain de la politique. J'aime bien mieux me reposer un moment, en m'asseyant devant cette prêtresse d'Eleusis qui entretient de son souffle le feu sacré.
Mais le livret m'apprend que c'est encore un œuvre d' Auguste LEBouRG.Décidément notre ami a voulu se montrer sous toutes les formes, et prouver que son talent pouvait s'astreindre atoutesles dimensions : entre les quatre amis de la joie et ce gigantesgue lanceur de disaue, la Prétresse dlSleusiSy statue en marbre ae grandeur naturelle , complète la gamme.
Elle tient le bras élevé afin d'approcher de ses lèvres, transformées en soufflet, l'espèce d'encensoir contenant le feu sacré.
Cette pose imprime à son corps un mouvement quelque peu contourné qui en fait ressortir toutes les beautés et qui se produit sans effort; les mains, particulièrement, sont admirables.
— Pressons nos pas, pressons nos pas I Le sifllet des gardiens vient de résonner ; c'est le signal du départ, et nous n'avons plus qu'à nous diriger vers la sortie.
Notons cependant encore au passage, la Mignon de M. Piétro Calvi, très jolie statue, bien posée, mais dont la tête paraît insuffisante, apré» les souvenirs que nous a laissé le type céleste, dû au pinceau d'ÂBT