LES ADIEUX
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LA PEINTURE
élémentaire lui manque. Dans un triptyque à l'ancienne mode, il a reproduit au milieu les traits de ses parents, à droite et à gauche les siens et ceux de ses deux sœurs. L’exactitude photographique y domine, mais il y a un remarquable effort de conscience qui peut donner d’heureux résultats quelque jour.
Le premier, en revanche, est un maître. Il lui est souvent arrivé de manquer de tact, mais jamais de talent, et ce talent, dans l'expression de la figure, est d'une virilité, d’une puissance qui n’ont d'égales nulle part en Belgique, et dans quelque pays peut-être que ce soit. Considérez le torse de femme qu'il intitule Pudeur. Impossible d'analyser une forme et de déterminer un contour, d’attacher un bras, de donner la sensation d’un relief avec une maîtrise aussi sûre. Et le morceau est de main d'ouvrier, exécuté dans une pâte solide et grenue qui déplaît aujourd'hui, grâce à la crudité de ses fonds, qui prendra dans dix ou vingt ans une patine superbe et sera hautement harmonieuse.
Mais le morceau dans lequel M. Frédéric affirme avec le plus d’autorité son talent est un portrait de fillette des champs, douce et blonde, qui regarde avec extase le ciel et dont la pensée s'ouvre ravie aux merveilles que le printemps répand sur la terre. Entre le paysage verdoyant sur lequel s’enlève sa silhouette et le tablier d'un rouge éteint qui l'enveloppe, un accord puissant s’établit. La matière est moins granuleuse d'ailleurs et la couleur plus fraîche que dans le tableau précédent. C'est une œuvre qui comptera dans la vie de l'artiste au même titre que ce Torrent par lequel il s'est révélé, voilà tantôt cinq ans, au Champ de Mars. Puisse-t-elle inaugurer, dans la manière du peintre, un retour définitif aux sujets rustiques et simples, à ceux qui ne trahissent jamais.