L'ÉCOLE BELGE
Chez les Belges, une école de paysagistes admirable, en contact permanent avec la nature, la traduit sous des formes variées, toujours saines, avec autant de conscience que de fraîcheur et de sérénité. L'œil délicat des Baertsoen, des Marcette, des Willaërt, des Tremerie perçoit, dans l'atmosphère embrumée de Bruges et de Gand, tout un monde de délicatesses subtiles que leur main excelle à fixer, dont elle rend avec ingéniosité toutes les nuances. Ils sont mieux
encore qu’habiles, car ils mettent dans leurs rues placides, dans leurs canaux stagnants, dans leurs silencieux et mornes béguinages, une émotion qu'ils ont eux-mêmes éprouvée, un attendrissement doux fait de pitié pour le mélancolique aspect des choses mortes.
Et quel beau métier, avec cela! Quelle matière solide, plantureuse !
C C-IRON Portr-aUs la. V
Vous trouverez les mêmes qualités, avec plus de rudesse et je ne sais quelle puissance sauvage dans Courtens, avec moins de sauvagerie et plus de lourdeur dans Verstraëte, avec une facture plus moderne, mais plus sèche dans Claus, dont les effets de soleil sur des habitations campagnardes sont si fins.
Il faut placer à part deux artistes, M. Frédéric et M. Jef Lempoëls, qui se sont fait à l’étude des vieux maîtres flamands une méthode de travail et un art d’un intérêt singulier.
Le second n’est qu’un débutant, à vrai dire, et le goût le plus