‹ Le Salon de 1898Chapitre 14 sur 54 · EQUIPE DE TRAINE · texte numérisé non relu

EQUIPE DE TRAINE

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LA PEINTURE

Un tableau quelque peu enfantin est celui de M. Steinheil. La Remise des décorations par M. le Président de la République aux survivants de la catastrophe de la redoute ruinée (8 août i8g~), souvenir du voyage du Président de la République dans les régions alpines.

M. Steinheil père, beau-frère de Meissonier avait un grand talent de peintre et surtout de verrier. Il a fait à la Sainte-Chapelle et à Saint- Denis des restitutions merveilleuses; les sujets peints dans la cathédrale de Limoges sont des compositions savantes. M. Steinheil appartenait à cette génération de travailleurs qui nous a donné Viollet le Duc, Geoffroy de Chaume et tant d’autres que regrettent tous ceux qui s'intéressent à notre grand xme siècle.

La Charrette , de M. Smith-Lewis, est dans des proportions gigantesques, peinte à grands coups de brosse avec un souci d'établir par larges plans le modelé du cheval et la fuite profonde de l’horizon. Dans cette grande toile que ne remplit pas suffisamment l'intérêt du sujet, il y a des qualités de coloriste et même de dessinateur qui font de M. Smith-Lewis un peintre d'avenir.

Le Retour des cendres de Napoléon Ier a valu une médaille à M. Roussel. Dans le noir de la chapelle des Invalides, les vieux officiers de la grande armée prient. Le catafalque obstrue la lumière du fond de la nef, mais la scène est saisissante comme toute scène qui rappelle l'homme qui a absorbé la première partie de ce siècle avec une telle puissance que nous en sommes encore impressionnés aujourd’hui.

A ce propos je relisais dernièrement la correspondance de Napoléon Ier et si autoritaire qu’ait été le régime auquel il avait soumis la France, on peut dire que pas un gouvernement n'a fait sa confession, n'a dit sur toutes choses la vérité avec plus de brutalité et de franchise que Napoléon Ier sur ses actes.

En décrivant cette dernière étape du héros d'Austerlitz ramené de Sainte-Hélène par les soins de Louis-Philippe, M. Roussel s'est attaqué à un sujet qui exigeait ou plus de réalisme qu'il n'en a apporté dans sa composition, ou une part d’allégorie qui n'est plus dans les

mœurs de la peinture contemporaine, mais qui eut trouvé sa place dans cette célébration des obsèques de Napoléon.

Ah ! si Prudhon avait eu à traiter un semblable sujet il aurait enveloppé le fait réel de figures flottantes nous rappelant la carrière étourdissante parcourue par le Corse.

Quand j'aurai désigné un Héros de la guerre mexicaine , de M. Thomas Seymour, les paysages de M. Nozal, les envois de M. Adrien Dumont, Y Impression des étoffes en Alsace , de M. Zwiller, le portrait de Madame Loubet, par Legrand, les paysages de Montchablon , j’aurai encore commis bien des omissions au gré des exposants de la Société des Artistes français mais les oubliés m'excuseront.

Ce qui m’a toujours en effet surpris dans les expositions et je ne parle pas de celle que je viens de décrire plus spécialement que de toute autre, c'est l'impuissance où seront constamment les exposants de faire réellement comprendre leur pensée dans un amas de tableaux disposés avec le plus grand soin, et fixés aux cloisons dans les meilleures conditions. Qu'estce que chacun d’eux a eu l’intention de dire? Pourquoi ce portrait jeté hors de son milieu ? Que vient faire ici cette composition pompeuse? cette série de paysages se nuisant par la diversité des impressions ?

C LAHALLE ' — En* permitsian, à* NoëZ-

A, EALGUIERE

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