‹ Le Salon de 1898Chapitre 16 sur 54 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

LA PEINTURE

de grandes qualités qui annoncent un artiste. Le Monument , destiné au poète Auguste Fourès, de M. Ducuing, est d’un arrangement très original. Le Martyr , de M. Breton, la Communion d'âmes , de M. Emile Guillaume, méritent une mention aussi bien que la Sulamite, de M. Paul Moreau- Vauthier . Les deux petites statuettes de Maurice Ferrary sont d’un joli goût. Le père Olivaint de Louis Noël est un superbe morceau.

Le Jury de la Société des Artistes français a attribué, dans la section de sculpture, trois premières médailles, l'une à M. Henri Levasseur, pour La Perle et La légende des ruines , un groupe en marbre et un groupe en bronze et marbre, l'autre à M. Hippolyte Lefebvre, statue en marbre de Mignon et groupe en marbre de Niobé , la troisième à M. Paul Loiseau-Rousseau pour Le supplice de la croix , statue en marbre et bronze et le Musicien nègre .(marbre et bronze).

Des deuxièmes médailles ont été données à MM. Victor Peter, Bernard, Henri Plé, Léo Laporte-Blairsy, Auguste Maillard, Paul Roussel.

MM. Mathieu Besk, Vermare, Gardefeuille, Louis Castex, Girardin, Ducuing, Derré, Breton et Guillaume ont eu des troisièmes médailles.

A GRANCHT - TAYLOR Les caœiers , la/ leçan/ ‘viazazy.

Le conseil supérieur des Beaux-Arts n'a pas cru devoir attribuer des bourses de voyage à MM. Guillaume et Breton ce qui est regrettable, mais il en a donné une à M. Derré dont j’ai signalé le très remarquable Monument de Fourrier.

Ce que l'on doit dire de l'école de sculpture contemporaine, je parle de celle qui sort des ateliers de la rue Bonaparte, c'est que malgré les efforts de professeurs d'une haute valeur, elle tend à quelques rares exceptions près, à un visible affaiblissement. Les élèves de la rue Bonaparte ne sortent pas assez; ils ne vont pas assez étudier dans cet admirable musée des moulages du Trocadéro qui leur offre cette étonnante suite des œuvres françaises du xne au xixe siècle. Ils apprendraient là que la signification des formes est inséparable de l’expression du sujet. Ils retrouveraient devant ces superbes modèles la même préoccupation qui nous a valu les chefsd'œuvre de l'art grec, c'est-à-dire la recherche de la ligne, le souci du modelé et par-dessus tout la tranquillité de la chose représentée. Le Christ d’Amiens est à ce point de vue d une sérénité sublime. Ce qui paraît hanter la plupart des jeunes sculpteurs, c’est le désir non pas d’établir consciencieusement les surfaces, mais de contourner le modèle pour obtenir l’apparence d'un mouvement dans lequel les lignes perdant leur valeur viennent de partout, ne s'attachent nulle part et dissimulent leur infirmité sous des écritures de détail qui sentent la décadence.

La section des dessins, cartons, aquarelles, pastels, miniatures, vitraux, émaux, porcelaines et faïence tient une grande place dans l'exposition de la Société des Artistes français. Elle est moins visitée que la section de peinture et de sculpture et elle renferme cependant un grand nombre d’œuvres qui ont leur intérêt. Les aquarelles de M. Auguste Allongé, le Lac de Gérardmer et Les bruyères de Fontainebleau, méritent de retenir l'attention par la largeur de leur exécution. M. José Jimenez Aranda,de Séville, expose une série de dessins curieux pour une illustration du Don Quichotte , les Pivoines et les Dalhias , de M. Zacharie Astruc sont à regarder. J'aime particulièrement le Soleil

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