L'ARRESTATION DE BROUSSEL
XU Ubr«r> •1 the
LA PEINTURE
1 Institut et que toujours elle a eu la prétention de représenter les traditions du fonctionnarisme.
Ses présidents ont été successivement M. Bailly, M. Bonnat, M. Détaillé. Cette annee c est M. Jean-Paul Laurens qui dirige ses travaux.
Lorsque 1 on pénétré dans ces salles, il faut s’imprégner de cette idée que l’on est là en présence d’un puissant état-major et qu’il est d illustres chefs de corps auxquels on doit avant tout rendre l'hommage que méritent leurs longs succès. En première ligne il faut citer M. Henner dont le Lévite d'Ephraim est une des œuvres les plus fortes qu'il nous ait été donné de voir depuis longtemps, autant par la recherche du modelé du corps de la femme que par la richesse de coloration du tableau et par la tenue générale de l’œuvre.
Si M. Hébert a une facture vieux jeu dans Fleur d’oubli , on ne saurait méconnaître qu'il a su y mettre le charme de ses premières productions.
On retrouve dans F arrestation de Broussel , de M. Jean-Paul Laurens, le président actuel de la Société, la belle ordonnance des meilleurs tableaux du peintre à ses débuts. La scène est dramatique ; l'arrangement théâtral.
M. Bonnat dans son Portrait du général Davoust et de Madame Rose Caron montre une véritable maestria de la brosse et une belle entente du jeu des noirs qui lui est particulière.
M. Détaillé avait à retracer pour le compte de l'Etat La Revue de Chàlons au moment ou Leurs Majestés l’Empereur et 1 Impératrice de Russie accompagnés par le Président de la République se rendent à la gare de Bouy à l’issue de la revue passée dans les plaines de Chàlons. Le sujet était ingrat, difficile à mettre en place. M. Edouard Détaillé s’en est tiré avec honneur.
MM. Bouguereau et Gérôme ont envoyé au Salon des Artistes français le premier, L'assaut et Y Inspiration , le second, Daphnis et Chloé et les Femmes turques au bain. Ils sont 1 un et 1 autre restés à la hauteur de leurs talents.
Le Portrait de M. Gabriel Hanotaux , de F Académie française , ministre des affaires étrangères, par M. Benjamin-Constant, a été admiré au Cercle de l'Union artistique. Il ne le sera pas moins à la Galerie des Machines. Le public se montrera plus froid devant les envois de M. Fantin-Latour bien que M. Fantin-Latour ait au plus haut deo-ré avec M. Henner une âme d’artiste. Il sera en revanche séduit par la grande toile où M. Aimé Morot a représenté dans de vastes proportions le Duc de la Rochefouchauld-Doudeauville fièrement campé sur un cheval de belle allure.
M. François Flameng nous offre dans son Vive l’ Empereur , le dernier carré de Waterloo, une œuvre savamment composée, savamment exécutée qui le met au premier rang des peintres militaires et qui lui vaut les sympathies empressées du public qui s’écrase devant son tableau.
La Société des Artistes français a bien fait de disposer dans une salle unique l’ensemble de la décoration du Muséum d'histoire naturelle de M. Cormon (toiles et dessins) dont j’ai déjà dit tout ce que je pense dans le Figaro illustré. La salle de M. Cormon est très visitée.
M. Jules Lefebvre a deux portraits d’un beau tracé. Le jour de la visite du Président de la République à la Galerie des Machines, je parlais à M. Jules Lefebvre des prochaines candidatures à l’Institut, en remplacement du très regretté Gustave Moreau. M. Jules Lefebvre s’étonnait à bon droit que le nombre des candidats ne fut pas plus considérable. M. Aimé Morot et M. François Flameng sont en effet les seuls qui aient posé leur candidature à l'heure présente. Pourquoi pas M. Cormon qui est un bel artiste? Pourquoi pas M. Théobald Chartran ou M. Clairin qui, pour n’être encore que des brigadiers, méritent de passer dans le grand état-major. Je ne dis rien de M. Fantin-Latour auquel personne ne pense, qui n’y pense pas lu imême et qui comme M. Henner laisse sagement à la postérité le soin de lui rendre justice, bien que M. Henner ait un jour songé à l’Institut et que l’Institut lui ait ouvert ses portes. J’ai évité de me servir