LE LENDEMAIN DU COMBAT D'ULM
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LA PEINTURE
trous dans cette composition. Les Premières joies maternelles , de M. Captier sont bien venues. La nature n'accuse-t-elle pas cependant le modelé avec plus de sévérité? Le sentiment qui a dicté à M. Choppin son Enrôlé de i~g2 est des plus louables. Il y manque toutefois la griffe qui pourrait donner à cette œuvre l'expression de la pensée supérieure. C’est au reste si difficile de s'attaquer à un thème tant de fois traité. On ne peut renouveler une telle conception que par une grande puissance d’art.
Le bon Samaritain , de M. Sicard ; la Résurrection , de M. Rose, le Retour , de M. Seysses, nous démontrent que l'art du praticien est loin de s’amoindrir parmi nous. Mais je n’en vois pas bien l’utilité et je préférerais la largeur, et aussi la justesse, les morceaux d’exécution dussent-ils être moins poussés.
A coté de la Commission d’achat agissant pour le compte de l'Etat, la ville de Paris a aussi fait ses acquisitions.
En voici la liste :
Peinture. — MM. Bourgeois, Lever de la lune sur les hauts plateaux (Corrèze); Carl-Rosa, La rivière; Darien, Les Halles , Paris Didier-Pouget, Le matin , vallée de la Creuse; Guillemet, Au plateau de Châtillon ; Hallé, Le hameau; Lecomte, La Seine au pont au Change; Petitjean, Le village de Gudmont (Haute-Marne); Truchet, Soirée d'esthètes.
Sculpture. — M. Gonin-Vital, Douces langueurs , statue marbre. M. Galy, Datura , torchère , statue bronze.
On ne doit que des éloges à la commission municipale et à son président, M. Hattat. La ville, sans se préoccuper des courants qui entraînent les artistes vers telle ou telle manière, n’a qu’un désir, recueillir le plus possible d’œuvres parmi celles qui intéressent Paris.
Elle a tout récemment confié la réorganisation de son musée de l’Hôtel Carnavalet à deux hommes très compétents et très actifs, M. Georges Cain et M. Levayer. Les conservateurs qui avaient précédé ces Messieurs avaient fait preuve d'un zèle incontestable,
mais l’ordonnance des collections de l’hôtel de la rue de Sévigné manquait de cette sûreté que M. Georges Cain et M. Levayer ont apportée dans leur méthode de classement.
M. Georges Cain a disposé dans les salles antérieurement réservées à la topographie de l’ancien Paris, des peintures de Jeaurat, d’Hubert -Robert, d'Oudry, de Saint- Aubin, de Cochin,de Debucourt, de Carie Vernet et d'un artiste peu connu, Jean-Baptiste-Nicolas Raquenet, de l’Académie de Saint-Luc qui, dès 1732, avait exposé des vues de Paris du plus haut intérêt. Parmi les modernes, Emmanuel Lansyer tient bien sa place avec des impressions parisiennes d'une rare exactitude.
M. Georges Cain a beaucoup à faire pour enrichir l'histoire de Paris et la commission du Conseil municipal vient de lui donner un précieux appui.
Le tableau des Halles , de M Darien, la très belle toile du Plateau de Chàtillon , de M. Guillemet, La Seine au pont au Change , de M. Lecomte, apporteront au Musée Carnavalet, l’intimité de scènes qui nous sont familières ou des vues auxquelles nous sommes accoutumés.
E. GUILL0N Poriraü,