LE MARCHE DE MIDELBURG
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LA PEINTURE
nombreux et très intéressants envois dans la section des dessins et des aquarelles. Je ne peux que répéter devant M. Lucien Simon et devant Madame Simon que j'ai une prédilection toute particulière pour l'observation si amoureuse du vrai qui distingue les envois du peintre du Cirque forain et j'ajoute que Madame Simon manie l’aquarelle avec un rare talent.
Dans la gravure, il faut signaler les magnifiques planches de M. Baertsoen, le beau Portrait de Jacqueline van Caestre , de Michel Cazin, les pointes sèches de M. Desaille, la lithographie du tableau de la Marche , de M. Jeanniot, les épreuves lithographiques en couleur, de M. Alexandre Lunois, qui a fait chez M. Vollard, une très belle et très complète exposition, le Saint- Jean-Baptiste , de M. Desboutin fils (André Mycho), la suite si curieuse des impressions de M. Henri Rivière, les Waltner, les Sunyer, les Lepère. Le passeur de Billancourt , de M. Lepère, est une de ces eaux-fortes qui nous ramènent à l'époque héroïque des aqua-fortistes, au temps où Cadart a fait cette série qui est aujourd’hui si recherchée par les amateurs.
Je n'ai garde d'oublier ce vieux père Desboutin. Les deux pointes sèches de cette année continuent l'extraordinaire série de ce graveur génial.
L’exposition des objets d'art est particulièrement brillante au Champs de Mars. M. Jean Baffier, un artiste très original, maître vielleur et superbe pétrisseur de sujets ruraux, expose une cheminée sous cette rubrique: Pour la tradition celtique. Le commentaire que M. Jean Baffier a fait insérer dans le livret de la Société nationale des Beaux-Arts mérite d'être cité, sinon dans toute son étendue, du moins dans ses passages principaux.
C est pour exalter la dignité du travail, que M. Jean Baffier a conçu sa cheminée, c’est pour dire ses peines, ses joies, ses plaisirs et pour glorifier l’ouvrier des champs. Sur un pan de mur est symbolisée la sanctification des trois aliments principaux que la terre donne à ses enfants, le pain, le vin, la chair. Les crédences
ont été composées pour recevoir le surtout et le service de table en étain dont une douzaine de pièces figurent à l’exposition. Les peintures sont de M. Louis Boucher.
M. Jean Baffier a compris son œuvre à merveille. Les deux figures qui soutiennent le manteau de la cheminée ont une grande et simple allure. Le déroulement des épisodes peints par M. Boucher complète cette œuvre en symbolisant tout ce que M. Baffier ne pouvait mettre dans la sculpture. En revanche, ainsi qu’il l’annonce dans sa notice, tous les objets usuels qu'il expose, depuis le drageoir jusqu’au goblet, sont dans leur forme empruntés aux fleurs des champs et en donnent une traduction des plus séduisantes.
M. Brateau est un maître en l'art de traduire en étain, sa pensée délicate et précise.
M. Frank Brangwin peint des tapis par larges parti pris comme ses tableaux.
MM. Carabin, Ernest Carrière, Georges Chevrel ont dans des genres différents, des séries attrayantes.
MM. Delaherche, Dalpayrat, Lesbros et Dammouse manient le grès avec une maîtrise, qui fait de leurs œuvres autant d'objet précieux.
M. Emile Gallé, de Nancy, est le poète à qui la France est redevable du relèvement de nos industries d’art ou pour mieux dire de l’art qui a rendu ses grandes traditions à notre industrie nationale.
Grâce à lui, selon l’expression de Banville, nous sommes remontés vers la lumière.
M. Grandhomme, l’émailleur, est très haut coté par les amateurs.
Le prince Karageorgevitch a envoyé une cheminée en chêne, incrustée de cuivre avec cadre à glace en chêne également incrusté de cuivre. La tentative de M. Karageorgevitch est heureuse.
M. Marius Michel a dans sa vitrine de relieur de beaux volumes.
M. Walgren, M. Wiener, Madame Marie Waldeck-Rousseau sont,