‹ Le Salon de 1898Chapitre 8 sur 54 · LA VISITE A L'ONCLE CARDINAL · texte numérisé non relu

LA VISITE A L'ONCLE CARDINAL

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LA PEINTURE

Certes toutes les œuvres que je viens de citer ne laissent pas dans notre esprit la pensée qu’elles contribueront les unes ou les autres à marquer une étape dans la marche de l’art français, mais elles sont la monnaie courante des salons annuels. Elles constituent la distraction que ces salons nous réservent et si en sortant dans l'avenue de la Bourdonnais nous nous faisons cette réflexion que si les trucs du métier sont en réalité souvent décevants, nous n’avons garde cependant de les confondre avec les vulgaires procédés mécaniques dont la plupart des gardes nationaux de la peinture puisent le secret dans l’éducation mutuelle que l’on rapporte de la fréquentation des ateliers.

Involontairement, au reste, quand on a parcouru les trente salles de

peinture de la Société des Artistes français , on ne garde dans l’œil et dans l'esprit que les quelques envois des hommes qui pensent avec force et qui voient avec sincérité. Leur manière de penser, ou leur habitude de voir peut ne pas être la nôtre. Nous n’en sommes pas moins forcés de reconnaître qu'ils ont leur personnalité et leur caractère.

J’écarte bien entendu de la Société des Artistes français l'artiste qui, à mon avis, la domine d’une hauteur telle que tout disparaît

LE QUESNE — Leu

devant lui. Je parle de M. Henner. Mais devant le Portrait du prince d'Arenberg, par Aimé Morot, je constate une science de l’arrangement, une présentation habile qui en font un des plus beaux portraits des Salons de 1898. Les portraits de Jules Lefebvre me plaisent par l’analyse du dessin. Celui de M. Jean-Paul Laurens est des plus remarquables. M. Cormon m’intéresse au plus haut degré par ses recherches consciencieuses. Je mets à part MM. Détaillé, Bonnat, Flameng et M. Henri Martin, à toutes mes prédilections.

Cela dit, je vais à la sculpture me réservant, après avoir jeté un regard de pitié sur les tapisseries des Gobelins que l'Administration des Beaux-Arts a si malencontreusement prêté à la Société des Artistes français , de parcourir les salles des graveurs, des dessinateurs, des aquarellistes et des pastellistes.

Et cependant, avant de quitter les salles de peinture, je tiens à signaler Les premières communiantes , de M. Guinier, La Muse du bois , de M. Ernest Laurent, Le Bain , de M. Paul Leroy, YHercule vêtu de la peau du lion de Némée, de M. Pierre Laurens, La veille des prix , de M. Geoffroy, une très spirituelle anecdote qui fera merveille lorsqu’elle sera gravée.

M. Masure a des marines excellentes et M. Paul-Albert Laurens s’annonce comme un peintre digne en tous points de son père. Il y a dans le Prêche dans les Cé venues, de M. Leenhardt, de grandes et fortes qualités. La perquisition sous la Terreur , de M. Tony Robert-Fleury, sera très regardée, non moins que Y Ex-voto et le Christ mort , de M. Royer. Dans son Vieux pauvre , M. Sabatté a donné la mesure de son tempérament d'artiste. Un tableau des plus intéressants, j’ajoute des meilleurs, du Salon des artistes français, est le tableau de M. Constantin Le Roux, Après la fenaison. Rien de plus attachant que Les Marocains en Espagne, de M. Dudley- Hardy, et la marine de M. Max Bohm mérite qu'on la remarque et qu’on l’admire.

Notons Y Orphée de M. Chalon. La bourrasque de M. Albert Laurens. La dernière étape de M. Jules Monge.

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