SALLE III
Blayn met à Teau sa harpe; combien falot le cheval que- Coninck fait monter à cette amazone bleue.
Frère Brife doit être un consciencieux obtus, c’est-à-dire qu’il doit voir juste et qu’il rend mal; par je ne sais quel mystère de son appareil recepto-conceptif, il nous donne un Orient brumeux, un Orient sans lumière, et cependant j’hésiterais à parler tout à fait mal de Jui! Qu’on le conseille, c’est dommage de faire faux, quand peut-être on a vu juste !
Bukonac\ qui a pénétré dans les pupitres universitaires sous les traits d’une nue qui se faisait essuyer par sa bonne, a fait peau plus neuve que Léo Taxil.
Ce personnage pour lequel l’Eglise a eu des miséricordes immémorables mérite bien un alinéa.
Figurez-vous que par suite de livres et gestes cette bonne pièce ne trouvait plus d’imprimeur nulle part, et c’était justice. Il va se jeter aux pieds du nonce et on lui constitue une imprimerie de jeunes filles, mi-religieuses, mi-orphelines ? ce qui fait ce grand mécréant supérieur d’une communauté et directeur d’une typographie. La protection des nonces est notable comme on le sait, beaucoup plus que leur respect envers l’art et l’Écriture, O ! di Rende vous soit dit en passant, car vous m’avez jugé fou, ce qui est vrai, mais la médisance sort-elle de la bouche des nonces ?
Bukovac^ converti, quoiqu’il ait vu la scène un peu trop à
l’historique au lieu de la concevoir à Fhe'ratique, n’a tiré mauvais parti du « laissez venir à moi les petits enfants. » Je voudrais certes un Christ nimbé de lumière, éclaireur du tableau, mais les enfants ont de la vérité, de la vie, et, avec l’accent de la foi, ce serait fort bien. Il faut tenir en bonne estime le procédé de Delonce, l’enfilade de berceaux, ce dortoir de nouveau-nés tout en blanc, vaut comme rendu; mais quelle inspiration mauvaise pousse Delance à nous peindre cette vulgarité qui le force à piquer une éponge à chaque berceau, et l’idée qu’elle évoque est-elle esthétique ! Ce n’était pas à peindre. Si ces pinceaux sans têtes voulaient bien accepter dans leurs intérêt que l’art n’est pas destiné à grimacer le réel et surtout le réel quelconque.
N’est-ce pas zurbaran pour qui Debras fait poser un moine tenant une tête de mort. O Becker^ vous qui faites des martyrs chrétiens, où avez-vous rencontré ce féroce militaire, je crois qu’il fusillerait Platon comme il se mouche; Dieu me préserve et ceux qui œuvrent, de jamais dépendre de pareils fils de Nimroudiques. Le vieux sang sacerdotal des Kasdim, je le sens s’arrêter devant l’ennemi de ma race ; il y a là du Gengis Kaly compliqué de consigne. Becker, si vous me faites des peurs pareilles, je ne parlerai plus de vous ; j’ai effroi de ces hercules à sabre pour notre archiconfrérie du verbe qu’il doit haïr ce qui n’est rien, mais qu’il occirait. Dudicourt a fort bien tonalisé sa petite femme en noir, à la Desboutins ; mais sous quel prétexte 'ces traînées de pinceau qui modèlent en crassissant ; voilà ce que je ne supporterais point d’un peintre, posant. Oh ! Prosper Guérin doit être laïc, à la façon dont il traite la religion. Rien ne donne rait l’idée de ce christ en bois que les machinistes hissent par les frises, et les colorations des soldats. Je ne croyais pas qu’on pût pousser le pire au delà des chapelles de saint Sulpice, Prosper Guérin dépasse Signol, et dépasse tout, même les images de piété de Bouasse-Lebel.
Destrem voit d’ensemble et ses deux femmes orientales à la source assez Cazine se marient, bien avec le paysage d’une seule
couleur à la Pointelin. Girardet s’amuse à des efifèts de blancs et de stucs. Dans des proportions colossales, PafrzcA: retient le cheval d’un tombereau qui s’est emporte'. Bisson re'unit deux petites dames pour que Tune fasse les cartes à l’autre ; il n’y a qu’un seul personnage à Paris qui sache vraiment tirer les cartes; mais il se moque de l’argent et ne me pardonnerait pas de suspendre à son pied de biche toutes les anxiétés féminines de Paris.
J’ai perdu le nom Cagnart (?) du peintre qui a si excellemment et de tons neufs et heureux rendu la berge de Seine, en face du Trocadéro.
Currîer^ quand on prend le parti extrême de mettre une femme nue sur un lit défait quand on sert une luxure, voyons, on choisit comme pour soi au moins. Ce disant, je vous suppose un grand goût; supposerais- je mal? Un tub à la Gervex et la chair aussi rosâtre. Dufaux vous n’êtes pas même érotomane, quand un cul pose rouge, eh bien ! on le poudre au besoin comme un visage; le postface manque déjà d’idéalité ne seraitce que par l’abus que M. Armand Silvestre en a fait au GU Blas pour dilater la rate de ceux qui ne sauraient se plaire à ses vers; il faut donc, la forme étant animale, que la coloration soit chair et non viande. Quel Zeus des vessies foudroie les Titans, en pendant aux voix du tocsin qui sont au grand Salon. Il y a peutêtre du dessin, mais pas de style, et puis, cet excellent peintre dans le sens de bon belge, croit que les Titans étaient des brutes comme les héros de la Révolution; ils étaient admirablement beaux et à peine si les formes d’Antinoüs musclées leur iraient.
1091. — • Marine de premier ordre, le pommelé du ciel d’un imprévu qui saisit. A côté, deux bergers se battent bêtement Dambourge\, que peut-on vous dire, pour exprimer votre plein succès, que votre tableau sent mauvais; enfin une boutique de fromage, quelle impression intense donne-t-il, comme une mauvaise odeur. Comment avec une palette aussi bonne, encanaillezvous, empuantissez-vous votre pinceau et ma critique. Vous peignez bien, ne peignez pas des nausées.
Oui, on dirait que entend l’ethnique supérieur, je trouve
presque en face de son terrible reître un éphebe merveilleux d’un sexe hésitant, d’un charme certain ; tête prématurément pensive, captivante? le front d^Mn imaginatî et l’âme destinée au malheur ou au crime, mais quelquevoie qu’il prenne celui-là ne sera pas médiocre : je te salue être exceptionnel et dans quelques années, sy trouvait-elle, j’y exprime le désir de regarder dans l’homme si ce que je pressens et ne dis pas est réel.
Si cet enfant était une femme, ce qui est possible, l’androgynisme est parfait alors, la merveille devient incomparable. Je souhaiterais de Becker la photographie de ce petit ou de cette petite escrimeuse.
Bien fade le Romeo de Durandeau. Béroud fait les monuments de Paris, belle patience ! il nous montre aujourd’hui des officiers venant demander des leçons de christianisme et de bonté sans doute au grand Féroce qui dort sous la coupole des invalides. Quinze millions d’hommes cendres de cet Hercule inverse : et dire que dans ce monde, l’homme au sabre de Becker aura peut-être un jour le droit de mortifier et maltraiter le petit androgyne ; voilà qui crie contre la civilisation latine, ce gamin au fleuret est de race royale, que ses proches l’apprennent de moi, et y aient égard.
Dois-je ajouter ici pour cqux qui trouvent que l’invention delà Nine dans le vice suprême^ décèle l’antiphysisme que la nature de la boue qu’on me jette m’est indifférente ; je me moque comme un Olympien de toutes les interprétations de mes dires.
Oui, je professe avec les nobles esprits de tous les temps, que le comble de l’art des formes se résout à une fusion harmonieuse des deux sexes à leur puberté. Oui, je proclame, que le page et travesti sont des illustrations de Platon : et je professe et je proclame, parce que l’androgyne tue la sexualité, et le travesti en subtilisant l’impression, l’éloigne des positivités charnelles.
Je professe que la femme très femme, et l’amour très orga-
nique sont des viletés auxquelles on tombe, mais dont on doit s’échapper : et que Fandrogyne renferme tout l’effort du génie, pour élever la volupté à une négation des possessivités. Si le Théore sentait comme la foule, il n’aurait rien à lui dire, il brouterait avec elle.
Il doitimême au charnel même au sexuel se complaire en sublimations quintessences subtilisations; et chercher la volupté première comme on cherche la matière première car il existe, un état de la ser;sibilité radicale des autres comme un état de substance dont tous les corps sont succédanés et composés.
Aura-t-on bientôt fini de faire de saint Joseph un menuisier chauve ? Je n’arguerai pas que de la race royale, il était inscrit suivant une coutume juive, qui se trouve dans la vie communale italienne, comme membre honoraire de la confrérie des charpentiers, mais je trouve l’enseignement catéchiste un peu gnagann sur mon patron. Il est celui du mystère; il a comme prestige, le plus grand silence Pithagoricien de l’histoire : il est tenu pour le patron des mages et des médidatifs; et nul sermonnaire ne songe à montrer le grand initié dans le légendaire menuisier.
Ceci, à propos de la Vierge joliment poncive de Gîacomoti Fourîé n’a-t"il pas conclu de refaire la Kermessse, en moder nité : ce branle de paysans a du mérite. Mais en réalité, je < regarderais pas bien longtemps, et vous voulez Fourîé^ qu’o Fait constamment devant les yeux.
Gustave Moreau me disait un jour « les deux cents toiles que je garde ; tous les ans je les revois toutes pour les parfaire, pour leur ajouter quelque chose ; car, je veux que celui qui n’aurait qu’un seul de mes tableaux, eût eïi une condensation d’idéal tel qu’il s’y pût satisfaire longtemps, sinon toujours Cette parole de ce grand maître, je la livre aux méditations des peintres qui méditent s’il y en a, ce dont je doute, étant fort poli de mon naturel.