CE QUE C'EST QUE
Ll SMiOlT BIS L&BY IBUCTIT.
Bans l'une des princifales rues de Westminster, à Londres , est un raste et bel hôtel que les gens du quartier ont surnommé Betty^^house. Cet hôtel, propriété de la fiimille Melyil , depuis environ deux siècles , est habité aujourd'hui par la yeuye de lord John Melril, pair d'Angleterre et d'Ecosse, mort en 1829. Lady Betty Melvil, à qui sa beauté , son âge et les grâces de son esprit permettraient d'aspirer encore aux hommages et à l'adoration du monde, a concentré ses relations dans un petit cercle d'amis intimes. Trois fois par semaine , son salon est ouvert à une douzaine de personnes également distinguées par leurs talents et par leur nais-
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sance. Des causeries rives et animées , des anecdotes piquantes , des observations et des critiques sur les ridicules du temps, remplissent d'ordinaire tous les instants de ces réunions, où les traditions de la bonne compagnie sont rehaussées par le charme d'un heureux abandon.
Lors de mon dernier séjour à Londres, j'eus l'honneur d'être plusieurs fois admis chez lady Betty; une lettre de recommandation, écrite de Paris par la comtessç D*^* , était mon seul titre à une faveur, que beaucoup d'Anglais ont briguée sans pouvoir l'obtenir. Je n'oublierai jamais l'aimable et bienveillant accueil que daigna me faire lady Melvil, à moi, pauvre étranger, aussi peu instruit des usages britanniques qu'inhabile à exprimer mes pensées dans la langue du pays. Je n'oublierai jamais non plus ces conversations délicieuses où chacun riyalisait de gaieté , de verve et d'à-propos. La soirée se terminait rarement sans qu'une ou deux personnes de ^société payassent leur écot. Or , payer son écot, c'était raconter une anecdote, une nouvelle , dont le sujet ét^iit emprunté d'ordinaire aux mœurs actuelles de la Grande-Bretagne. Chaque narrateur avait sa spécialité. Le capitaine Aresby frondait les ridicules de ses compatriotes ; mistress Daring aimait avant tout les histoires romanesques; LordFeeling excellait a décrire les passions du cœur ; plusieurs autres abordaient tous
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les genres, sans cesser d'être intéressants et vrais.
Lady Melyil, à (jui j'exprimai différentes fois le désir d'initier le public français à cette peinture si Tivante et si intime des mœurs anglaises, roulut bien se prêter à mes projets en traçant elle-même le caneyas des nourelles les plus attachantes contées dans son salon.
Ce sont ces nouvelles, reproduites en français, que j'offi*e aujourd'hui au public sous le titre de Salon de lady Betty, La plupart , modifiées et développées par madame Desbordes-Yalmore, ont revêtu sous sa plume des couleurs si brillantes , que cet élégant écrivain s'est pour ainsi dire approprié le fond par la richesse et la nouveauté de la forme.
Uéditeur.