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habile moyen de me veager de lady 3etty ! Le savaat connaisseur du cœur des femmes, que j'étais! Le. glorieux rôle que j'allais jpuer désormais à Dakei)^ hade si payais l'aplomb d'y séjourner davantage !
Tout bien pesé, je ne me pouvais décemment tirer d'afiPaire que par une retraite immédiate. Ma résolution fut vite prise. Jfe mp^tai à ma chambre. Je disposai mon porte-manteau, et tout préparé pour mon départ, je courus chez la vieille lady Laytom lui serrer la main, et faire mes adieux. Ce que je dis afin de prétexter ma fuite précipitée fut sans doute fort inintelligible, car tandis que je parlais la bonne dame ouvrit de grands yeux et parut ne rien 4u tout comprendre à ma harangue. Il est vrai, qu'autant que je me le puis rappeler, je n'y comprenais guère beaucoup plus moi-même.
J'eusse évité volontiers l'entrevue de séparation avec lady Barbara, mais ce fut chose impossible. L'impitoyable fille entra dans la chambre de sa mère au moment où j'en sortais, et je dus essuyer le méchant sourire mal étouffé dont la malicieuse créature accompagna sa poignée de main. Lcpoint capital pour moi était, toutefois, de disparaître avant le retour de Betty, avant que les deux sœurs eussent pu se communiquer leurs réciproques confidences touchant mes doubles et pathétiques amours. A cet effet je me hâtai d'enfowxber mon cheval, et je le lapçai au galop la rage au cœur.
N'eût été la yiteise de sa courte, j'aurais peut-être usé des commodités de se pendre qu'offiraient les gran^ ormes.de Farenue, ooais ma monture m'emportait d'un tel train qn'ellé ne m'eût pas volontiers permis de mettre pied à terre pom* profiter de cette ressource.
J'espérais au mo^ls être à jamais hors de. la Tue et de l'atteinte de tons: les habitants de Dàkenshade. NouTclle erreur. Je n'aTais pas feit deux mUies que je faillis tomber , moi et mon eheyal ^ à heurter la calèche de lady I^ayton qui ramenait au logis l'intéressante Betty. J'avais été contraint, bon gré md gré , de m!arrèter et de saluer ma bfeUe ei-devaut bien-aimée. La rencontre fut des plus touchantes de son eèté. Elle ne $avaiit par quelles paroles reconnaissanles ine.paj^ec de Témpcessement que j'avais mis à venir au4evant. d'elle. La chère âme n'était plus que flamme et passion. Elle respirait enfin! de cpiel poids elle était soulagée K Elle, était délivrée de l'impertinente compagnie de l'illustre lord! sa santé en était déjà rétablie! die sentait toutes ses forces revenues ! elle était toute prête à recommencer nos cavalqades ! il faudrait le soir même ordonner qu'on t!nt Vàue y pour le lendemain , tout sellé et bridé.
Il résultait de ces épancfaements que la promenade à l'école de charité n'avait nullement répoiidu > aux espérances qu'elle avait inspirées. J'avais ddnoi I i3
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ThoiiBeur d'être réinstallé dans mon tifre et inâ qualité de pis-aller de lady Betty. Je régnerais de nouYèau , si c'était mon bon plaisir , tant que le premier Tenu ne m'aurait pas détrôné.
J'ignore si les autres hommes ont été formés de matériaux plus solides que ceux qui ont servi à ina construction , quant à moi je confesse humblement ma faiblesse. Si courroucé que je sois , mes résolutions résistent difficilement au pouvoir de deux beaux yeux. Pour l'honneur de l'humanité masculine , je m'effoirçais néanmoins de braver les fascinations du regard de lâdy Betty. Gomme je tiens fort à être historien exact et vrai , je dois dire qu'en cette occurence ma ccHidnite eut été peut-être moins digne et moins héroïque, n'eût été le courage que me suggérèrent les irréparables événements qui s'étaient passés entre moi et lady Barbara. Leur souvenir me poursuivait irrévocablement : après de. pareilles scènes toute réapparition à Dakenshade m'était devenue absolument impossible.
Je restai de glace aux doucereuses: cajoleries de lady Betty ; ma physionomie s'arma d'une expression rébarbative qui réduisit ma belle Armide au silence. Je déclarai formellement que je n'avais plus nul goût pour escorter les dames qui montaient à âne, j'étais souverainement las de la lune et de la campagne : il me tardait de revoir la ville et de rentrer en pays civilisé.
Lady Betty parut d'abord stupéfaite de ce ton et de ce langage : elle me supplia de m'expliquer. Avais-je la fièyre? Étais-je malade? Étais-je fou? puis elle se couvrit les yeux de son mouchoir ; elle eut Fair de sangloter : die fit mine de s'éranouir.
Il était temps de rompre les Titres et de parler ea face.
— Eh bien , oui ! m'écriai-je; miss Betty, ^pliquons-nous franchement ; le cher John s'en ya pwee ^'ii ne lui convient pas de demeurer là où sa présence est importune; parce qu'il ne se soucie point qu'on lenMtêsous la remise; parce qu'il se passera aisément de cette estime càlnie qn'on lui promet en guise d'amour ; parce qu'il ne lui platt pas qu'on oit pitié àe lui; parce qu'il n'est pas de cette étoffe débonnaire dans laqueîle on taille les maris complaisants !
Et cela dit, d'une Toix très-claire et on ne peut plus distinctiyement, je piquai des deux, et, ayant salué la belle fort bas, je m'éloignai auogrand galop.
Il se passa bien des jours avant que j'enten^sse parler de Dakenshade et de ses habitants.
Ce fût seulement vers le milieu de décembre que je reçus, de la part de l'aimable Barbara, un morceau de ton gâteau de noces , et, par la même occasion , un billet de lady Betty.
Cette chère Betty , elle n'avait pas de rancune «u
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moins; rendons-lui cette justice. £lle m'écrivait , an nom de sa maman, qu'une attaque de goutte au bras droit empêchait de tenir la plume. Elle s'étendait fort au long, et je pense fort sincèrement, sur le chagrin que lut causait ce mariage qa\ la séparait de sa sœur. Elle rappelait en quelques mots simples et en apparence sentis, les jours heureux qui s'étaient enftiis siyite lorsque j'étais à Dakenshade. Lady Layton m'engs^^it Tiyement à revenir visiter leur s<rfituâe durant la semaine de. Noël. Quant à lady Betty elle n'osait se joindre â sa mère pour solliciter de moi un' tel sacrifice de mes jMsirs de la ville. Ses prières , elle en avait peur , seraient près de moi de trop peu de valeur f N'au* rais-je cependant pas pitié de sa tristesse? Elle était si seule, si malheureuse! Toutes ces longues soirées d'hiver, oui elle n'avait d*autre compagnie que le sommeil de plus en plus profond de sa maman ! Et les journées n'étaient pas moins solitaires ; comme la salle d'études était sombre et déserte à présent ; elle qui avait vu tant de joyeuses matinées , tant de Araiches poésies et de gracieux dessins s'animer et vivre sous ma plume et mon pinceau. Au moins gardait-elle précieusement ces inimitables cr^ktions de mon talent, mais elles ne lui ramenaient ni le passé ni l'auteur! Et ce qui concernait le petit album lilas à filets dorés, die en avait arraché et brûlé bien des pages; elle
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n'en avait conservé que celles où j'avais écrit quelques-unes de mes pensées et mes deux derniers incomparables sonnets , dignes de Pétrarque. Pétrarque ! oh que n'avais-je la fidélité de son cœur comme j'avais son génie! Que n' était-elle Laure elle-même , elle serait moins à plaindre I
douce et chère Betty , quel chef-d'œuvre de séduction et de flatterie était cette touchante épitre! Que vous connaissiez bien les bons caractères et les mauvais poètes ! Hélas ! vous m'eussiez désarmé vite, si j'eusse encore eu de la colère! mais il y avait longtemps que je ne vous en voulais plus ! l'expérience m'avait appris que vos petits artifices étaient chose bien innocente et du droit naturel des jeunes filles ! Oh ! oui , votre bonheur eût-il encore dépendu de moi , il n'est rien que je n'eusse fait pour l'assurer ! Que votre justification ne s'y prenait-elle un peu plus t6t! elle venait trop tard! il me fallut répondre à votre tendre invitation par une excuse que vous dûtes juger péremptoire. Il y avait une semaine que j'étais marié.
LE SMOGLER.
£e 0iiio0lrr (i).
Dans la partie la plus agreste de la c6te de Kent , au liea où se passa Faventiire suivante, la mer est raremetitcalme: unflot, localement appelé /ti^^/e, s^étève perpétuellement sur les rocs et les rend dangereux aux petites barques que l'on tient à l'ancre sous leur abri ; aur moindre souffle du vent, quand sa tarie est dirigée rers la terre, l'assaut des yagues est terrible : et leur frémissement tumultueux ressemble alors à une décharge d'artillerie.
Far les sombres soirs d'hiver, le voyageur de ce
(1)Goiitr«buMllor