‹ Le salon de lady Betty: mœurs anglaisesChapitre 16 sur 49 · LE 8H06LIE · texte numérisé non relu

LE 8H06LIE

Taction ineessante du jubble^ préseotent à dis* tance la figure d'uu immense demi-cercle suspendu sur l'eau bouillonnante; le contour de leur sommet ▼u de la mer est singulièrement pittoresque. Ses bords sont si âpres , que nul être vivant n'osa jamais tenter d'en escalader le folte , excepté un paysan , il y a de longues années ; mais ce malheureux «aisi d'effroi au milieu de l'escarpement , lâcha prise et son corps n'arriva au fond du gouffre que déchiré en lambeaux.

Quand le flot est complètement retiré , les habitants passent en sûreté autour de la base des rocs , le long d'un sentier de sable solide.

C'est le moment épié pour faire aborder clandestinement les marchandises. Le bâtiment smogler peut alors jeter son ancre sur le sable durci , tandis que sa carène , retenue par les amarres , flotte sur l'eau profonde qui baigne ce rivage.

Tel est le théâtre sombre où apparut le principal acteur de ce drame rapide. C'était un smogler, signalé par son iM*odigieux courage et ses entreprises heureuses. Ses richesses étaient aussi généreusement répandues qu'imprudemment acquises. A vingt ans,, à cette époque de la jeunesse entourée de si nombreux dangers , il forma tout à coup la brusque résolution d'abandonner ce tortueux chemin. Une passion d'amour fut la cause de cette vésolution qui lui devint fatale.

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L'amour, qui produit si raretueut dans la vie réelle les merreflles qui lui sont trop filbéralemeot attribuées par les romans et PimaginatioD^ l'amour .fit ce prodige.

FraiMk-Hârdi était le ffls uniqife d'un officier à demp-soMequi durant plusieurs années avait réeu retiréprès de laCove; Éleyé coimne un gentilhomme, à la mort imprérue de son père , il ne se trouva ]^ropre qu'à faire un mendiont* Il était beau, d'une humeur rive, hardi comme sonnom et admirelenr passionné (te l'elistoieé orageuse ters laquelle il se sentît dè»*lors entraîné d'uiie manière irvésiatibie.

Toutes les émotions de son ^teiee avaient été comnie trempées dans les tabloaux orageux de la Tîe de con^ebandîer. L'intime ami de son père était smoglér, propriétaire et patron' d'un cutt^ consacré à la contrebande. Franck, encore tout petit, prêtait avec avidité l'CMreiile aux récilsdeses aventureuses histoires : il advint naturdlement que resté seul tout à coup et Jeté dans un monde peu sensiMe à ses malheurs, il éprouva PimpatienI désk d'exercer par hii-mèrae celte carrière qui. plaisait â son imagination et à son courage. Accueilit du vieux smogler, il s'élança d'abord avec lui vers la Hottande; cette première entreprise d'une ardeur mal dirigée pouvait n'être considérée que comme l'élan d'une jeunessecapncieuse et fontastique : elle ftit prise au sérieux , et lui ferma tou» les sentievs

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vers une destinée plus honorable. La classe austère des kalHtants de la Gore se retira de lui, le jugeant dès-lors peu propre aux affaires graves et régulières; taudis que les plus jeunes , faciles et insoucieux, retenus par bonheur dans les chaînes étroites du devoir , admiraient son esprit supérieur , sa TaMlimte indépendance, et applaudissaient à ses triomphes, qu'ils enviaient peut-^tre.

Fier et honteux à la fois des siu;cès qui le séparaient du mode social; justifié par la nécessité, séduit par Tinclination , Frank-Hardi se plongea tout entier dans la carrière dangereuse où son étoile solitaîreravaitlançé»Lîéolatdesonaudace, sa beauté ftrappaste, ses prodigalités romanesques le rendirent en peu de temps le héros populaire de . la petite ville et' des alentours de la Gove.

Il n'était pas présumableque les jeunes filles s<»utassenttrès-sévèrement la moralité d'une profession tolérée par leurs parents ; et Thomme qui partout ailleuFS eût été signalé comme un vagabond redoutable, devint, dans ce lieu maritime, à demi-sauvage, r<Ajet d'une sorte de culte et d'attraction. Le peuple l'adorait ; d'autre part les fêtes, les bals, les réunions brillantes s'ouvraient devant cette singulière célébrité qui répandait partout l'intérêt curieux attadié aux choses extraordinaires*

Mais les bonnes fortunes de Franck ne s'étendaient p» plus loin. Trop loyal pour séduire, il se

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