‹ Le salon de Madame Necker: d'après des documents tirés des archives de Coppet (volume 2)Chapitre 1 sur 49 · LES ARCHIVES DB COPPBT · texte numérisé non relu

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La modo ût le goût public ne sont plus, de nos jours, à la philosophie de l'histoire. Notre époque, curieuse des faits, assez dédaigneuse des ttiéories, s'est éprise d'un intérêt passionné pour les moindres souvenirs d'un passé dont, par une contradiction singulière, elle répudie, de plus loin que jamais, les traditions politiques ; mais elle prend un médiocre souci de ces belles généralisations auxquelles les écrivains du commencement du siècle se plaisaient à demander les secrets de l'avenir. L'érudition règne en souveraine dans le domaine des temps plus ou moins reculés, et pe« s'en faut que l'art de dé-

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chiffrer des grimoires manuscrits ne soit tenu pour supérieur à celui de raconter les événements avec art et d'en dégager le sens. L'abus de cell« méthode conduira tôt ou tard, j"en suia persuadé, à quelque réaction, et l'on sera forcé de reconnaître, qu'en dépit de certaines apparences, ce sont encore les idées qui mènent le monde. Mais il faut avouer que nous aurons dû à cette méthode, à ses abus mêmes, bien des livres intéressants et bien des heures agréables. Tout disposé que je suis à me révolter parfois contre l'abus trop fréquent des papiers inédits, je demeure cependant sensible autant que personne à l'attrait de ces documents où les hommes, les femmes, qui ont vécu des siècles avant nous, semblent parler directement à notre oreille et nous faire l'aveu de leurs passions, de leurs artificos, de leurs joies, de leurs tristesses. Si ces confessions involontaires offrent déjà tant d'intérêt lorsque par la vois d'un livre elles s'adressent en même temps à des milliers de lecteurs, qu'est-ce donc lorsque tous devez à quelque circonstance propice de les entendre seul à seul, en fouillant dans des archives inexplorées, lorsque vous tenez entre vos mains ces feuilles jaunies où l'ardeur de sentiments passagers s'est inscrite en traits dont la durée semble une ironie, lorsque la poudre qui a servi à sé-

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