‹ Le salon de Madame Necker: d'après des documents tirés des archives de Coppet (volume 2)Chapitre 22 sur 49 · M. SUARD · texte numérisé non relu

M. SUARD

Écrire, je n'entends pas ce que c'est qu'écrire ; elle arrange des phrases assez bien, sans imagination, sana idées.

HADAME HECEBB.

Oh ! monsieur, Tons exagérez .

u. SUARD.

Je n'entends pas ce qne c'est qu'exagérer; exagérer est un mot qni n'a point de sens; personne n'exagère: on rend sa pensée et voilà' tout.

MADAME KBCSER.

Jamais je ne suis d'accord avec M. Suard, pasméme snrle temps qu'il fait; car, si je dis qu'il pleut, il n'entend pas ce que c'est que la pluie.

1. Marie-Jeanne Laboraa de Mézières, femme du comâdien et auteur dramatique Antoine-François Riccoboai, née à Paris eu 1714, morte en 179S. Après avoir paru sur la scËae, elle publia plusieurs romans dont quelques-uns eurent un trèa grand aitccâs, entre autres, lea Lettres dt Julie Catesby, et SmesHne.

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M. SUAKD.

Ah! charmant objet, voua VOUS égayez. Mais, il propos, H. Thomas semble garder la neutralité, cela n'est • pas bien.

M. THOUAS.

J'avoue, monsieur, qne les fenmies peuvent manquer de ce feu divin qui nous anime, de ce noble enthousiasme qui prolonge nos veilles et les fait passer dans la postérité la pins reculée; mais, si elles ne montent pas avec nous dans les cieus, elles embellissent la terre; une femme honnête est le plus beau des spectades pour une &me sensible.

M. mahuoktbl.

Honnête I & merveille, mon cher Thomas ; mais, si vous vouliez bien emporter ceUea-là avec vous dans les cieus et laisser les autres pour ramper avec nous sur la terre.

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