‹ Le salon de Madame Necker: d'après des documents tirés des archives de Coppet (volume 2)Chapitre 45 sur 49 · BUFFON · texte numérisé non relu

BUFFON

Depuis cinq ans, il était veufd'uneiemme beaucoup plus jeune que lui, dont.il s'était épris en la voyant, à peine âgée de dix-huit ans, dUns le parloir du couvent des ursulines de Montbard, et dont la tendresse,la fidélité,la douceur avaient payé de retour son affection passionnée'. «Cette mort, disait-il, lui avait laissé au cœur une plaie incurable. » Son flis voyageait par ses ordres avant qu'un brevet d'offlcier, obtenu dans le régiment des gardes françaises, le retînt presque toujours dans des garnisons lointaines '. Buffon vivait donc à Montbard de cette existence solitaire, laborieuse et sevrée de tous les plaisirs (au moins des plaisire du cœur) dont la régularité majestueuse, si mal à propos raillée, l'aidait peut-être à contenir les élans d'une nature fougueuse. Mais dans ce corps athlétique se cachait un cœur ardent et sensible, et ce cœur tenait en réserve des tendresses qui deman-

1. La comfease de BufTon était née Marie-Françoise do Saint-Belin. Son mariage avait eu lieu en 1752. Elle nioui'ui en 1769 à l'Age de trente-sept ans.

2. Georges-LouU-Marie Leclerc, chevaUer de Euffon, né en 1764, fut d'abord officieraui gardes françaises, puis capitaine de remplacement dans le régiment de Chartres. U avait épousé Marguerite-Françoise de Cepoy, dont il se sépara lorsqu'il eut acquis la certitucle qu'elle était devenue la maltresse du duc d'Orléans. Il mourut sur l'écbafàuden 1794.

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