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CHAPITRE SIXIÈME

Nous voulons constituer une Elite parmi la Jeunesse et à cette Elite nous voulons donner une formation aussi sérieuse que possible. Nos grands jeunes gens de 15 ans et au-dessus ont besoin d’être armés pour la vie militante et quelques-uns au moins sont appelés à devenir des hommes de valeur, capables de s'imposer comme entraîneurs et comme chefs. C’est le Cercle d'études qui leur donnera cette valeur et cette influence. Le Cercle d’études est un des meilleurs moyens de formation profonde mis au service de l’Elite.

Il est évident que le Cercle d’études ne s’adresse pas à tout le monde. Il réunit des jeunes gens ayant le désir de se perfectionner et de s’affermir dans la possession du Vrai et dans la pratique du Bien, afin d'exercer plus efficacement un apostolat religieux et social. Il demande donc à ses membres la bonne volonté, une intelligence ouverte, un jugement sain, et moyennant ces conditions préalables 1 suscite, il façonne et il prépare une Elite qui sait, qui agit

et qui promet.

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27h LE SALUT PAR L'ÉLITE DANS LA JEUNESSE

Une Elite qui sait.

Le Cercle d’études crée parmi les jeunes une Elite qui sait. Pour avoir une valeur et pour mieux exercer sa mission, l’Elite doit posséder une certaine somme de connaissances d'ordre religieux et d'ordre profane.

L’Elite a besoin de connaître avant tout les vérités religieuses fondamentales, dogmatiques et morales, afin d’être capable de conserver, de pratiquer et de défendre sa foi. Hélas ! que de jeunes catholiques pourvus de hauts diplômes et qui sont des ignorantins, de pauvres primaires en instruction religieuse | Leur piété, si elle existe et du moment qu'elle n’a pas de bonnes assises doctrinales, ne saurait ni se maintenir longtemps, ni surtout s’imposer et se faire conquérante,

Quant aux connaissances scientifiques, juridiques, historiques, les jeunes gens des classes dirigeantes doivent les posséder suffisamment pour les mettre ay service de la Cité et de la Religion. Et dès lors personne ne peut contester l'importance des Cercles d’études pour la formation d’une Elite au sein de la Jeunesse cultivée.

S’agit-il de la Jeunesse populaire? Tout cela est encore cent fois plus vrai. Qui ne sait que nos adolescents, jusque dans les plus humbles villages, sont assaillis et envahis par les théories de l’impiété et

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du matérialisme? II faut les armer contre l'erreur et compléter le catéchisme par un Cercle d’études.

Et puis le Cercle d’études, en même temps qu'il affermit leurs connaissances d’ordre religieux, les initie à quelques connaissances d'ordre profane.

Là, au Cercle d’études ils apprennent les principes qui régissent la f%mille, la profession et la cité ; ils apprennent les Airoits que la loi leur confère et les devoirs que la loi leur impose dans cette société où ils devront demain vivre et agir.

Là, au Cercle d’études ils se mettent en état de répondre aux objections vulgaires, telles que cellesci : Et la Saint-Barthélemy? Et l’Inquisition? Et les Dragonnades? Et la Révocation de l’Edit de Nantes? Et l’on voit de simples ouvriers, enfants du peuple, se permettre de contredire victorieusement un conférencier libre penseur, quelquefois même avoir l’audace de faire eux-mêmes la conférence au détriment de l'erreur et au profit de la vérité.

Là, au Cercle d’études rural les jeunes villageois examinent de près les questions agricoles et constituent autour du clocher un noyau de chrétiens fidèles et déterminés, qui sont en même temps des citoyens avisés et des professionnels distingués.

Le Cercle d’études instructif, utile et fécond prend différentes formes.

Tantôt c’est une lecture qui en fait les frais. On lit une page d’un livre, un article de revue ou de journal, quelques versets de l’Evangile et on en fait le commentaire. Avec un texte ayant une portée religieuse, morale ou sociale, on occupe utilement une soirée. Dans les milieux les moins cultivés la lecture

commentée réussit à merveille et fait de la lumière.

Tantôt on demande aux jeunes gens un travail écrit où un rapport oral sur une question désignée. Si c’est à la ville, ils traitent de préférence des sujets qui intéressent les citadins, tels que l’industrie et le commerce local, les habitations ouvrières... Si: c'est à la campagne ,il choïsissent des questions agricoles, telles que l’émigration vers les villes, les engrais, l’assolement, les salaires de la région. Ils s’habituent de la sorte à regarder autour d'eux, à observer, à réfléchir. Connaissant mieux leur petit pays, ils l’aiment davantage et ils ont l’idée de l'améliorer par quelques œuvres locales, par la fondation d’une mutualité, d’un syndicat, d’une caisse rurale.

La plupart du temps le Cercle d’études procède par manière de conversation, par demandes et par réponses. On prend une ou deux idées et on les tourne et retourne en provoquant des questions, des remarques, des objections. On prend l'événement de la semaine et le prêtre directèur du Cercle demande à la ronde : Qu'en pensez-vous? C'est la conversation ouverte à tous et permettant à chacun de dire son mot, mettant en contact les intelligences les unes avec les autres et du choc des esprits faisant jaillir la lumière,

C'est vraiment l’enseignement mutuel, fait de variété, d'agrément et dé profit. Personne ne reste silencieux et passif. Les jeunes gens ne se réunissent pas pour écouter un monologue, maïs bien pour s'approprier la vérité par un travail personnel, par une discussion ou plutôt une causerie, à laquelle tous et chacun participent librement, loyalement et quel-

quefois passionnément. On leur donne sans doute une direction, une orientation, — c’est nécessaire, -—— mais on ne leur impose pas une conviction, on les met seulement en mesure de se faire une conviction... Et du moment qu’on forme une Elite qui sait, on possède déjà une Elite qui agit.

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Une Elite qui agit.

Le Cercle d’études crée parmi les Jeunes une Elite qui agit. Groupés dans un Cercle d’études, les jeunes gens agrandissent leurs petits trésors de connaissances et s'élèvent au-dessus de la masse irréfléchie et routinière. Ils ont des idées justes et précises sur les questions religieuses, historiques, scientifiques, sociales ,professionnelles. Ils ont appris à raisonner leur foi et ils sont capables de résoudre les objections courantes. Ils ont appris à raisonner leur métier et ils sont capables de parler utilement des innovations et” des réformes qui préoccupent l'opinion.

Mêlés à leurs camarades dans une œuvre de persévérance, ils ont de l'autorité, du prestige, de l’influence. Au dedans ils entretiennent la vie intérieure de l'Œuvre et ils accréditent au dehors sa bonne réputation. Car ce sont en même temps des unités bien sages et des esprits bien munis. Ils n’ont pas seulement la supériorité de la bonne conduite, de la piété personnelle et communicative, qui prévient et

‘arrête l'invasion du mauvais esprit et qui apaise les révoltes et les querelles ; ils ont encore la supériorité de l'intelligence et du savoir, qui donne le ton aux camarades et qui s'impose à l'estime des étrangers. Même quand on n'a pas le courage de les suivre, on se sent obligé de les admirer, ou au moins de les respecter.

Si jeunes qu'ils soient, on les écoute et leur action sur leur famille n’est pas mince. Si leurs parents sont déjà amis de la religion et pratiquants, ils les rendent encore meilleurs, et si leurs parents ne sont ° pas chrétiens ou ne le sont qu’à demi, ils Les éclairent et souvent les convertissent.

Ils rayonnent également et ils agissent dans leur milieu professionnel. À l'atelier, au bureau, dans le monde ouvrier, ils jouissent d’un grand ascendant. Ils empêchent bien des défections. En répondant avec succès à un camarade gouailleur et insolent, ils encouragent et rallient les timides et ils conservent à la bonne cause tant d’indécis et de peureux qui n'ont pas le courage de la professer,

Les Cercles d’études ne font pas seulement œuvre de préservation, ils font œuvre de pénétration et de conquête, [ls opposent à la propagande socialiste et athée des concurrents redoutables. Partout où s’ouvre un Cercle d’études catholique, les jeunes gens qui en sortent s’aperçoivent bien vite qu'il y a.

moyen de venger sa religion, de la justifier, de la Ë faire resplendir ; ils ont le sens et le goût de l’apostolat et ils deviennent les champions intrépides de À

la vérité religieuse et en même temps de la vérité sociale, Aussi intelligents et plus instruits que les

. meneurs du parti libre penseur, leur influence s’étend à toute la corporation, aussi bien parmi les non catholiques que parmi les catholiques, et grâce à eux les idées saines font de rapides progrès dans le monde du travail.

Le Cercle d’études bien compris, bien composé, bien dirigé est peut-être le moyen le plus nécessaire et le plus sûr de régénérer non seulement la profession, mais encore la paroisse. Il est l’organe nouveau et essentiel de la paroisse restaurée. Avant d'agir, en effet, ne faut-il pas prévoir et savoir? Avant de créer les œuvres utiles au progrès religieux, moral et économique de la paroïsse, ne faut-il pas rechercher, étudier et préparer ces OEuvres? Ne faut-il pas examiner les doctrines qui doivent les inspirer et les méthodes qui doivent les faire réussir? L’étude théorique et pratique est le préliminaire nécessaire des OŒuvres paroissiales. Le Cercle d’études à une importance décisive. La renaissance catholique est à ce prix.

Avec le Cercle d’études de nos meïlleurs jeunes gens on allume dans la paroisse un foyer d'idées sociales et chrétiennes, on forme une Elite qui agit, qui réveille l'indifférence, qui lutte dès aujourd’hui contre la propagande anticléricale «et socialiste, et qui va devenir demain une force de relèvement et un puissant instrument de salut.

Une Elite qui promet.

Le Cercle d’études crée parmi les Jeunes une Elite qui promet. Pour nous assurer un avenir de prospérité religieuse et sociale nous avons besoin de chefs avisés et d’ardents propagandistes. C’est le Cercle d’études qui nous les promet, nous les prépare et nous les donne.

Le prêtre tout seul ne peut suffire. Où sont les prédicateurs laïques, capables de venir au secours du clergé? Les voici. Ils sortent de nos Cercles d’études. Ce sont ces unités fortes, ces jeunes gens instruits, armés, outillés, exercés et aguerris, qui ont une réelle puissance de résistance e, de rayonnement, qui savent se défendre et attaquer, garder leur foi et la propager, prendre une attitude ferme et conquérante dans les discussions religieuses ou autres, si inévitables et si fréquentes en notre monde contemporain. Il n'est pas nécessaire qu'ils soïent très nombreux. Trois ou quatre hommes intelligents, coura-

geux, convaincus et bien formés suffisent à créer

dans leur milieu un mouvement moral, social et religieux qui ébranle, relève et sauve une population.

Pour nous assurer une ère de prospérité religieuse et sociale, nous avons besoin d'initiateurs entreprenants et actifs qui ne se contentent pas de parler, mais qui ajoutent l’action à la parole, C’est encore

Cas

le Cercle d’études qui nous les promet, nous les prépare et nous les donne.

Le Cercle d’études urbain est une pépinière d’hommes et de chrétiens ardents qui sont prêts à se mettre à la besogne, et on les voit entrer dans nos Comités d'action et dans nos Secrétariats sociaux, se mettre à la tête de nos Sociétés gymnastiques et spor- tives, fonder et diriger les syndicats indépendants, organiser juridiquement et techniquement toutes les œuvres que réclament les temps nouveaux. Le Cercle d’études rural est également une pépinière d’hommes et de chrétiens ardents qui sont prêts à toutes les initiatives, et on les voit introduire dans les milieux ruraux les innovations de la science agronomique, comme aussi les avantages législatifs récemment votés, reconquérir les cœurs à la terre par une meilleure exploitation de ses ressources et par l’entr’aide mutuelle, réaliser pratiquement les essais et les expérimentations qui améliorent en même temps l’âme et la profession du laboureur.

Et enfin, pour nous assurer la sécurité religieuse et sociale, de quoi avons-nous besoin sinon de citoyens complets qui savent parler, agir et, au besoin, gouverner? C’est le Cercle d’études qui nous ‘les promet, nous les prépare et nous les donne.

Le Cercle d’études forme ses membres à la vie publique et développe chez eux le sens civique et le tempérament du chef. Plusieurs entrent dans les Conseils municipaux et autres corps constitués. Le courage civique manque presque partout. On n'ose pas plus se montrer citoyen que chrétien. Les libertés communales sont très réduites et l'Etat césa-

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