‹ Le salut par l'eliteChapitre 36 sur 51 · ITI · texte numérisé non relu

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La formation professionnelle et sociale.

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Parlons en terminant de la formation professionnelle et sociale qui complète la formation intégrale de l’Elite parmi les jeunes.

L'action sociale catholique nous est recommandée par les Souverains Pontifes, et, si nous voulons préparer une Elite ouvrière et lui infuser une vie catholique intense, il faut à tout prix que nous sachions nous mettre hardiment sur le terrain des intérêts matériels et que nous donnions à nos jeunes une valeur professionnelle et une orientation vers le groupement professionnel ou syndical.

Comment faire pour augmenter la valeur professionnelle des jeunes? On ne peut pas faire partout la même chose, mais à peu près partout il y a quelque chose à faire en ce sens. !

Ici, à la campagne, on inspire aux jeunes l'amour de la terre et on leur apprend à rendre plus rémunératrice la profession agricole en leur enseignant les avantages de la culture intensive, de l'esprit d’association, de la caisse rurale, des mutualités et des assurances.

Là, à la ville, on initie les jeunes gens aux connaissances et aux méthodes qui font l’ouvrier habile, l’artisan capable, le technicien expérimenté, la maind'œuvre toujours plus affinée et plus artistique, le contremaître instruit et bien rémunéré, l'industriel et le commerçant qui savent leur métier et installent à leur foyer le bien-être et le confort.

Les écoles professionnelles sont malheureusement rares, On fonde alors des internats professionnels qui abritent, surveillent et suivent l'apprenti pendant les années de son apprentissage, ou des écoles de préapprentissage qui débrouillent l’adolescent et le préparent à devenir un bon ouvrier, ou enfin des conférences professionnelles données à la jeunesse par un architecte, par un ingénieur, par un industriel... Que sais-je encore? On aide les jeunes dans le choix d'une carrière, on leur cherche une situation, on crée pour eux un bureau de placement, en un mot, on augmente leur valeur professionnelle autant que cela est possible selon les temps, les lieux et les personnes.

On ne s’en tient pas là. On oriente carrément les jeunes vers le mouvement syndical chrétien. C’est le moyen d’endiguer le torrent socialiste et de créer dans le monde du travail une Elite ouvrière.

Méditons cette déclaration du cardinal Mercier « Les patronages feront faillite, dit-il, s’ils ne sont

| pas, en même temps que des foyers de formation religieuse, des écoles de formation sociale et des pépinières de syndicats chrétiens. » À quoi servirait-il, en effet, de sacrifier tant de temps, tant de labeur et tant d'argent pour conserver un noyau d'adolescents, si nous ne savons pas en même temps leur présenter une œuvre qui les recueille à la sortie du Patronage et dont ils ne sortiront plus? C’est le groupement professionnel, c’est le syndicat qui tient l’homme toute sa vie. Or la plupart du temps où rencontret-on nos anciens patronnés devenus ouvriers? Dans Je syndicat rouge. Et cela s'explique. On a trop oublié de les initier pratiquement aux avantages qu'ils peuvent trouver dans les syndicats indépendants et ils s’en sont allés au syndicat révolutionnaire qui leur a promis d’améliorer leur sort, qui a fait miroiter à leurs yeux des augmentations de salaire et des accroïssements de bien-être.

Formons la mentalité sociale de nos jeunes gens. Préparons-les à devenir les plus forts dans leur profession et les mieux armés pour la défendre et la perfectionner et acheminons-les tout doucement mais très fortement vers l’organisation professionnelle, dont ils seront plus tard les membres très convaincus et très ardents ; c’est de la sorte que s’est fondé le Syndicat des Employés du commerce et de l’industriel, aujourd'hui si puissant dans le monde du travail.

C’est de la sorte que nous constituerons une Elite ouvrière profondément chrétienne et en même temps courageusement sociale, sagement progressive et en même temps très fidèle aux doctrines traditionnelles de l'Eglise de Jésus-Christ. Dès maintenant cette

et elle peut se mesurer avantageusement avec la. Confédération générale socialiste et révolutionnaire. Car sur cette dernière elle a deux supériorités : | 1° Elle s'inspire de l'Evangile et par conséquent elle . ne procède ni par l'injustice, ni par la violence, ni … par l'athéisme libre penseur ; 2° Elle fait peu de … bruit, mais beaucoup de besogne. Elle ne promet | pas de réaliser le paradis dès ici-bas, mais elle s’ingénie à exercer une action efficace de premier ordre: dans la législation sociale et elle introduit peu à peu dans le monde du travail des améliorations nettement bienfaisantes. Le syndicalisme chrétien ne fait que débuter et déjà on peut mettre à son actif quelques réalisations saines et vigoureuses qui font bien augurer de son avenir. Le syndicalisme chrétien est au premier chef un facteur de paix sociale en même temps qu'une véritable voie de salut pour la classe ouvrière.

Mais pour diriger ce mouvement syndicaliste 3ïl nous faut une Elite compétente et agissante, audacieuse et sage, dévouée et consciencieuse, assez éclairée pour connaître le bon chemin et assez maîtresse d'elle-même pour n'en pas dévier. Où recruter cette Elite ouvrière sinon parmi les jeunes, chez lesquels à la formation essentielle vient s'ajouter la formation intégrale, c'est-à-dire la formation professionnelle et sociale? Faïisons-en d’abord de solides chrétiens, c’est nécessaire. Qu'ils soient ensuite d’ardents syndiqués, ce ne sera pas inutile. La piété est utile à tous ; elle façonne l’homme intérieur et elle perfectionne l’homme tout entier,

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