‹ Le sanatorium à domicile par le jardin ouvrierChapitre 4 sur 9 · II. Tuberculose menaçante conjurée par un jardin · texte numérisé non relu

II. Tuberculose menaçante conjurée par un jardin

— Riches de santé pauvres d’argent, deux jeunes époux reprennent à des conditions onéreuses une pâtisserie. On travaille ferma de ^ jour, de nuit, la semaine, le dimanche ; l’atelier est à la cave, la maison n’a pas de cour : après quelques années, la femme a fait deux fausses couches, mis au monde une petite fille ; elle est soigné pour anémie et neurasthénie, tandis que le mari, pâle, maigre, faiblit^^ et semble une proie toute préparée pour la tuberculose. ' -

C’est accidentellement que -je voyais cette famille, et chaque fois je manifestais mes inquiétudes, quand, à ma dernière visite en juillèt dernier, je suis frappé par le contraste que me présente la maison. Le mari a-recouvré ses forces, la petite fille pousse comme un champignon, la mère a oublié sa neurasthémie et retrouvé sa gaieté d’autrefois.

Qui a opéré ce miracle? Un ' petit jardin loué à quelque distance, et dans lequel on a installe une «gloriette». Le pâtissier cultive son jardin, la mère va y passer une partie de l’après-midi à « faire du crochet » en surveillant sa fille. ;

III.Infection tuberculeuse accidentelle généralisée. Ramollissement des deux sommets. Guérison complète des deux poumons qui se ïnaintient pendant neuf -mois. — C’était, pàraît-ii; un garçon solide, robuste,

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i8 ans, n’ayant jamais été malade, quand il reçut à la jambe un coup de pied de cheval. Que se passa-t-il ? 11 survint, me dit-on, une série d’abcès qui furent incisés parcimonieusement, qui gagnèrent vers le genou qu’ils finirent par envahir.

Quatre mois après l’accident, j’étais appelé. Le malade pesait cent cinq livres, ayant maigri de quarante ; il était miné par la fièvre hectique et des sueurs nocturnes ; je constatai : tumeur blanche suppurée du genou, abcès volumineux périarticulaire non ouvert du coude, expectoration purulente tuberculeuse, des râles sous-crépitants dans les deux sommets.

J’ampute la cuisse, je fais vivre le malade sous la tente dans son jardin : cicatrisation parachevée en 14 jours.

Trois semaines plus tard, je le débarrasse de son abcès du coude qui, heureusement, n’avait pas encore envahi l’articulation. Guérison en 23 jours.

Dès la cuisse à bas, la fièvre tombe, la santé revient, l’expectoration diminue, disparaît, la toux se fait plus rare, cesse, les signes d’auscultation persistent plus longtemps, mais disparaissent après quatre mois. Cinq mois après ma première intervention chirurgicale, le blessé était guéri de toutes ses manifestations tuberculeuses et pesait, malgré son membre perdu, 107 livres.

Cette guérison, apparemment complète et radicale, dura neuf mois.

Convaincu que des germes tuberculeux, bacilles ou spores, restaient dans le sang et les humeurs, j’avais interdit toute cause d’irritation du moignon, notamment le port d’une jambe de bois. Neuf mois après sa guérison, ce malheureux, qui était épris d’une jeune fille, achète à mon insu une jambe de bois, irrite son moignon, fait un abcès, revient me voir : je conseille l’amputation de l’extrémité du moignon, craignant une infection chirurgicale si j’intervenais au couteau sur l’abcès ; la famille refusa... j’appris

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plus tard que le malade avait été opéré dans un établissement hospitalier.,, que l’opération avait bien réussi... que le malade avait succombé d’une phlébite ou d’une phlegmatia alba dolens. Autant que je puis m’en rapporter aux affirmations catégoriques delà famille, la bronchite n’était pas revenue.

IV. Deux enfants tuberculeux guéris de tuberculose osteo-articulaire. — 11 y a trois ans et demi, mon père m’appelle chez lui : « Va donc voir, me dit-il, une malheureuse famille à laquelle je m’intéresse. Le père est un ancien cocher parisien sans ouvrage, la mère est surmenée par ses sept enfants. Il y a là deux enfants qui m’ont l’air d’avoir une maladie des os, et tu me diras si ces deux marmots ont besoin de médicaments ou s’il est préférable de leur donner des secours en aliments. ?

J’allai voir la famille B..., logée toute entière dans une seule place, en contre-bas du sol. Un des enfants, quatre ans, avait un mal de Pott, l’autre, trois ans, une coxalgie (tuberculose osteoarticulaire).

l’offris de faire les démarches nécessaires pour faire admettre ces deux enfants au Sanatorium de Saint-Pol-sur Mer. La famille refusa net. « Le seul médicament utile que tu puisses leur donner, dis-je. à mon père, est de l’huile de foie de morue. Mais le mieux que tu aurais à faire serait de leur donner un jardin ouvrier. »

Ainsi dit. ainsi fait, sans préjudice de quelques secours en viande et haricots. Et, aujourd’hui, ces deux enfants sont l’un bossu, l’autre boiteux, mais ils sont aussi bien guéris qu’ils peuvent l’être. Tout dernièrement, le boiteux a quitté la petite « crochette » dont il s’aidait encore pour marcher et aller à l’école. Il y a six mois que les deux abcès ossifluents se sont spontanément fermés.

Je donne ci-après la photographie de la pièce de terre

r De ees quatre observations je][c( mclus": il suffir d e jouir d’un jardin pour permettre’de suivre à]domicile le traitenient préventif ou curatif que donnent les Sanatoriums antituberculeux.

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