CONCLUSIONS
Le sanatorium monumental fait sortir la question de la tuberculose du domaine médical pour en saisir le grand public. Il proclame, avec la puissance de l’écriture de pierre, l’existence de la tuberculose, ses origines, sa contagion, sa fréquence, sa gravité et la nécessité de l’hygiène publique et privée. De plus, il rend service à des malades.
La jouissance d’un jardin, surtout d’un jardin attenant à la maison, permet de faire modestement mais efficacement, le traitement suivi dans le sanatorium anti-tuberculeux.
Le jardin ouvrier permettra au dispensaire anti-tuberculeux d’atteindre sa complète efficacité.
Suivant l’expression du Docteur Pascalin, le jardin oxygène le poumon, remplit l’estomac, éloigne du cabaret. J’ajoute, au point de vue moral, qu’il met l’homme en contact avec la terre qu’il cultive, avec le. ciel qu’il regarde, avec son foyer et sa famille auprès desquels il demeure.
La lutte anti-tuberculeuse doit, tant aü point de vue préventif qu’au point de vue curatif, promouvoir les jardins ouvriers et la création des maisons ouvrières avec jardin.
L’assistance par le travail de la terre dans le but de
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relever l’individu et de « reconstituer la famille » a été faite, systématiquement au temps présent, pour la première fois par M“®Félicie Hervieu, fabricante de draps à Sedan, autrefois élève de « La Maternité de Paris ». Le nom de « jardins ouvriers » m’appartient. C’est sous ce nom que j’ai décrit l’œuvre de Madame Hervieu dès Octobre 1895 dans « La Démocratie Chrétienne » et dans « La Justice Sociale » ; c’est sous ce nom que j’ai créé avec mon père les jardins ouvriers de Rosendael èn même temps que je publiais une « Revue des Jardins Ouvriers «.
En Belgique, M. l’abbé Cruel, prêtre artésien, et M. Gomaere, conseiller communal de Bruxelles, créaient spontanément un mouvement analogue à celùi des « XXIV ares » en réclamant la petite propriété insaisissable. Ils entraient en relations avec Madame Hervieu et avec moi. — Nous onCils précédés ou suivis ? Je l’ignore.
En Allemagne c’est M. le conseiller Brelefeldt qui a eu le mérite de lancer les jardins ouvriers qu’il avait connus à notre Exposition Universelle de 1900.
Il résulte de l’expérience acquise par les cinq mille jardins ouvriers qui existent actuellement en France.
Que le jardin ouvrier donne en légumes un rendement considérable qu’on peut estimer, sans crainte de contestation - par personne, au moins à vingt francs l’are, tant que la surface du jardin ne dépasse pas 5 à 6 ares.
On comprend donc, étant donné un jardin attenant à une habitation ouvrière, que le rendement du jardin
Le saKaLorIum a domicile par Le jarein auvriER 33.
puisse équivaloir et même dépasser le prix de la location de l’immeuble. •
En conséquence, il y a dieu de promouvoir à côte de « l’habitation à bon marché » qui reste le lot des grandes villes, « l’habitation gratuite » (rendement du jardin égal au loyer de l’immeuble) et <c l’habitation profitable » (rendement du jardin supérieur au loyer de l’immeuble). La maison des douaniers de Rexpoëde fait bien ressortir cette conception).
L’Etat se doit à lui-même de fournir à tous ses petits serviteurs qui demeurent en dehors des grandes villes, notamment aux douaniers, aux gendarmes, aux éclusiers, aux barriéreurs, etc., etc., tout au moins « la maison gratuite ».
Un calcul d’arithmétique démontre que le rendement de 100 francs de légumes fourni par un jardin de 5 ares représente l’intérêt de 2.000 francs à 5 p. % •
En conséquence, tant que le prix du terrain n’atteint pas quatre francs le mètre carré, le propriétaire et le , locataire ont intérêt réciproque à adjoindre un jardin à la maison d’habitation. (Je suppose que le propriétaire majoré son loyer en raison du supplément de capital engagé, et que le locataire fournit « par agrément» le travail de son jai din.
L’idéal des habitations ouvrières est la fnaison démocratique bâtie et possédée par celui qui l’habite, et surgie d’un coin de terre suffisamment grand (à Fort- Mardick, vingt-quatre ares) pour constituer, à côté du travail normal et rémunéré du mari, une ressource
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appréciable pour la nourriture et le budget de la famille.
Il suffit et il faut pour atteindre cet idéal assurer un coin de terre à la famille, soit en propriété propre, soit en location à long bail, soit en concession communale perpétuelle.... comme fait par exemple la commune de Fort-Mardick. (Il est regrettable à ce point de vue que la législation interdise aux Administrations charitables (Hospices, Bureaux de Bienfaisance, etc.) des locations d’une durée supérieure à neuf années.
Imprimerie Dunkerquoise, 34, rue de Soubise.
Du même Huteur
Syndicat des Marins réunis de France, section de Dunkerque. — -Non pas les trois huit mais XXIV ares de terre comme à Fort-Mardick. —^Conférence publique à la « Bourse » de, Dunkerque^ le 4 Septembre 1892.
Congrès national maritime à la Bourse du travail de Paris. — 1893. ,—Vœu pour. la généralisation aux populations ; du littoral du régime de Fort-Mardick; par le D' Lancry, délégué du -
Syndicat de Dunkerque.Voté à runanimité. — 13 Juin 1893.
Congrès de la Démocratie chrétienne. — Lille 1897.— Rapport sur les jardins ouvriers. — 19 Novembre 1897.
Congrès des Jsirdins ouvriers de Nancy.— Présidence de M. le Comte de Malval. — 18?8.-- Conférence à la salle Porel. — Septembre 1898. <
« CEuvre de la Reconstitution de la famille » de Sedan (M-»» Hervieu). — La.première dotterrianiste, allocution de M. rabbé Lemire, député du Nord,,à l’église.de Sedan, Conference'du D'- Lancry. à la grande salle de-la Mairie.— 17 Juin 1899.
Le Terrianisme. — La petite propriété insaisissable et assurée à tous. — Préface de M. l’abbé Lemire, député dq Nord. —. Dunkerque 1399, Imprimerie Delville.
La Maison populaire de la Flandre maritime (Société Dunker- . quoise). .
La Réforme agraire de l’Assistance publique (jardins ouvriers,
morcellement des terrés, baux emphytéotiques). (Société Dunker- . quoise). . .
■ La Question de lAlcool et de l’Alcoolisme (Société Dunkerquoise).
Le Fléau social de la tuberculose, ses causes, ses remèdes
(Société Dunkerquoise).
Les Jardins ouvriers de Charlottenbourg-Beriih. — Leur filiation française (Société Dunker4uoise).
Etudes scientifiques préparatoires pour établir une « Goutte de Lait 1) (Société Dunkerquôise)'. ,
Tuberculose et* Jardins ouvriers. — Dans la Normandie ■médicale ào. 15 Octobre 1933. / '