III. La Maison profitable
(La Mardickoise)
Demi-maison Maisons complètes
Le chapitre précédent a fait comprendre la « maison profitable », celle dont le loyer est inférieur au rendement du jardin. Mais il y a mieux à faire que la maison à bon marché ou la maison gratuite : c’est la maison démocratique^ celle que l’ouvrier bâtit lui-même à sa convenance, qu’il possède en propriété propre et que la loi devrait rendre insaisissable ; celle qui abrite sa famille et contribue à la nourrir par les produits du coin de terre qui l’entoure. Cette maison existe, je l’ai dénommée la Mardyckoise ou maison populaire de la Flandre maritime et je l’ai décrite tout au long dans les Bulletins de là. Société Dunkerquoise (1898).
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Pour voir s’élever cette maison il suffît de procurer à l’ouvrier un coin de terre sur la longue jouissance duquel il puisse compter. Tantôt l’ouvrier est assez
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riche pour acheter le terrain, c’est l’exception ; tantôt il trouve un propriétaire qui consent un bail amphitéotique, c’est le cas le plus fréquent. Parfois la commun©
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lui concède, sur les propriétés communales, envirno 24 ares de terre; c’est ce qui se passe à Fort-Mardyck.
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L’apentis adossé au pignon' L’échelle mobile servant d’escalier
Qu’est-il besoin d’une maison parachevée quand on a vingt ans la joie au cœur et qu’on saurait vivre d’amour et d’eau fraiche ? Quatre murs et un toit suffisent largement aux jeunes époux qui paieront 400 Ir.
au maître-macon et lui devront le reste, c’est-à-dife une somme à peu près égale.
Mais cette dette est agaçante ; c’est un nuage qui obscurcit la lune de miel : On travaillera d’arrachepied et bientôt le maçon sera payé.
Si on pouvait avoir des poules ? Un treillis en fil de fer autour d’un petit apentis sera la première annexe de la maison. Et puis un bébé est venu ; vraiment la maison n’est pas commode : on prolongera la toiture par derrière, on bâtira au prix de trois ou quatre cents francs une petite muraille pour la soutenir ; voici une cuisine de faite ! Et il manque encore, pour combler les vœux de la ménagère, un four à pain dont la gueule s’ouvrirait dans la cuisine. Allons, remettons-nous au travail ! Il faut avoir un four pour l’an prochain.
Le mari travaille de son métier, à la mer, aux champs, sur le port, à l’atelier ; tout ce qu’il gagne, à part une contribution obligée au cabaret, rentre à la maison ; la femme cultive son jardin pour n’avoir que du lard et des étoffes à payer quand elle viendra en ville. Aussi, elle a pu faire quelques économies eh travaillant accidentellement chez le voisin : tout cela servira à acheter de la couleur pour peindre la maison ou du papier à tapisser pour la décorer. Et de fil en aiguille, sans presque rien dépenser, ou du moins sans qu’il y paraisse la maison prend forme, s’embellit, revêt la personnalité de la famille, s’entoure de giroflées au printemps, de rosiers en été, de chrysanthèmes en automne.
DOCTEUR GUSTAVE LAMGRY
Mais voilà un second, un troisième bébé qui arrivent; les années passent, la famille augmente, la petite fille qui vient de faire sa première communion commence à aider sa maman. Elle a rapporté de l’école un beau Canevas sur lequel elle a brodé au coton ronge les lettres de l’alphabet, un calvaire au milieu et, au-dessous, son nom avec la date de ce chef-d’œuvre; désormais, il y aura une petite ménagère de plus à la maison.
Le père arrive à la pleine forcé, quelques économies se sont lentement amassées à la caisse d’épargne ; la grand’mère, qui .est morte, a laissé « un petit quelque chose » : on va pouvoir agrandir la maison. Le moyen est bien simple ; on doublera la maisun actuelle (Voir le plan).
Plan clés cliffëreatfsphases decorf-rtnictCan delà *LaMardyckaise*
Et qu’a-t-il fallu pour en arriver là ? Tout simplement trouver un coin de terre en bail amphitéotique c’est-àdire rencontrer un propriétaire foncier avisé !
Aussi je viens dire ceci :
A côté des sociétés d’habitation à bon marché, faites donc des sociétés pour louer les terres par parcelles en baux ampliitéotiques : vous ferez éclore des habitations ouvrières tout en donnant des bénéfices à vos actionnaires
Corollairement : obtenez que les Administrations charitables (hospices, hôpitaux, bureaux de bienfaisance, les « fabriques » des Eglises) donnent des baux à long terme et vous verrez surgir des maisons « mardyckoises ».
Ou mieux, à côté des Administrations des hospices et des Administrations du Bureau de Bienfaisance, créez
* Les terres en bail à long terme sont louées chez nous beaucoup plus cher que-les autres.
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donc des « Administrations des terrains communaux » avec mission de mettre des parcelles de terre à la disposition des familles indigentes. Voilà le moyen de repeupler les campagnes, de dégorger les villes, de promouvoir des générations solides, de faire des sanatorium à domicile, de combattre la tuberculose et les fléaux qui sontla conséquence d’une civilisation dévoyée : la faiblesse des tempéraments, la neurasténie, l’impuissance des mamelles, la mortalité des nourrissons et finalement la dépopulation.
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