CHAPITRE I
Climatologie de la Cerdagne
Le climat idéal, pour le traitement de la tuberculose, est celui qui réunit le maximum d'intensité lumineuse, la parfaite sécheresse de l'air, la pureté absolue de l'atmosphère, enfin l'action stimulante et ionique, utile à la plupart des malades.
Seule, la montagne, la haute altitude (de 1000 à 1500 m.) permet de réunir ces conditions.
Cette notion est d’ailleurs si connue que le public lui-même considère les stations suisses, en particulier Leysin, comme le meilleur endroit où l’on puisse guérir de la tuberculose.
Nous prétendors qu'il existe en France une région où le climat est de beaucoup préférable à celui de Leysin : la Cerdagne.
Elle répond à cette définition que donne Dumarest des régions pour sanatoria : « Les hauts plateaux, abrités du vent et ensoleillés ».
Avant de donner les caractéristiques du climat de Cerdagne, nous voulons rapidement rappeler les avantages de l’altitude.
À l'altitude, et loin des fumées de la ville, la teneur du spectre en ultra-violets est plus grande : en raison de la limpidité parfaite de l’atmosphère.
Au spectroscope, la bande de lultra-violet n'est pas plus grande, mais elle est plus intense. C'est pour cette raison que les personnes aux yeux’ irritables doivent porter des lunettes en verre spécial, pour celte raison encore que les photographes doivent réduire la durée de leur temps de pose.
— Comme nous l’avons dit, cette limpidité de l'air tient avant tout à la pureté de l'atmosphère : les poussières, les fumées nées au-dessus des villes, et entraînées par les vents, n'arrivent jamais au dessus de 8oo mètres.
— De plus, dans toutes les régions d'altitude, et — nous le verrons tout à l'heure — en particulier dans la Cerdagne, l'air est d’une très grande sécheresse. Une simple notion de physique élémentaire suffit à faire comprendre cette particularité : la pression b&rométrique étant plus basse, l’évaporation est plus intense. Et les ménagères le savent bien : elles remarquent avec étonnement que le linge étendu sèche beaucoup plus vite qu’à la plaine !
— La pluie est rare en tous temps, dans la plupart des régions d'altitude. La neige tombe en quantité variable suivant qu'il s'agit des Alpes ou des Py-
rénées. Nous verrons plus loin qu'en Cerdagne, cette quantité est minime, à part la région de Font Romeu, où précisément, il s'est établi une station de sports d'hiver.
— Les brouillards sont malheureusement fréquents dans les régions suisses d'altitude telles que Leysin, et même dans certaines régions alpines. On les a qualifiées de « plaie de l'altitude ». Ils sont pour ainsi dire inconnus en Cerdagne.
— Le vent est fréquent en haute altitude. On connaît la nocivité du vent pour le tuberculeux pulmonaire. Il est évident qu'un pays ne sera habitable pour celui-ci, que s’il est parfaitement protégé à ce point de vue.
__ Enfin, en haute altitude, la puissance calorifique du soleil est considérable, ce qui contribue à donner une température moyenne élevée, même pendant les périodes hivernales.
Maintenant que nous avons récapitulé les principales caractéristiques de la haute altitude, nous allons étudier successivement les particularités du climat cerdan : Le meilleur climat d'altitude de France et de Suisse.
D'abord, il ne faut pas oublier que la Cerdagne, la région la plus méridionale de France, bien plus méridionale que les Alpes-Maritimes, est à la latitude de Rome et ceci suffit déjà à expliquer la douceur de son climat.
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L'avrirupe, — Nous rappelons que laltitude moyenne du plateau cerdan est de 1200 mètres.
1150 à Bourg-Madame, 1400 aux Escaldes, enfin 1250 à Osséja, région que nous éludierons particu-
lièrement.
Le vent. — Il souffle quelquefois dans Île centre de la vallée cerdane. Mais, au Nord, les Escaldes, où le Docteur Hervé a installé son sanatorium, et au Sud, la région de prédilection située autour d'Osséjà sont très abrités du vent par des contreforts monta-
gneux.
LE BROUILLARD, — La fameuse « plaie de laltitude » n'existe pas en Cerdagne, et c’est croyons-nous, une des principales raisons qui ont fait se développer cette région.
C’est pour nous un plaisir souvent renouvelé, d’amener nos visiteurs en Cerdagne, en remontant en voiture la vallée de la Têt qui va vers Perpignan.
La vallée, étroite, encaissée, est toujours remplie d'un brouillard épais. D'une façon mathématique, en quelque sorte, au moment où les voyageurs inquiets franchissent le col de la Perche, et où nous annonçons : nous pénétrons en Cerdagne, on sort du brouillard, et on voit le soleil radieux qui luit sur la région.
Cette façon un peu théâtrale de présenter le pays que nous habitons, nous est chère, et nous ne manquons jamais de l’employer auprès de nos amis.
Le brouillard est exceptionnel. La statistique du
Docteur Hervé indique dix jours de brouillard en huit ans. La nôtre, qui ne s'étend que sur une année, nous montre une demi-journée de brouillard seulement.
Autant dire qu'il est inexistant.
L'HYGROMÉTRIE. —- La sécheresse de l'air, nous l’avons dit, est remarquable.
Les maxima moyens, observés en automne varient entre 70 et 78% de vapeur d’eau.
Les minima moyens, observés en été sont de O0
Encore constate-t-on fréquemment des chiffres de ro % et même de 5 %. Ces moyennes sont nettement inférieures à celles des stations alpestres, Suisses ou Françaises.
La TEMPÉRATURE. — La température moyenne minima des mois les plus froids, est de 3°.
Quant à la moyenne maxima des mois les plus chauds, elle ne dépasse jamais 25°, même l'aprèsmidi.
Si l’on prend la moyenne des températures à chaque heure du jour, en été et en hiver, il en résulte les chiffres que voici