‹ Le sanctuaire intérieur du CarmelChapitre 11 sur 46 · ACTE D'ADORATION · texte numérisé non relu

ACTE D'ADORATION

O monument de paix , de force, de courage et de sainteté, comment se fait-il que nous soyons restés si longtemps dans le calme coupable qui nous a laissés surprendre par la plus étrange et la plus ingrate des tentations? O sainte, ô adorable Eucharistie,

comment avons-nous pu consentir h la sacrilège mutilation que t'ont fait subir ceux que nous nous plaisions à regarder comme les sentinelles avancées de l'amour qui t'est justement dû?

O vie divine, nous sommes coupables de cette horrible déformation sous laquelle on te présente à la majeure partie de ceux qui te réclament. O corps sacré de Jésus-Christ, nous nous sommes habitués à t'adorer comme t'adoraient au prétoire les bourreaux qui, après t'avoir flagellé et déchiré, s'agenouillaient devant toi en te vomissant les plus grossières injures et en blasphémant l'auguste divinité que leur voilaient tes traits pacifiques et miséricordieux. Insouciants de ta vie divine, nous avons consenti à recevoir ton corps sans l'animation et sans la vitalité suprême qu'exige le sang qui le féconde et le sustente. Heureux dans notre ignorance , nous avons confondu ta chair adorable avec celle des veaux, des agneaux et des bœufs que se lésait gloire de t'immoler Israël. Nous ne nous sommes jamais arrêtés devant ton droit divin, pas plus que devant ton pouvoir suprême. On nous a dit :

Venez manger la chair du fils de l'homme, et nous ne nous sommes pas demandé pourquoi cette chair , ainsi dépensée, ne présentait à notre raison et à notre coeur qu'une partie de ce pacte sacré dont l'unité souveraine se trouve scellée par ces divines paroles : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie en lui! Comment se fait-il, ô divine Eucharistie, que nous nous soyons abusés si étrangement; qu'en te recevant sous la symbolisa tion d'une chair morte, nos âmes et nos cœurs se soient crus sustentés par la vie divine et glorifiante de celui qui, avant que de mourir, nous affirmait qu'en te recevant nous recevions , — non la chair qui fut exposée sur le calvaire après l'auguste et sacrifiante effusion de son sang rédempteur, — mais cette chair vivante, féconde et animée qui, après s'être donnée à nous dans toute sa virtualité, allait être sacrifiée ensuite pour nous dans la souveraine immolation sans laquelle nous ne pouvions être sauvés?

Ah que nous sommes coupables contre toi, Eucharistie divine! N'avons-nous pas un frappant

et explicite exemple de cette puissance vitale qui se communique, se transmet et se transforme dans l'ordre le plus éclatant de la vie elle-même? Quand le Tout Puissant, l'Eternel, tira Eve d'Adam, Adam ne fut ni mort, ni moindre; et si la toute-puissance du Créateur avait voulu infiniser le mode opérateur et extenso-eréateur, dont il nous donnait un spécimen si péremptoire, où se serait-il arrêté?

Oh! c'est conscienment maintenant que je' te crie grâce et pardon, monument que Ion nomme mystère, et que pourtant le premier livre de Moïse nous montre, dès le commencement de la vie humaine, si peu mystérieux!

O corps sacré, il m'est impossible, néanmoins, de te contempler sans étonnement, sans terreur et sans surprise. Le mystère, pour moi, n'est pas dans la difficulté du fait, il est dans l'abaissement du fait même. Que tout autre que le Fils de Dieu, que l'Eternel coexistant au Père, se soit donné ou ait été donné dans cette forme, je puis le concevoir et le comprendre; mais que le Verbe, la vérité, la vie, la sagesse et la lumière, se soit abaissé jusqu'à cet

ensemençation de lui-même dans des natures si fragiles, si ingrates et si contradictoires, voilà le le heurt pour mon âme et l'invincible obstacle pour mon cœur!

Que l'univers se prosterne avec nous pour t'adorer, ô corps sacré qui, vivant réellement dans l'unité divine de la coupe éternelle que nous possédons, nous fait de rien quelque chose! Gloire à toi, ô coupe bénie et adorée dans laquelle vit pour tous et à jamais le sang qui , d'une partie de la nature adamite, nous forme et nous transforme en celui qui a créé Adam ! Salut ! que nos têtes s'inclinent adoramment et que nos voix ne forment qu'une seule et même voix pour crier aux siècles, aux morts et aux vivants : Amour éternel, dans une éternelle reconnaissance , au pain divin de l'Eucharistie et à la coupe vivante , inséparable et sacrée de la vie eucharistique, Amen, amen* Alléluia, alléluia, alléluia,

OFFRANDE DU PAIN

Eternel Dieu, nos mains s'élèvent en te présen-

tant ce pain par l'unification et l'humaine ténuité duquel nous confessons ton pouvoir suprême, la multiplicité de ta puissance et l'adorable unité de ton essence. Fais de ce pain l'aliment nouveau dont a besoin notre double vie, angélique et humaine, afin que nous soyons toujours prêts et toujours prompts à confesser l'indissoluble unité de cette auguste Eucharistie, dans le monument de laquelle le pain et le vin, consacrés divinement, contiennent pour nous réellement le corps, le sang, lame et la divinité de ton Fils unique Notre Seigneur Jésus-Ch ri s t . Amen .

OFFRANDE DE LA COUPE

O toi, dont la miséricorde et la bonté sont plus élevées que les cieux, Dieu tout-puissant, vérité éternelle, nous te présentons et nous t'offrons cette coupe dans laquelle nous avons versé le vin de notre alimentation terrestre; donne-lui, nous t en conjurons, la propriété que ta toute-puissance seide peut lui donner , afin qu'en le buvant notre double nature se réjouisse dans notre unique personnalité.

Que nos âmes et nos cœurs s éveillent sous la puissance invisible qui émane sans cesse de ton droit divin , et que, transformés comme ce que tu transformas du corps vivant d'Adam, nous soyons tous en esprit et en vérité un seul et harmonieux amour, une seule et glorifiante charité. Amen.

PROFESSION DE FOL

Avec l'apôtre saint Jean, je crois, Seigneur, que vous êtes amour! Je crois que toutes les perfections qui sont en vous sont toutes également infinies et suprêmes. Je crois que rien ne peut vous borner, vous affaiblir, ni vous impossibiliser. Je crois que plus nous nous rapprochons de vous, en fixant cette si admirable définition de : Inneffable Nature , il nous est possible de nous former à mieux et plus parfaitement reréfléchir ce que vous vous êtes plu à rendre çommunicable dans l'ordre transmissible de vos souveraines ineffabilités. Je crois qu'aujourd'hui il nous est plus complètement possible d'établir en nous l'idée et le sentiment même de ces augustes ineffabilités par la clarté desquelles vous

avez toujours voulu vous faire connaître. Je crois que la divine Eucharistie dont il vous a plu de nous enrichir, par l'amour même de votre divin Fils Notre Seigneur Jés us-Christ, nous est le fait et le moyen par la toute-puissance desquels nous pouvons arriver, après vous avoir aimé sincèrement de tout notre pouvoir humain, à vous aimer ensuite immensément jusqu'à l'état divin! Je crois donc, ô suprême, ô ineffable amour, que, tout impénétrable que vous êtes essentiellement, il nous est possible, par la double plénitude de L'amour que nous vous offrons et par la fidélité que nous mettons à conserver celui par lequel \ous nous répondez, d'arriver à pénétrer, quelles qu'en soient les étonnantes profondeurs, les solennelles manifestations par lesquelles il vous convient de nous .prévenir ou de nous gratifier.

O amour trois fois ineffable, c'est ta suprême plénitude, c'est ta permanente avance, c'est ta maîtrise divine qui sont et qui constituent pour nos trop faibles appréciations, la plus renversante

attestation de ton mystère. Ah! pourtant, tu nous

parles si magnifiquement et si éloquemment dans cette grande et permanente prédication de la nature extérieure; tu nous fais depuis longtemps déjà disséquer tant de lois qui nous semblaient même ne pas pouvoir exister! Oh! je le crois, amour divin, nous approchons dune grande phase, d'une grande ère, où tous les enfants des hommes s'assiéront au grand festin préparé pour eux, dès le commencement, par ton ineffable miséricorde, fête sacrée où ton auguste présence sera l'adorable solution de ces innombrables et désolants problèmes, que l'ignorance, le doute, la vanité et la systématique négation, se sont plu à produire contre ce monument divin, dans la grâce et la vie duquel le dominant égoïsme devait nécessairement entrevoir sa ruine! Oh! je le crois; tu ne te riras pas de nous, amour aussi généreux que tu es immense; tu nous couvriras tous de ta pitié divine, et de cette voix qui est tout à la fois lumière et pardon, tu nous diras : Vous croyiez à des êtres qui donnent sans cesse hors d'eux-mêmes sans éprouver jamais aucune diminution; le soleil et quelques fragments de

charbon suffiront alors pour attester que nous trouvions tout simple de refuser à la puissance de leur Créateur ce qu'ils nous démontraient leur être possible charpie jour.

Tu nous demanderas si nous croyions à des êtres qui pouvaient être partout à la fois, et le fluide électrique témoignera que cette illimi table puissance d'ubiquité, que nous avons été forcés de lui reconnaître, lui a été donnée par celui qui; en vertu de la toute-puissance de son amour, est aussi partout à la fois pour sustenter, consoler et encourager ceux qu'il a appelés à communier avec lui. Oh! oui, intelligent et miséricordieux amour, tu nous demanderas encore si nous croyions que des corps tirs pondérables, vus, touchés et palpés pouvaient devenir invisibles à nos yeux, inappréciables à nos sens, et être transportés ainsi invisiblement. Un de nos chimiste se lèvera et nous l'entendrons dire : Que de fois n'ai-je pas placé une coupe de plâtre auprès d'une coupe d'agathe et, remplissant d'eau ces deux coupes qui ne se touchaient pas, je faisais plonger dans l'eau quelques filaments d'amiante,

puis , les soumettant à l'action de deux fils voltaïques, après un peu de temps, -je trouvai dans la coupe d'agathe une forte solution de chaux, et dans la coupe de plâtre de l'acide sulfurique, ce qui était une preuve évidente que la matière de plâtre avait été décomposée et que la chaux avait passé sous une forme invisible d'une coupe dans l'autre.

Oh! pardon, mon Dieu, d'oser entreprendre, à votre autel même, la démonstrative justification de ce pouvoir souverain que la faiblesse des hommes consent à reconnaître dans l'attestant témoignage des choses naturelles, mais qu'ils se croient en droit de nier quand il s'agit de votre amour.

O tout-puissant et aimant amour, je le dis, je le confesse, je l'affirme, je le proclame; l'amour seul te croira, te comprendra et ne s'étonnera que d'une seule chose, c'est que l'on puisse vivre sans te chercher, sans te croire, sans te vouloir, sans t aimer et sans t'adorer. Amen. Alléluia, alléluia, alléluia.

— 8S — PRÉPARATION

A LA CONSÉCRATION DÉPRÉCATOIRE.

Esprit saint, ô puissante et inaltérable lumière, à vous seul appartient de fondre les ombres que le péché a étendues lui-même sur le sens si précieux de notre vue. Brûlez le voile qui est sur nos yeux afin que nous nous retrouvions dans cet état qui nous permettait, aux jours de notre vie originelle des cieux, de voir avec les inénarrables majestés de votre clarté souveraine, les non moins éclatantes merveilles de votre amour! Vous êtes la source intarissable et féconde qui éclaire tous les esprits, et ceux qui ont le cœur rempli de bonne volonté s éprennent de la grâce harmonieuse de vos conseils.

Ali! nous vous en supplions, aidez-nous à nous rapprocher de vos régénérantes vivifications, et faites que par elles nous nous attachions, de plus en plus, aux témoignages si consolants de votre amour.

Frères, élevons nos regards vers celle qui est créditée par tant d'affirmations suprêmes, notre

douce et maternelle protection, notre défense et notre secours. C'est des hauteurs de Sion que l'Esprit de vie aime à faire descendre sur les enfants des mortels ses grâces ineffables de force et de courage. O Mère de pitié et d'intime reconnaissance, levez en ce moment vos mains si pures sur nous et sur l'ensemble de nos frères. Offrez à celui qui n'a jamais cessé d'espérer en vous , la solennelle protestation que nos cœurs et nos âmes viennent prononcer dans ce provictimal sacrifice, contre l'ingrate et sacrilège violation de la divine alliance eucharistique, dont l'amour ineffable du divin Rédempteur s'est plu à nous enrichir. O très sainte et très immaculée Mère, obtenez à notre cœur qu'il mette autant d'ardeur, autant de reconnaissance, désormais, à adorer et à glorifier l'auguste et suprême unité eucharistique qu'il a mis d'indifférence à la voir scindée et mutilée comme elle l'est, hélas! depuis si longtemps!

Que par votre très sainte et très maternelle intercession, ô Marie, notre foi, notre respect et notre amour eucharistiques ne cessent jamais d'être

la glorification solennelle du pain et du vin qui constituent inséparablement la vérité et la vitalité du monument eucharistique; que par une prière constante, par de cordiales et permanentes supplications, nous puissions Forcer le ciel à rétablir, dans toute la société chrétienne, ce que son ineffable bonté a rétabli déjà, depuis quelques années, au milieu de nous. Amen.

Maintenant j'ouvrirai ma bouche, 6 Eternel, pour implorer, au nom de tous, ta divine grâce: mes lèvres se réjouiront de servir à prononcer les saintes paroles que tu fournis toi-même aux besoins expansils de notre reconnaissance; ma langue dira toujours avec bonheur ce qui sera capable de mieux peindre ton amour. Je ne chanterai pas en ta présence aujourd'hui, et mon Verbe ne portera pas à rassemblée des anges et des saints, qui peuplent tes resplendissantes demeures, les joyeux accents de ces cantiques dont nos jours de fêtes ont été gratifiés. Gomment se pourrait-il que nous lassions entendre des chants d'allégresse, nous qui venons pleurer sur ces malheureux jours où nous ne fai-

sions qu'une même voix avec ceux qui nous habituaient à violer la sainte et auguste unité de l'alliance éternelle , que le grand Verbe de l'Evangile ne cessait pourtant de nous crier avoir été instituée pour demeurer toujours inviolable ! En effet, nous lisons au livre sacré ces divines paroles :

ce Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous! Celui qui mange la chair du Fils de l'homme et qui boit son sang a la vie en lui, et il ne mourra point! La chair du Fils de l'homme est vraiment une nourriture, et son sang est réellement un breuvage, n

Mon Dieu, comme les enfants d'Israël, nous sommes forcés de nous écrier devant la profanation à laquelle, si longtemps, nous prîmes part: Oh! sans doute, nous étions liés au péché de nos pères pour que ces textes lumineux, conservés par l'apôtre saint Jean, n'aient produit pour nous qu'une épaisse et successive obscurité!

La chair du Sauveur est vraiment une nourriture, et son sang est réellement un breuvage!

Impassible de se méprendre : une part de la divine Eucharistie se mange et l'autre doit incontestablement se boire! Une |>art du monument de vie est vraiment un aliment qui nourrit , et 1 autre part est réellement un breuvage qui fortifie.

Le divin testateur la prouvé lui-même d'une manière qui ne permet aucune controverse : ce Prenez et mangez, dit-il, ceci est mon corps qui est donné^QUY vous, mais non qui est mort pour vous. » — Puis aussitôt, prenant la coupe remplie de vin, il continue l'acte suprême, la divinisante institution : « Buvez tous à cette coupe, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour la rémission des péchés» , ce qui prouve qu'il ne Pétait point encore, nous l'affirmons de nouveau en votre divine présence, ô mon Dieu!

La communion eucharistique du corps et du sang du Sauveur n'est pas un monument de mort, mais une assurance, une garantie, un triomphe de la vie sur la mort. Par cette communion, nous annonçons que l'amour du Seigneur l'a conduit à se donnera nous dans sa vie, pour nous préparer

aux bénéfices et à la reconnaissante promulgation de son consentement à la mort. La vie agit différemment que la mort, la vie en Jésus-Christ est un banquet dans lequel l'être se développées étend, se fortifie, se justifie et s'immensifie! Le banquet de la mort, nous savons ce qu'il est : le solde du péché. La mort prend nos corps et les sert en pâture à tous les règnes mortels de la nature; la terre reprend ses droits!

La vie eucharistique se transforme et transforme. Elle vivifie, elle illumine, elle éternise!

O Seigneur, vous êtes la prévoyance même! Après le grand et salutaire sacrifice de notre aimant Rédempteur, l'apôtre saint Paul se place entre le fait accompli de la divine Eucharistie et l'ignorance cle ceux qui n'osent peut-être pas encore s'élever jusqu'au bonheur de le comprendre. Que chacun de vous, dit-il aux insouciants bénéficiaires de la communion avec la vie éternelle, ce que chacun de vous s éprouve lui-même, puis ensuite qu'il mange de ce pain et boive de ce calice *» .

Ah! c'est que, communiant avec Jésus-Christ

votre divin Fils, dans la vie manifestative avec laquelle il a établi cet indicible moyen divinisateur, nous communions avec la pureté et les affinités conservatrices qui tempèrent les affadissements; les défaillances, les viciations particulières et générales engendrées, dans notre chair et dans notre sang, par le péché. En communiant avec Jésus- Christ et de Jésus-Christ même, nous entrons en participation immédiate avec toutes les vertus et toutes les saintetés possibles. Communiant avec Jésus-Christ et de Jésus-Christ avant sa mort, nous communions avec tous les généreux dévoûmenls, avec tous les magnanimes courages , avec la véritable liberté dans la vie et dans la mort; nous communions avec tous les grands ordres de la nature, avec toutes les universelles obéissances; nous communions avec tous les anges pour les glorifier, pour nous les rendre propices; nous communions avec tous les saints pour achever le diadème de reconnaissance unionelle qu'ils ont commencé ; nous communions avec tout ce qui souffre pour approcher près de toute souffrance et de toute

douleur, non une médiation et une consolation éphémère , mais une guérison et une consolation radicales et divines! Nous communions avec Marie et nous devenons ses fils sacrificateurs et sacrifiés; nous communions avec toutes ses grandeurs maternelles, ce qui nous replace à l'état de complète possession d'une humanisation véritablement universelle.

Ah! pain divin, avec toi, nous élevons toute la pâture matérielle à l'auguste transformation de substance spirituelle!

O coupe sacrée, ô vin vivificateur, en communiant avec toi, nous rapprochons, par ta suprême et éternelle fermentation, notre terre des cieux, les abymes des plus hautes splendeurs, et nous fondons la mort dans la vie.

Avec toi, ô pain divin, nous communions de corps à corps et avec tous les corps, d'âmes à âmes avec toutes les âmes. Avec toi, ô coupe d'amour, ô dilectante ambroisie, nous communions d'esprit à esprit, et avec tous les esprits. Avec toi, unité adorable de la vie eucharistique, nous commu-

nions directement avec Dieu, et avec tout ce qui plaît et peut être aimé de la divinité!

Je puis donc maintenant, ô vie eucharistique et trois fois sainte, assurer à mes livres et à moimême que, non-seulement nous allons être entendus des anges, mais que Dieu lui-même va agréer et glorifier la consécration que nous allons prononcer sur les mortelles et timides offrandes, figurées par ce pain et par cette coupe. C est pourquoi nous allons fléchir nos genoux, comme si nous étions présents devant son trône, et, sans trembler devant les innombrables archanges cjui l'entourent, nous dirons aussi solennellement et aussi véritablement queux :

Saint, saint est le Seigneur! Saint est son nom, trois fois sainte est sa parole! C'est à nous, comme à nos pères, qu'il a dit : ce Réjouissez-vous, je ne violerai pas ma promesse, et je ne rendrai pas inutiles les paroles qui sont sorties de mes lèvres! Je vous conserverai ma miséricorde! Si vous êtes fidèles à garder l'alliance que je vous ai proposée, vous fleurirez comme le palmier, et vous vous multiplierez comme le cèdre du Liban. Amen.

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