DANS LA DIVINE EUCHARISTIE
POUR LA SACRILÈGE EXCLUSION DES FIDÈLES A LTAUGUSTE ET SALUTAIRE PARTICIPATION DU CALICE
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
O vous tous qui aimez Notre Seigneur Jésus- Christ, et qui venez adorer sa divine présence dans l'auguste et solennelle unité du sacrement eucharistique, nous vous rappelons que nous venons tout particulièrement, aujourd'hui, au pied de cet autel pour répondre à cette plainte si prévenamment amoureuse de notre divin Maître, adressée par lui à son serviteur, dans là nuit du 6 Septembre 186S, et conçue en ces termes:
ce Elie, vous vous êtes réjouis et vous m'avez rendu grâce de ce que j'ai remis devant vos cœurs les bienfaits et les glorieux avantages de ces heures
saintes dans lesquelles, chaque mois, vous pouvez maintenant vous unir avec la plus fructueuse intimité à l'esprit saint de ces dispositifs si douloureux cl si terribles qui ont eu pour terme délivrant et salutaire mes souffrances et ma mort, ainsi que les inénarrables déchirements du coeur de ma très pure et très immaculée Mère. J'attendais de votre loi, des illuminations dont je n'ai cessé de prévenir cl d'éclairer vos consciences; j'attendais, surtout de cet amour que vous confessiez si souvent avoir pour moi, que vos coeurs appelassent, des divines gratitudes du mien, la réparatrice érection d'un jour spécialement consacré à pleurer, devant mon Père, devant Moi et devant mes saints, ce crime des crimes qui se renouvelle permaneinment contre ce mystère qui est la preuve la plus sacrée de mon dévoûment et de mon amour pour tous les enfants des hommes.
ce J'ai voulu vous former et vous instruire avant d'exciter en vous la demande explicite de la solennelle réparation à l'ordre effectif de laquelle je viens moi-même vous inviter aujourd'hui!
ce La justice de mon Père peut, d'un jour à 1 autre, peser de son poids suprême sur les choses terrestres et sur l'ensemble des provocations humaines, quelles ont, depuis plus longtemps déjà, honte de servir. Mes regards se sont arrêtés sur. vous pour établir un suppliant contre-poids à cette justiciabilité qui a, comme toutes les perfections divines du Père céleste, ses rigoureuses exigences. L'appel que vous pouviez me faire, et que mes miséricordieuses compassions vous adressent maintenant, n'est nullement sollicité par ma gloire, ni par celle de mon Père. Celle que je proclamai, du haut de ma croix, votre Mère et la gracieuse méditation contre les perpétuelles responsabilités qu'imposent à la loi de votre paix le sacrifice expiateur, sans la juste application duquel vous ne pouvez être heureux, m'a, depuis la consécration du Pontife de témoignante constance, supplié chaque jour de vous obtenir, de l'ineffable pitié de mon Père, cette grâce de sursis, cette aide nouvelle, ce nouveau et protégeant secours.
ce Prenez le premier jeudi de chaque mois, et
parmi les heures du soir, choisissez celle qui vous mettra le mieux à même de vous rappeler cette heure où mon amour sans bornes vous laissa , dans l'auguste monument du pain et du vin eucharistiques, le plus grand des bienfaits et le plus divin des secours. »
Le Fils du Très-Haut ajouta :
ce Elie, jeelairerai ton intelligence, ton âme et ton cœur afin que, dans la forme et dans l'esprit de votre Sacrifice Provictimal, tu puisses peindre les édifiantes et rationnelles considérations au moyen desquelles chaque ame et chaque cœur soient mis à même de comprendre la justice et l'opportunité de cette offrande réparatrice et salutaire. Que ce que votre amour pour moi n'a pu encore éveiller en vous puisse être activement éveillé par la consolante pensée que, la réelle et vivante efficacité de cette réparation provictimale est un des moyens les plus véhéments qui vous est donné pour être, dans la sainte défense de vos frères, ce qu'il est dit de Jacob quand il prit le nom d'Israël, c'est-à-dire fort contre Dieu! »
Le serviteur du Très-Haut s'humilia devant l'ineffable prévenance de son Dieu et il commença ainsi l'ordre et la confiante supplication réparatrice de ce provictimal sacrifice :
O vous tous, dont les cœurset la foi ne font qu'un avec notre foi et avec nos coeurs, courbez votre tête et offrez vos pleurs comme nous offrons les nôtres devant l'infinie bonté qui nous rassemble au pied de son autel. Présentons-nous à lui aujourd'hui, dans sa sainte maison , comme de suppliantes victimes se donnant d'elles-mêmes aux miséricordieuses satisfactions de sa divine justice. Celui à qui nous avons le bonheur de nous offrir, nous a fait connaître depuis longtemps que, comme un père plein de tendresse et de compassion pour ses enfants, il répondra à nos humbles prières, et qu'il oublierait plutôt sa droite, que de nous retenir sa grâce et son secours lorsque nous nous retournons vers lui.
En vous seul est notre espoir, ô Dieu infiniment bon; vous aurez encore pitié de nous et vous ne repousserez pas la prière et la siipplication que vous adresse notre sincère repentance. Vous couvrirez,
avec nos propres péchés contre la sainteté miséricordieuse de votre divine alliance, les péchés de nos frères avec lesquels nous confessons solennellement notre incontestable Solidarité. Si, au milieu de nos frères, nous osons élever notre voix, ô Dieu d'inépuisable pitié et de surabondante compassion , c'est parce que nous savons qu'éclairés de cette pure lumière qui nous éclaire maintenant, la prière de leur coeur passera dans notre permanente prière. C'est pour tous que nous sommes entrés dans vos divins parvis, afin de couvrir de nos gémissements l'autel et la coupe sacrés qui nous rappellent chaque jour, avec une si énergique insistance, la part que nous avons si malheureusement prise à la séparation et à la criminelle violation de votre éternelle alliance.
Ah! Seigneur, délivrez-nous du poids accablant de ce pacte impie auquel l'enfer nous a fait consentir, ou auquel nous avons adhéré depuis si longtemps au préjudice de la divinisante sainteté de votre personnelle alliance! Mettez en nous votre divine lumière afin que nous puissions éclairer
ceux qui vivent encore dans l'aveuglement routinier qui domina si puissamment les premières fructueuses réflexions de notre raison, ainsi que la cordiale ferveur de nos plus belles années. Que votre miséricordieuse clémence descende comme une rosée féconde sur toutes les plaies de notre âme, et que votre généreux pardon nous relève de l'ingrat abaissement auquel se sont livrés nos cœurs. Permettez-nous de nous préparer, par cette divine prière, à recevoir présentement votre miséricordieuse grâce et votre surabondant pardon :
ce Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne nous arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ; donnez-nous aujourd'hui notre pain supersubstantiel; pardonnez-nous nos péchés comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et ne nous laissez pas surprendre par la tentation , mais délivrez-nous du mal. Amen. »
L'assistant ou les assistants , appartenant au pontificat divin , se lèveront , et , les mains étendues sur le Pontife qui célèbre vocablement, prononceront ces paroles absolutrices :
Rappelez-vous, 6 notre frère, que le Seigneur est toujours proche de celui qui offre ses larmes. Vous savez quil se plaît à couvrir de sa lumière ceux qui pleurent devant lui leurs erreurs, leurs transgressions et leurs péchés.
(Test pourquoi, dans l'auguste investi turc de sa miséricorde ineflàble, nous prononçons sur votre aine, sur votre esprit, sur votre cœur et sur votre vie le pardon généreux par lequel la bonté divine vous rétablit dans la paix fructueuse et vivante de sa divine alliance. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Le Pontife dans l'ordre divin se lèvera à son tour, cl, les mains levées, prononcera sur ceux qui forment sa pontificale assistance, ainsi que sur tous les assistants, ces paroles sacramentelles :
L'Eternel Fa dit à David : ce Je revêtirai mes ministres dune vertu salutaire et je les ferai la lampe de mon Christ. Je les formerai dans ma justice, et la parole que je mettrai dans leur bouche portera la joie au coeur de ceux que je veux sanctifier. »
Celui qui parlait ainsi au roi-prophète m'a
ordonné de vous dire aujourd'hui : Le Seigneur notre Dieu a choisi ce jour pour en faire tout particulièrement un jour de grâce et de pardon; c'est pourquoi, en vous bénissant dans sa maison sainte, il vous affirme, par mon Verbe, qu'il en est maintenant de vos péchés confessés comme de la fumée qui disparaît sans laisser de traces, et de vos solidarités accusées comme de la cire consumée par le feu.
Que la joie de votre déliement rafraîchisse votre âme, et que vos cœurs se souviennent qu'ils sont rentrés maintenant dans la plénitude souveraine des bienfaits de l'alliance divine.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.