‹ Le sanctuaire intérieur du CarmelChapitre 14 sur 46 · COMMUNION DE LA COUPE · texte numérisé non relu

COMMUNION DE LA COUPE

Que nos cœurs reçoivent par cette coupe la grâce et la vie de la charité.

PREMIÈRE ACTION DE GRÂCES

Que vous êtes bon, Seigneur. Vous avez nonseulement agréé notre fraternelle offrande, mais, par cette grâce infinie qui n'appartient qu'à votre amour, vous avez substitué à la trop réelle insuffisance des victimes, l'auguste et méritante vielimalité de votre divin Fils. Que mille bénédictions montent vers toi,ô Sauveur des hommes, oie plus ineffable et le plus glorieux amour! Comment t "adore rai-je maintenant chair sainte, pure, chaste et sacrée de mon Sauveur; chair formée dans le \ ivant tabernacle de la Fille du Très-Haut! Je veux qu'en l'adorant, mon coeur et mon âme s alïament de les propriétés salutaires, incorruptibles et régénérantes.

O vin, qui devient le sang formé par le sang même de la mère de mon Dieu, je veux que mon e&prit, mon âme et mon coeur s'altèrent intelligemment, amoureusement et ardemment de lïmmortalité et de la glorifiante divinité que tu communiques. Que maintenant, et jusqu'à l'arrivée du véritable Roi de gloire, nous ne cessions jamais

de répéter ce cri qui fit tant de martyrs et tant de bourreaux dans l'eucharistique Bohême : ce Rendez aux enfants du Seigneur la coupe divine de son alliance, afin que partout elle soit dispensée et adorée. ?> Réponse générale : Ameii, amen, amen.

BENEDICTION

Que la grâce de l'amende honorable, que nous venons de voir agréer par Notre Seigneur Jésus- Christ dans la dispensation du pain et de la coupe auxquels nous avons pris part, nous soit à tous et pour tous une sainte, relevante et justifiante bénédiction, animant en nous la joie et le bonheur de faire partager à nos frères la miséricordieuse et ineffable faveur dont chacun de nos jours sont si généreusement gratifiés.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

DERNIÈRE ACTION DE GRACES

O Jésus-Christ, ô mon bon et miséricordieux Sauveur! c'est à vous que se rapportent, assuré-

ment, les saintes paroles du psalmiste, lorsqu'il s'écrie : ce Heureux l'homme que vous instruisez vous-mêmes, heureux celui a qui vous apprenez votre loi! » Tout ce qui vient de vous est vérité et justice; la connaissance de vos décrets rend notre cœur plus stable et plus confiant. Tout ce que vous avez voulu, et tout ce que vous voulez, n'est que pour nous établir plus certainement dans la si favorable puissance qui naît de votre amour. Non-seulement vous aimez que nous sachions que votre divine miséricorde nous a rachetés, mais vous voulez que nous comprenions 1 immense et consolant bienfait de l'éternelle alliance que vous avez si prévc imminent mis à la disposition de chacun de nos cœurs. Non-seulement toute la nature humaine es! nécessairement conviée à la solennité et à la gloire de cette divine alliance, mais toutes les lois de la nature universelle y sont saintement intéressées.

Le pain que le Seigneur daigne changer en son corps adorable est semé, soigné, coupé, battu, moulu et manipulé par l'homme. Il n'est pain, qu'imprégné de tous les arômes et de tous les flui-

des de la vie -humaine, et souvent quelle vie! Le vin est aussi tout saturé de l'action des intérêts et des lucratives espérances de notre vie humaine. Le choix seul que le divin Sauveur en a daigné faire semble en être déjà la plus manifeste purification. Dès l'instant où Jésus-Christ daigna faire ce choix si consolant pour nous, il entrait dans la correspondance sanctifiante de notre labeur, de nos sollicitudes, de nos transactions et de tous nos rapports sociaux. En prenant le pain et. le vin, qui servent chaque jour à notre nourriture corporelle, il nous prouvait le respect et la considération sainte qu'il avait pour nos corps. Dès lors, ce très aimant et très miséricordieux Sauveur, sacramenta, dans chaque corps substantiel qu il choisissait pour constituer sa vivante et éternelle alliance eucharistique, notre double substance spirituelle et corporelle.

Le pain et le vin, sanctifiés et divinisés ainsi, perdaient nécessairement leur viciation imposée par notre première et continuelle révolte : les malades devaient y trouver la seule et parfaite guérison; les faibles, la force pure et réelle; les aveu-

gles ? la vraie et régénérante lumière; les affligés, la douce et relevante consolation; les pécheurs, cette sanctification qui prévient, qui affermit, qui dirige et qui guide; les justes, le moyen le plus parfait pour édifier, attirer et encourager ceux qui sont encore inconscients de la véritable justification.

Dans la divine Eucharistie, ô bon et divin Jésus, nous désanimalisons la part de notre vie qui, trop souvent hélas, est bien plus animale qu'il n'appartient à notre nature.

Oh! c'est avec un ineffable bonheur due nous pouvons dire avec le roi-prophète : « Votre autel. Seigneur, est maintenant une table dressée devant moi contre tout ce qui me tourmente, et je trouve dans votre calice une grâce admirable qui, tout à la fois, me réjouit et me captive! m Ces autres paroles sont bien saintement réalisées : ce Les enfants des hommes seront un jour enivrés de la suprême abondance dont l'Eternel a enrichi sa maison, et c'est alors qu'ils boiront à la coupe de ses déliqps. »

Vous avez pris le pain de la terre, ô Seigneur

notre Dieu, et du vin qui réjouit le coeur de l'homme, vous en avez fait un monument d'intime consolation et la visibilité de votre alliance éternelle. Oh! merci, Seigneur! merci, Dieu bon! En sortant de votre tabernacle notre coeur peut -s'écrier avec une raison bien plus divine que Salomon dans son Cantique des cantiques : ce J'ai bu du vin de ses celliers immortels et j'ai senti mon coeur tout brûlant du feu divin de son éternel amour. »

Saintes et glorieuses paroles de Zacharie, j'aime à vous entendre et a vous lire. Il ne pouvait vous comprendre comme nous, ce peuple à qui vous disiez si solennellement : ce Qu'est-ce que le Seigneur peut donner de plus excellent à ceux qu'il aime, sinon le froment des élus et le vin qui fait germer les vierges? ?>

La coupe sacrée de la divine Eucharistie nous transforme en celui qui est la source féconde et éternelle de la véritable toute-puissance. De même qu'une goutte d'eau mêlée à une certaine quantité de vin se trouve convertie en vin par l'empire dont la couvrent, à nos sens, la supériorité et l'étendue de

la substance à laquelle elle est unifiée, de même aussi, ce n'est pas nous qui convertissons en nous l'auguste Eucharistie, ainsi que nous faisons des choses mortes que nous mangeons; mais c'est elle, c'est Jésus-Christ qui nous convertit en Lui, parce quil est vivant et immense! C'est pour purifier et immortaliser notre corps que nous mangeons la chair du Fils de l'homme, de L'Homme-Dieu; c'est pour sanctifier notre âme que notre vie est appelée alors à s'unir à sa vie divine. C'est pour nous rapprocher des inefïhbilités suprêmes du bonheur éternel que nous buvons dans la coupe sacrée ce sang divin qui, des plénitudes souveraines de son adorable humanité, nous emporte et nous unit aux toutes-puissantes affinités de son auguste et éternelle divinité.

Gloire à vous, ô Jésus-Christ; gloire à vous dans la divine Eucharistie! Gloire à vous dans l'union inséparable et éternelle que vous nous avez donnée pour être notre vie avant de nous donner pour Mère la très pure, très sainte et très immaculée Marie, votre très divine Mère. Amen, amen, amen.

SACRIFICE PROYICTIMAL

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