ACTE D'ADORATION
L'assistance se tiendra debout durant cette prière :
Levons-nous tous comme sont lèves, devant le troue de l'Agneau divin, les saints vieillards dont parle si magnifiquement le grand voyant de l'Apocalypse. Adorons d'un même cœur et d'un même esprit celui qui, caché sous les caractères sacrés de nos divines hosties, ne cesse de nous prévenir de son amour et de nous affirmer, par les plus consolantes images, tout le crédit qu'il nous donne sur sa miséricorde souveraine. La vie de notre Sauveur est devant nos yeux, ses compassions pour nous, toujours prêtes à Taire naître et à éclairer les nôtres, sont écrites en lettres de sang! Que peut nous refuser celui qui vient vivre avec nous dans cette constante attitude d'expiation et de supplication?
Adorons donc, avec tous les sentiments les plus reconnaissants et les plus pieux, cette générosité sans bornes, cette inépuisable ineffabilité vivant continuellement avec nous, pour nous aider à supporter le poids du jour et pour nous veiller comme un ami et comme un frère durant la nuit.
Que le sang qui coule dans nos veines , que les battements de notre coeur, que les plus profonds soupirs de nos âmes, et que toutes les aspirations de notre esprit soient une action de grâces solennelle et comme la voix d'un éternel cantique ré- , pondant à la vie de ces paroles : Gloire, honneur, amour, louange et bénédiction au très prévenant et très fidèle amour de notre bon Sauveur, dans l'adorable et régénérante alliance eucharistique. Que son aimant et divin cœur ne cesse ni jour ni nuit de nous apprendre à lui offrir et à lui consacrer les nôtres. Amen, amen, amen. Alléluia, alléluia.
OFFRANDE DU PAIN
Dieu de paix infinie, et d'infinie miséricorde, en
vous présentant ce pain qui nous vient de vous par le ministère de la terre, nous vous conjurons de l'agréer comme la symbolique offrande de notre reconnaissance pour tout ce qui nous vient de vous, et aussi comme une témoignante oblation de tout nous-mêmes, au nom de ces générations fraternelles qui ont rendu aux entrailles de la terre ce que vous aviez vous-mêmes tiré d'elle pour eux. Agréez-nous, ô Père très saint, car nous savons que votre agrément actuel de notre pâle offrande sera une source nouvelle de paix, de consolation et de secours pour nous, ainsi que pour tous les morts. Amen, amen, amen,
OFFRANDE DE LA COUPE
Dieu tout-puissant, pardon ineffable et inépuisable clémence, nous ne faisons qu'un cœur et qu'une âme pour vous présenter cette coupe symbolisant l'offrande libre et volontaire de notre vie, que nous sommes heureux de vous consacrer en reconnaissance de tout ce que votre constante bonté n'a pas cessé de faire pour nous depuis que nous avons été
si magnifiquement gratifiés du consolant bonheur de vous connaître. Que le miséricordieux agrément de cette infime offrande soit couvert des mérites divins de Notre Seigneur Jésus-Christ, votre éternel Fils, afin que tous les morts, pour lesquelsnous vous prions, soient délivrés des liens de leurs péchés, des solidarités du péché et des innombrables satisfactions provenant de la servitude du péché. Amen, amen, amen.
PROFESSION DE FOI
Je crois, ôDieu tout-puissant, qu'il y a toujours en vous une invariable sagesse, une juste, imbornable, inaltérable et éternelle harmonie. Je crois que vous êtes bon au-dessus et par-delà toute excellence conçue, pensée, comprise ou connue de vos meilleures créatures.
Je crois que votre amour est sans bornes , sans limites, sans faiblesses, sans partialité et sans muabilité. Je crois que votre justice est sainte, profonde, lumineuse, impartiale et autant supérieure à l'idée que nous nous en faisons que votre puissance de voir Test à la nôtre.
Oui, je crois cela, mon Dieu, et c'est ma force au milieu des contradictions de mon existence humaine; c'est ma consolation au milieu de ces innombrables épreuves p#ar où mon cœur est contraint de passer chaque jour; c'est mon courage dans les luttes permanentes auxquelles mon péché et mes péchés mont assujetti; c'est ma confiance dans le travail de ma vie et en face de ces immenses ténèbres qui 1 entravent.
Je crois que vous m'avez aimé avant de me créer, en me créant et après m avoir créé. Ouï, je crois cela, ô mon divin (Iréaleur, ô mon Père, et c'est là ce qui grandit mon espérance; c'est là le phare qui éclaire la nuit de mon âme, les ombres épaisses qui, si souvent, comme des nuées vagabondes, viennent si tristement envelopper mon coeur.
Je crois que ma faiblesse, mes doutes, mes craintes du présent et de l'avenir, mes inquiétudes et mes anxiétés devant la vie et devant la mort, naissent, se fortifient, grandissent et me dominent à mesure que je vous crée à mon image et sem-
blance, ou à l'image et semblance des autres mortels.
Je crois, ô mon Seigneur et mon Dieu, ô mon Maître et mon Père, que, si nous étions plus fidèles à étudier la vie enseignante, exemplaire et pratique de votre divin Fils Notre Seigneur Jésus- Christ, nous serions, quoiqu'avec les mêmes maux, les mêmes épreuves et les mêmes perplexités, moins abattus, moins vacillants, moins craintifs et moins malheureux.
Je crois que nous nous faisons un grand tort en ne nous familiarisant pas assez avec les divines paroles de notre bon Sauveur. Si nous nous disions plus souvent ce qu'il a mis tant d'amour à nous dire dans ce texte évangélique rapporté par l'apôtre saint Jean, texte si précis, si simple, si affirma tif et si clair : ce Qui me voit, voit mon Père qui m'a envoyé! »
Ah! Seigneur, notre vie et notre mort, notre sympathie, notre affection et notre attachement pour ceux que nous ravit la mort ne seraient plus un trouble, une accablante appréhension. Ce qui
ses! lait en Jésus-Christ, par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ nous créditerait dans ce que vous faites, voulez faire et ferez pour nous jusque pardelà le tombeau, dans lequel nous devons descendre un jour. Jésus ayant été semblable à nous dans sa mort, nous montre que sa grâce divine, d'accord avec vous, nous fera semblables à lui dans sa vie.
Oui, je le confesse en vous rendant actions de grâces : tel le racheteur, tels les rachetés! Semblables à lui, moins les attributs divins, Jésus est mort, Jésus est ressuscité, et comme il a porté notre image en sa mort, en la vie qui naît de sa mort nous porterons son image. '
Je sais, mon Dieu, que le péché vient souvent provoquer ma faible raison et se mettre entre mon espérance et ma foi, mais vous avez tenu à me rendre fort contre les menaces de mon péché, contre mon ignorant raisonnement et même contre ce que je prends souvent pour l'éloquente interprétation de votre divine justice. Ce tableau que l'Evangile consolateur met sous mes regards, avant la
mort de notre bon Sauveur, ce sommeil si calme, pendant l'agonie de Jésus, cette fuite, cet abandon, ce reniement accompagné d'imprécations et de blasphèmes, ce que le meilleur des hommes eût flagellé de ses reproches, de son indignation, de l'amertume de son coeur, tout cela est enveloppé dans les crucifiantes douleurs de votre divin Fils, avec la cruelle impitoyabilité de ses bourreaux; et sur ce dégoûtant et révoltant ensemble tombent, comme un bain de purification et d'entière destruction, ces paroles du rachetant martyr : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font! » Père, il est impossible de s'y tromper, cette parole éfeit parfaitement la divine application de la vôtre, je vous reconnais en elle! J'ai lu le livre du prophète Jonas, et le Verbe qui appelait du haut du sanglant calvaire votre plus généreux pardon sur ses disciples et sur ses bourreaux, ressemble infiniment à celui qui disait au prophète ninivite : « Et moi, je ne pardonnerais pas à une multitude qui sait à peine discerner sa main droite de sa main gauche! »
Peinture complète de noire vie enchaînée dans le doute, l'incertitude et 1 ignorance!
C'est encore la même puissance, la même pitié, la même miséricorde qui nous fait crier par Isaïe : « Vos constantes amertumes sont comme le feu cpii épuré vos âmes! Les compassions du Seigneur vous en tiendront compte et porteront sa miséricorde à jeter derrière lui tous vos péchés. » Le prophète. Seigneur, entendait déjà ce grand cri de pardon, que votre divin Fils vous adressait de sa mortelle agonie, bien plus comme le dû de ses souffrances, que comme une imploration. Tl avait sans doule assisté, dans la suprême visibilité de votre connaissance éternelle, à ce solennel consommation es/ que nous n'avons point encore entendu nousmêmes. Car, droit, non comme 1 espérance, mais comme la certitude, il nous affirme, au quarantecinquième chapitre de son livre divin, que ce la terre a reçu de son Dieu l'universel salut; que nous ne serons point confondus et que nous ne rougirons pas de honte dans les siècles éternels. »
Il va plus loin! Pour nous éviter une fausse ou
trop scrupuleuse appréciation de l'esprit qui passe par son Verbe : ce Admettez, dit-il, qui! soit possible à une mère d'oublier le fils qu'elle a enfanté; le Seigneur vous l'affirme, lui ne vous oubliera pas! » La preuve, ce c'est qu'il précipitera la mort pour jamais; qu'il séchera les larmes de tous les yeux. Ne doutez pas, le prophète ajoute : C'est le Seigneur qui a parlé. »
Vous nous l'avez dit, Seigneur, par notre divin Rédempteur ; ce Un seul témoignage ne peut pas toujours suffire. ?> Aussi prenez-vous le prophète Osée pour attester, plus énergiquement encore, la consolante parole d'Isaïe. Le fils de Béeri, subjugué un instant par l'insondable ineffabilité des paroles dont votre esprit divin trempa son Verbe, dut paraître transformé lorsqu'il s'écria, devant la couche des morts sur laquelle se heurtent les vivants : Fils des sépulcres, et vous dont la poussière ira rejoindre leur poussière, voici ce que vous fait dire, dès maintenant, l'Eternel : ce Je vous délivrerai de la puissance de la mort, je vous arracherai à la mort! O mort, je serai ta mort; ô enfer, je serai ta ruine! »
Merci, Seigneur! notre prière aujourd'hui sera plus forte, plus hardie, plus complète. Comme votre divin Fils est mort et ressuscite, nos frères, pour le secours, laide et la délivrance desquels nous prions, sont morts et ressusciteront! Comme Jésus a reconnu ses disciples après avoir quitté le tombeau, et queux-mêmes font complètement et généralement reconnu, nous reconnaîtrons un jour nos frères morts, et eux également nous reconnaîtront. Comme en paraissant tout à coup aux regards de Marie-Magdeleine, lorsqu'elle pleurait si amèrement sur cette aimante visibilité que lui avaient ravie ensemble la mort et le sépulcre, Jésus lui dit avec la plus ineffable douceur : ce Marie! » nos morts, aimés et .pleures, viendront à nous en nous appelant mélodieusement et amoureusement par le nom que nous portions quand ils nous connurent! Comme l'heureuse Magdeleine qui, à la divine parole de Jésus ressuscité, reconnaissant son Sauveur et son Dieu, s'écria, consolée et ravie : ce Mon bon Maître! *> nous aussi en revoyant nos chers bien-aimés, revenant à nous du monde des
morts, nous nous écrierons, la joie dans notre coeur et le ravissement sur nos traits : Ma mère, mon père, ma femme, mon époux, ma fille, mon fils, mon frère, ma sœur, mon ami, mon amie! Amen, amen. Alléluia, alléluia, alléluia.
PRÉPARATION
A LA CONSÉCRATION DÉPRÉCATOIRE .
, Que vos œuvres sont magnifiques, ô Seigneur notre Dieu; que vos pensées sont sanctifiantes et profondes! Qui est semblable à vous, puissance souveraine, qui descendez jusqu'à nous arracher au trouble et au doute que nous vous avons pourtant, hélas, si souvent préférés! Quoi, vous ne redoutez pas que notre espérance et notre sécurité, mieux affermies, nous deviennent un nouveau sujet d'audace et d'ingratitude! Où trouverons-nous assez de science et assez d'amour pour chanter votre bonté, votre ineffabilité et votre paternelle clémence ?
Seigneur, Dieu de nos pères, nous vous renouvellerons nos fraternelles instances, et les intimes
supplications de nos coeurs*, pour tous nos frères el pour tontes nos soeurs cachés à nos sens par le si grand et si lugubre linceul de la mort.. Ah! puisse ce sacrifice, que vos miséricordieuses paroles ont déjà'si saintement éclairé, trouver grâce devant vous! Nous savons, parles aineres douleurs de ceux qui nous ont précédés dans la tombe, combien ce moment de la séparation de vos enfants est triste et redoutable. Ceux pour qui nous vous crions grâce ont subi plus ou moins les intraduisibles déchirures qu'amène charpie jour avec elle celle désolante séparation.
Permettez-nous , ô bonté souveraine, de vous rappeler, par notre prière, cette solennelle douleur qui s'exhala du coeur de votre divin Fils, ainsi que de celui de son immaculée Mère, lorsque la mort vint au milieu deux leur ravir celui qui avait si saintement, si respectueusement et si généreusement été pour eux, sur la terre, ce que vous leur étiez vous-mêmes dans les cieux. Ah! Seigneur, celui qui était torturé au-dedans de lui-même en face de Lazare , dont la mort soudaine avait brisé le
cœur de ses sœurs , put-il être sans larmes amères en voyant devant lui le corps inerte et glacé de celui qui, seul entre les autres hommes, avait été son secours et sa providence! Qu'ils durent être poignants et douloureux pour son jeune cœur, ces noirs adieux que sa divine et filiale affection était contrainte de pleurer sur les bords d'un sépulcre! Seigneur, . Seigneur, les larmes de Jésus devant la mort de celui à qui l'Evangile nous assure qu'il était soumis, étaient les larmes qu'avaient pleurées Adam et Eve; les larmes du Sauveur du monde étaient celles qui se pleuraient dès avant le départ de l'Eden.
De faux prophètes et de faux docteurs nous disent que vous ne répondez qu'aux larmes personnelles de ceux qui vivent encore sur la terre. Le germe de nos corps , de nos maux , de nos douleurs, de nos souffrances, de nos désolations et de notre mort n'était-il pas en Adam , n'était-il pas dans cette chair perturba turée de laquelle s'engendrent générationnellemen t tous nos corps ? Ce qu'a pleuré votre très divin Fils en venant prendre,
non-seulement notre nature humaine, mais avec elle la terrible responsabilité des causes dégénérantes et dégradantes qui la tourmentent dans ses assujettissements de la vie, comme dans ses assujettissements de la mort, c'est ce que pleure 1 humanité entière, soit sur la terre, soit dans la terre. Les cris que nous poussons vers vous, aujourd'hui, sont empreints de tous ceux qui ont exprimé , qui expriment et qui exprimeront, jusqu'au jour du pardon universel, la première et la dernière douleur de notre humanité.
L'apôtre saint Paul, éclairé de votre divine lumière, le proclame et l'affirme : ce Toute chair souffre, toute créature pleure. » Tous ceux qui ont été créés pour le bonheur gémissent et gémiront jusqu'à ce que votre miséricordieuse bonté les délivre. Nos morts pleurent, Seigneur, par le cœur et par les yeux qu'ils nous ont légués. Nous pleurons sur leur poussière, et la terre qui les couvre, en buvant nos larmes, nous renvoie les leurs. Seigneur, Seigneur, nous sentons par vous-mêmes que l'intérêt, que nous prenons par nos larmes à
1 état salutaire de nos morts ; glorifie , à leur consolant avantage, les larmes mêmes de votre divin Fils. C'est donc par sa vie, comme par sa miséricordieuse mort , que nous nous prosternons espéramment devant vous, vous offrant en notre nom, et au nom de tous les morts, ce cantique d'adorante reconnaissance et de solennelle bénédiction : Saint, Saint; Saint est le Seigneur, le Dieu de paix, de compassion et de miséricorde. Gloire à lui dans les splendeurs sacrées de la vie éternelle! Gloire à. lui dans les mondes créés par sa sagesse et son amour! Gloire au Très-Haut qui aime et qui pardonne! Gloire au Dieu clément qui console et qui relève! Que la gloire et la bénédiction montent aujourd'hui devant lui, venant de tous nos cœurs, comme de tous les cœurs de ceux qui habitent notre terre. Que la reconnaissante action de grâces des innombrables générations dont la poussière des corps s'est mêlée à la poussière de la terre y s'unisse à notre glorifiant amen et à notre adorant alléluia. Amen, amen. Alléluia, alléluia.
INVOCATION COYSÉCRATIVE.
Que ce pain soit, par la vertu et par les mérites de la passion *fr de Notre Seigneur Jésus-Christ, le monument impérissable de notre action de grâces et le pain substantiel de notre angélité reconnue.
Que ce vin soit, par sa miséricorde *J«, changé eu ferment immortel, afin que, buvant à cette coupe, nous y trouvions tous l'unité nécessaire au labeur de noire régénération.
Que ce pain >fr et ce vin >J< soient la nourriture de tout notre être et l'hostie >%< de notre sacrifice pour que nous trouvions en elle, dans le désert où nous ont jetés ceux qui devaient être nos pasleurs, tout ce que s'est proposé, par la communion, chrétienne, celui qui est venu au nom de son Père pour établir sur la terre, entre tous les enfants des hommes, le saint esprit d'une égalité et d'une fraternité qui, ayant commencé dans son amour, doivent se continuer éternellement dans le recouvrement de la pure et première nature de notre création angélique. Amen.
POUR LES MORTS
O Mère de douleur et de clémente compassion, nous vous présentons les malheurs, les dettes, les restitutions et les trop pesantes insatisfactions qui arrêtent ou qui affligent nos frères et nos sœurs atteints par la mort. Présentez à votre divin Fils tous les intérêts de ces chères victimes, séduites et trompées par les innombrables illusions de la vie humaine. Prenez en vos mains, ô la meilleure ..des mères, la cause si difficile de tous ces malheureux égarés par les contradictions et les ténébreuses obscurités engendrées sans cesse par la nature et la trop longue succession de nos péchés.
Nous invoquons ces larmes saintes et si divinement maternelles qui couvrirent le corps adorable de votre très cher Fils, lorsque vous le vîtes frappé par la mort et descendre au tombeau. Vous ne pouvez pas avoir moins de crédit sur la souveraine puissance de ses compassions divines que la veuve de Naïm, qui, pour vous nommer sa très sainte mère, se serait pieusement jetée à vos pieds
devant cet autel, devant cette croix. O très affligée Mère, tous les enfants des hommes sont vos enfants; votre divin Fils est toujours dans le droit ineffable de sa toute-puissance. Du haut de la sanglante montagne de son martyre, vous ne cessez pas de voir passer tous ceux rju emporte la mort. Vêtue encore du grand deuil de votre premier-né, prenez nos pleurs dans les vôtres, et, comme devant la mère du jeune ressuscité dont parle l'Evangile, votre aimant et miséricordieux Fils, ému de pitié, dira devant vous, à tous ces morts dominés par l'épais suaire qui les retient loin du séjour du bonheur : Levez- vous et montez vers la sainte demeure de votre Père; votre mère et vos frères vous recevront au milieu de leurs actions de grâces et de leurs bénédictions.
Nous sommes certains, ô très divine Mère, que vous nous serez propice, et que celui qui nous ordonna de nous aimer les uns les autres fera ce que vous lui demanderez avec nous. Nous l'en remercions et l'en glorifions, dès maintenant, avec vous, ô très immaculée Mère. Amen , amen, amen.
Adorable et suprême amour de Jésus-Christ, nous t'adorons et nous nous donnons à toi comme nous te supplions de te donner à nous. Que cette communion, à laquelle nous nous préparons, reserre, par des liens nouveaux, notre volonté d'être de vivantes hosties à ta gloire; que par ta grâce infinie et par tes mérites divins nous devenions véritablement une même chose avec toi; que cette coupe, à laquelle nous allons tous boire en ton nom , nous unisse comme les membres d'un même corps, afin que nous travaillons tous à glorifier ta mémoire et à faire adorer, par toute la terre, l'incommensurable générosité de ton amour. Amen.
Que mon esprit s'abaisse et s'humilie; que mon âme s'embrase et que mon cœur s'enflamme pour répondre à l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ qui, de sa vertu divine, a changé, pour nous et pour l'intime secours de ceux pour lesquels nous avons prié, notre sacrifice en sacrement. Amen.
COMMUNION
Que cette part de notre sacrifice anime en nous, au bénéfice de tous, la vie du sacrifice.
Je boirai à la coupe des forts, j'activerai la soif de mon âme par le vin de la charité. J'adorerai mon Dieu parles mérites divins de son sang précieux et mon esprit confessera à jamais le gage du salut que lui assure l'infinie miséricorde du Seigneur. Amen,
Que nos coeurs reçoivent par cette coupe la grâce et la vie de la charité.
O mon Seigneur, ô mon Dieu, trouverez-vous en nous l'émotion sainte, la solennelle impression qui domina l'âme de Saûl, lorsque la sibylle d'Hendor eut appelé en votre nom, des rives de vos reposantes demeures, ce saint vieillard qu'on nommait Samuel, le même qui s'était endormi avec ses' pères après avoir siégé, comme un juge équitable, au milieu des enfants d'Israël?
Nous n'avons pas vu passer les délivrés que nous avons appelés pourtant avec le Verbe même qui glorifia Samuel; nous n'avons pas vu cette nombreuse parenté céleste et terrestre sortir des sphères plus ou moins obscures au sein desquelles ses péchés et la solidarité avec les nôtres la tenait
enfermée; nous ne les avons pas vus passer vêtus de leurs âmes blanchies dans le sang de Jésus mort pour nous, et pourtant nous ne pouvons douter de la souveraine efficacité de notre sacrifice et de notre prière. Non, Seigneur, nous n'avons pas vu, mais si nous avions un peu plus de foi dans votre amour, nous aurions, au fond de nos coeurs, une reconnaissante certitude qui l'emporterait certainement sur ce que notre ignorance nous fait appeler si souvent les certitudes de voir. Nous n'avons pas vu la lumière, ni la puissance qui délivrent, mais nous n'en allons pas moins bénir manifestement, devant vous, ceux que nous sentons maintenant que la voix de nos larmes, les supplications de notre immaculée Mère et les efficaces compassions de votre divin Fils n'ont pu manquer de délivrer.
Réponse générale : Amen, amen.
BÉNÉDICTION
Sainte fraternité dont le Dieu éternel, notre père, nous a constitués la visible expression durant
le sacrifice que nous venons de lui offrir; prière vivante qu'il a reçue et qu'il gardera dans le tabernacle de ses divins trésors, nous vous bénissons! Vos noms sont écrits en ce moment sur les palmes des délivrés, qui vous saluent et vous bénissent. Tandis que nos mains levées sur vous leur donnent le glorieux signal qu'ils attendent pour monter aux splendides et glorifiantes demeures du Tout- Puissant, ils vont partout, sur leur passage, en répétant la bénédiction que nous venons de prononcer sur vous : Bénis soient nos frères de la terre, dont la bénédiction nous porte dans les cieux. Amen. Alléluia, alléluia, alléluia.
DERNIÈRE ACTION DE GRACES
Seigneur, Seigneur, qui a, sur cette terre, des jours saints et consolants comme ceux que vous ne cessez de nous faire? Ah! ne nous éprouvez pas au-delà de cette malheureuse faiblesse que nous sommes contraints de confesser chaque jour. Notre nature peccable se lait vite aux caresses et aux avances dont vous seul êtes capable de la gratifier;
mais, Seigneur, elle est plus prompte encore à se laisser saisir par l'ingratitude.
Frères, qui voyez maintenant, dans la lumière divine, les trop nombreuses illusions qui nous séduisent et nous entraînent, priez avec nous, priez pour nous!
Bon saint Joseph, dont la vie si fidèle s'est écoulée en glorifiant le Sauveur divin et sa très virginale Mère; âme chaste et dévouée, qui avez été blanchie dans leur respect, dans leur reconnaissance et. dans leurs pieuses larmes, priez avec nous, priez pour nous!
Vierge bénie , mère de douleur, instante supplication qui regardez comme étant vos enfants tous les enfants des hommes; vous qui avez pleuré, avec votre très divin Fils, toutes nos infidélités, toutes nos ingratitudes, toutes nos indifférences et tous nos égoïsmes, priez avec nous, priez pour nous! Nous avons tant reçu, nous recevons tant chaque jour. Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Mère, de ce que le Maître de la vie et de la mort nous a fait obtenir aujourd'hui de ses divines
compassions; veillez-nous de votre protection la plus intime, afin qu'il nous soit donné de venir souvent devant notre Père céleste, devant son divin Fils et devant vous, évoquer de nouveau , au profit de tous nos morts, les grâces divines qui éclairent, consolent, délivrent et glorifient. Amen, amen. Alléluia, alléluia, alléluia.
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