‹ Le sanctuaire intérieur du CarmelChapitre 43 sur 46 · ACTION DE GRACES · texte numérisé non relu

ACTION DE GRACES

Ah! Père saint, le plus prévenant et le meilleur (les pères, eomme nos âmes sont reposées, comme nos coeurs sont consolés lorsque nous venons à toi; lorsque, nous arrachant à nos liens égoïstes et matériels, nous avons le bonheur de pouvoir nous entretenir avec toi. O jours saints du Seigneur, vous êtes bien plus nos jours que les siens! Non-seulement vous nous offrez un délassement, un réparant repos, mais vous nous rappelez, chaque fois que nous sommes assez heureux pour vous sanctifier, que vous êtes la prophétique consécration de nos plus consolantes espérances; vous êtes la chaire scientifique dans laquelle le Verbe de la paternité suprême se fait gloire continuellement de venir instruire ses enfants. C'est dans le premier sabbat, ô Créateur éternel, que vous vous entretenez avec le premier homme, et quel savant entretien! C'est

le jour du sabbat que votre divin Fils nous affranchit de cette pharisaïque interprétation et de cette automatique servitude , que les interprêtes de l'ancienne loi avaient tour à tour imposées à la foi et à la confiance populaire. C'est le jour du sabbat que, dans la synagogue même, Jésus, le modèle divin , guérit la main séchée d'un pauvre pécheur! C'est dans le chemin, sur la place publique; c'est dans le carrefour; c'est sous le toit de l'homme affligé ou malheureux que le Maître du sabbat, le Fils de l'homme, gtiérit l'aveugle-né, des lépreux, des paralytiques, et cela sans s'informer même si ces souffrants ou ces infirmes ont été au temple, ou tout au moins s'ils ont adoré son Père. Oui, c'est le jour du sabbat que celui qui a les paroles de la vie éternelle nous apprend, par son suprême exemple, que la plus parfaite sanctification qui puisse plaire à son Père est : l'aide, le secours, la pitié, la compassion, le dévoûment et la miséricorde!

Seigneur, n'est-il pas écrit que votre aimant et adorable Fils , après avoir sanctifié tous les sabbats

de sa vie parmi nous en guérissant, secourant, consolant et délivrant, glorifie le premier sabbat de sa mort en descendant aux enfers pour y continuer l'œuvre de ses compassions et de sa charité, qu'il venait de fonder sur la terre.

L'apôtre saint Pierre l'atteste et le proclame apostoliquement; il dit dans sa première épître, au chapitre troisième.

ce Jésus, après sa mort, alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison, à ces incrédules qui, autrefois, se glorifiaient de défier la patience et la bonté de Dieu, lorsqu'il Taisait annoncer par Noé la grande et terrible catastrophe du déluge. »

C'est encore le jour du sabbat que, dans file de Pathmos, le vainqueur de la mort et de l'enfer instruisait, pour l'agrandissement de notre espérance terrestre, le saint et évangélique reproducteur de ces grandes figures du sabbat des sabbats que nous trouvons dans l'Apocalypse.

Ah! Père, que tu es bon. Ta bonté, ta tendresse paternelles semblent réellement se complaire à nous montrer, par la grandeur et la solennité des pré-

cédences, ce que tes sollicitudes divines nous réservent pour la fin. Par le premier sabbat terrestre , tu fondes la royauté et le sacerdoce terrestres de la race humaine, tu ouvres pour elle un jardin de délices, un suave et magnifique paradis. L'homme ne mérite plus d'y faire sa demeure; néanmoins, tu le conserves et le fais garder par tes anges. Tu avais créé là une nourriture aussi exquise qu'excellente, une substance moelleuse et d'un goût délicieux; tu avais placé près d'elle une vigne dont le vin, pur et limpide comme la lumière, coulait de lui-même dans ses feuilles taillées et formées en calice. Et tout cela existe encore! Bien plus, tu nous promets qu'un jour tu nous en nourriras tous.

O mon Père! laisse-moi, en glorifiant ton esprit dans les sublimes et consolantes paroles d'Isaïe, te glorifier toi-même, répétant à mes frères ta sainte et paternelle promesse : ce Vous tous qui demeurez sur la terre, mon étendard se dressera sur ma montagne, et alors je vous y préparerai un festin de chair délicieuse, pleine de suc et de moelle; je vous y ferai boire d'un vin tout pur,

ne contenant aucune lie; je vous élèverai au-dessus de ce qu'il y a de plus grand sur la terre. »

O Père! ô mon Père, je m'arrête; je ne puis plus que vous crier avec mes frères : Salut et gloire, reconnaissance, amour et bénédiction! Amen, amen. Alléluia, alléluia, alléluia.

Lyon, imprimerie typographique et lithographique de C. Boima»ia1 . rue Sainte-Catherine, 13.

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