‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 1 sur 144 · PREFACE DES EDITEURS · texte numérisé non relu

PREFACE DES EDITEURS

l'aul Gauckler, qui a été enlevé si prématurément k la science le 6 décembre 11) 11, a laissé une œuvre considérable: livres ou catalog-ues de musées, mémoires ou articles, rapports ou comptes-rendus de fouilles. Pour nous c onformer à un désir exprimé par l'auteur, nous nous proposons de réunir, en les complétant à l'occasion par quelques frag-ments inédits, en les illustrant aussi de documents nouveaux, préparés par lui et trouvés dîuis ses d(issiers, celles de ses études ([ui étaient jusqu'ici dispersées dans les Revues ou en divers recueils. Le présent volume, qui sera i)i'obal:)lement le premier d'une série, est consacré à l'archéologie ronuiine, et, spécialement, aux fouilles du Janicule.

Ce sont les derniers travaux de l'auteur. Jusque-l;i. Paul (lauckler avait concentré tous ses efforts sur l Afritjue, principalement sur la Tunisie, où le retenait et l'absorbait une tâche écrasante : direction du Service des Antiquités et Arts de la Régence, org-anisaiion et développement du musée du Bardo, travaux sur les chanq)s de fouilles, [)ul)lications relatives au Service ou aux découvertes. Dans l'été de IDIK'), après quui/e ans de fonctions actives et de campagnes en i^Vfricpie, il venait de ([uitter la Direction des Antiquités. A peine rentré en France, il eut la nostalgie des champs de fouilles et des musées. D'ailleurs, sa santé toujours délicate, et depuis longtemps minée, l'oblig'eait k fuir chaque automne vers les t)ays du soleil. C'est ainsi que l'Africain de la veille devint un Romain.

PRÉFACK

Il arriva donc à Rome, au mois de novembre 190o. Il était chargé d'une mission scientifique du gouvernement tunisien, à Feffet d'étudier les mosaïques romaines d'Italie, et de compléter ses recherches antérieures, si fécondes, sur les mosaïques romaines d'Afrique. Cette mission de deux ans lui fut renouvelée par le Protectorat tunisien ; puis, elle fut remplacée par une mission du ministère français de l'Instruction publique. En conséquence, de 1906 à 1911, Paul Gauckler put passer à Rome la plus grande partie de l'année. Peu à peu, les recherches dans les musées, l'étude des mosaïques, devinrent pour lui l'accessoire : en cette ville, où partout le promeneur se heurte aux ruines, il fut vite reconquis par l'archéologie militante..

Au début de 1907, un érudit anglais, M. Saint-Clair Baddeley, lui signala quelques inscriptions, qu'on venait de découvrir au Janicule, dans la propriété de M. Wurts. la Villa Sciarra. Ces documents intéressèrent très vivement Paul Gauckler, qui, de l'examen des textes, conclut aussitôt à l'existence d'un sanctuaire syrien et d'une canalisation antique dans cette région.

Dans une importante Communication à l'Académie des Inscriptions, il fit connaitre les textes et formula son hypothèse. i)n s'en émut à Rome, dans le monde savant. Sur la proposition de M. le professeur Gatti, Paul Gauckler remania et compléta sa Communication de Paris, qui, sous cette forme nouvelle, parut en français dans le Bullettino coinunale. Sur ces entrefaites, le déblaiement d'un vieux puits, dans la propriété Wurts, justifia pleinement l'hypothèse de la canalisation antique. Ces découvertes avaient attiré l'attention de la Société immobilière du Janicule, qui possédait la propriété contiguë à la Villa Sciarra. MM. le marquis de Medici et Richelmi, l'un président, l'autre ingénieur de cette Société, autorisèrent Paul Gauckler à entreprendre des fouilles dans leur domaine. Ils mirent gracieusement à sa disposition tout le matériel et le personnel, dont ils pouvaient eux-mêmes disposer.

Restait à trouver les fonds. Un banquier de Genève, M. Henri Darier, offrit de faire les frais des recherches, que

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