Gauckler, ihid.^ p
3. Gauckler, ihid., plan hors texte I ; Nicole et Darier, ibid., plan hors texte XII-XIV ; Pasqui, ibid., plan hors texte non numéroté.
NOUVELLES DÉCOUVERTES
division tripartite ; et c'est peut-être pour rappeler le souvenir du vivier sacré disparu, qu'ils placèrent sur son emplacement, au fond d'une cuve baptismale, une figurine qui représentait Atargatis naissant d'un œuf de poisson ^ Mais d'autres nécessités s'imposaient à eux, qui modifièrent singulièrement le caractère du nouveau temple. Depuis le temps de Néron, la religion syrienne avait sensiblement évolué, passant du naturalisme matérialiste au mysticisme astral ^. Elle s'était, en même temps, rapprochée, d'une part, du culte égyptien de Sérapis, et, de Tautre, du christianisme. Aussi ai-je pu noter de curieux rapports entre le dernier temple syrien et le Serapeum d'Alexandrie, notamment en ce qui concerne le mode si particulier d'éclairage des statues placées au fond du sanctuaire ^ La ressemblance est plus grande encore avec les églises chrétiennes de la même époque. La demeure réservée au dieu reproduit le plan d'une basilique à trois nefs ; la chapelle des mystères correspond à un baptistère ; et la cour intérieure joue le rôle d'un atrium.
Si frappantes que soient ces analogies, le sanctuaire du Janicule n'en conserva pas moins, jusqu'à ses derniers
1. Gauckler, La Nativité de la déesse syrienne Atargatis, Comptes Rendus de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1909, p. 424 et siiiv., et fig-. ; — Le couple Héliopolitain et la Triade solaire dans le sanctuaire syrien du Janicule, /. c, p. 250 ; Nicole et Darier, ihid., p. 20 et suiv., fig. 13, 14, 15, 30, et pl. en couleurs X ; Pasqui, ibid., p. 400 et suiv., fig. 7 et 8.
2. Franz Cumout, ihid., p. 239 et suiv.; — Le mysticisme aslral dans l'antiquité, extrait du Bulletin de V Académie royale de Belgique, n^ 5, 1909, p. 256-286.
3. Gauckler, Les trois temples superposés du Lucus Furrinae, p. 619 et suiv. ; cf. Rufin, Historia ecclesiastica, 11, ch. XXIII, § 294.
Mélanges Gauckler. 18
LE SAiN'CTUAIRE SYRIEN DU JANICULE
jours, son caractère syrien. Les statues et les inscriptions que nous y avons recueillies, ne laissent aucun doute à cet égard. Ce que nous pouvons deviner des cérémonies, auxquelles on procéda pour le consacrer, me paraît plus probant encore.
Après avoir reconstruit le temple, il fallait y faire rentrer la Divinité que les chrétiens en avaient bannie. Le sanctuaire, si odieusement profané, devait être purifié ; et la gravité de l'offense exigeait évidemment une redoutable expiation. De tous les sacrifices que l'on pouvait offrir en pareil cas, il n'en était pas de plus efficace, pour apaiser la colère divine, que l'immolation de victimes humaines. Cette pratique abominable, à laquelle les Romains des anciens temps n'hésitaient pas à recourir en cas de danger ' exceptionnel, était restée d'un usage courant, aux premiers siècles de notre ère, dans les pays du Levant Lucien la mentionne, à propos du temple à' Hiérapolis ^ ; et certains empereurs initiés aux mystères des cultes solaires. Commode '\ Héliogabale \ peut-être
1. Cf. Wissowa, Religion der Roemer, p. 354 et suiv. ; Sagiio et Pottier, Diction, des antiq. grecques et romaines, article Sacrificium (Toiitain), p. 976 et suiv., 3, avec la bibliographie.
2. Eusèbe, Praep . evang . , 156, d'après Porphyre ; cf. René Dussaud, Revue de l'histoire des religions, 1908, p. 306 et suiv. ; — ibid., 1909, p. 133; — Deutsche Litteraturzeitung, 25 juin 1910, p. 1617 ; — Les sacrifices humains chez les Cananéens d'après les fouilles récentes, extrait de la Biblioth. de vulgarisation du Musée Guiniet, t. XXXIV, 1910.