‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 99 sur 144 · Gauckler, ihid.^ p · texte numérisé non relu

Gauckler, ihid.^ p

2. L'édifice étant peu étendu, l'incendie n'atteig^nit pas un grand degré d'intensité ; il a cependant laissé partout des traces certaines, sur les statues, les morceaux d'architecture, les inscriptions, les tuiles émaillées de revêtement, les poteries de la favissa, en un mot, sur tous les objets, ayant fait partie du temple de Gaionas. En outre, dans le vivier sacré, une couche de cendres et de charbons, de 0™ 10 d'épaisseur, se déposa au moment de l'incendie sur la vase molle qui remplissait le fond du bassin, et le sépare encore aujourd'hui, nettement, de la couche de remblais, à l'aide de laquelle on combla le réservoir après la destruction de l'édifice voisin.

3. De même, à Alexandrie, après la destruction du Sérapeum et des autres temples païens, en 397 de notre ère, les chrétiens s'empressèrent d'enfouir les bustes de Sérapis, et toutes les autres idoles sur lesquelles ils purent mettre la main. Cf. Rufin, Ilist. ecclésiaftt., Il, chap. XXIV et suiv.

4. Cf. Gauckler, ibid., p. 618 et suiv., et plan 1 ; Nicole et Darier, ibid., p. 33, n° II, et pl. XII-XIV, coupe longitudinale de l'édifice, dessinée

NOUVELLES DÉCOUVERTES

sa décoration et de son plan, qui Topposent à toutes les ruines avoisinantes, quelle que soit leur date. La partie antérieure du monument, la seule que nous ayons pu dégager, a la forme d'une cour rectangulaire, munie peutêtre d'auvents au pourtour, et percée de portes sur ses quatre faces, trois au Nord, deux à l'Est, une à FOuest, et une au Sud. Son orientation, qui n'a plus rien de rituel et n'est commandée que par des considérations d'ordre architectonique ou d'utilité pratique, chevauche sur celle du temenos^ que le nouvel édifice ne recouvre qu'en partie. Les murs sont faits d'assises alternées de mauvais blocage et de tuiles fragmentées, matériaux de démolition remployés ; les seuils, de marbre blanc emprunté à la décoration du temple détruit. Mais, dans cette utilisation, il semble qu'on puisse relever un parti pris de ^profanation systématique. Ce sont les monuments les plus sacrés qui sont mis à contribution de préférence, pour être foulés aux pieds : la mensa de Gaionas, portant la dédicace du fondateur à Jupiter Heliopolitanus \

par M. Felice Capellino. Je n'ai reconnu que tardivement l'existence, sur la face Nord, de trois portes rebouchées après coup. Nous n'avions remarqué d'abord que la poterne la plus rapprochée du fond; et nous l'avions fait dégag-erà nouveau, dès les premiers temps delà découverte, tandis que les deux autres portes sont restées dans l'état où nous les avions trouvées,

1. Cf. Gauckler, Le couple Héliopolitain et la Triade solaire dans le sanctuaire syrien du Lucus Furrinae à Rome, Mélanges (Varch. et d'hist. de V Ecole française de Rome, t. XXIX, 1909, p. 241 et suiv,, avec la bibliographie antérieure ; ajoutez Nicole et Darier, ibid., p. 10 et suiv., p. 63 et suiv., pl. XI, n°** 1 et 2, et Pasqui, ibid., p. 391 et suiv. : ce dernier considère la seconde dédicace de l'inscription comme postérieure à l'utilisation de la pierre, et fait de celle-ci le limen sacrum d'un temple de Caelestis, sans prendre garde que, sur la dite dédicace, le nom de la déesse avait été soigneusement martelé avant le rem-ploi de la dalle.

et les dalles, gravées d'une inscription grecque en caractères monumentaux, qui paraient les faces de Tautel ou la façade de Vadyton ^

Ces excès du fanatisme chrétien avaient dépassé le but : ils provoquèrent une réaction. A peine arrivé au pouvoir, Julien rendit leur domaine aux Syriens dépossédés : et ceux-ci se hâtèrent d'y rebâtir leur sanctuaire ~. Mais, probablement démunis d'argent, et désireux de faire vite, ils se virent forcés d'utiliser, tant bien que mal, les constructions qu'ils trouvaient en place, en les adaptant à une destination religieuse. Le portique rectangulaire servit de cour au nouveau temple. On se contenta d'en boucher les portes qui s'ouvraient sur le côté Nord, et d'y accoler d'une part, à l'Ouest, la demeure du dieu, de l'autre, à l'Est, la chapelle des mystères. Mais l'on rectifia autant que possible, sans y réussir tout à fait, l'orientation de ces deux sanctuaires, dans chacun desquels l'axe principal, celui qui joint le milieu de l'abside du chevet au sommet de l'autel central, fait avec l'axe longitudinal de la cour un angle de 8 degrés : c'est pour arriver à ce résultat, que l'on fit subir à toutes les parois un gauchissement systématique, dont j'avais jusqu'ici vainement recherché la cause. Dans cette œuvre de réfection, les Syriens se préoccupèrent évidemment de reproduire, autant que possible, la disposition générale du sanctuaire primitif. Ils en conservèrent notamment la

1. Gauckler, Les trois temples superposés du /.î/cus Fa/vt/jae, p. 734 et note 4 ; Nicole etDarier, ihid.^ p. 34 et p. 71, n°9.

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