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Schreiber, Ibid.^ pl. XXII

Mélanges Gauekler. 22

APPENDICE

qu'au coude. C'est le costume habituel des paysans au travail, celui que revêt notamment, de la même façon, Fun des moissonneurs que représente un remarquable bas-relief inédit, qui vient d'être découvert à Rome, dans les fouilles de l'église de San Silvestro ^. Pour être plus libre de ses mouvements, le vendangeur n'a passé que la manche gauche de la tunique. Le bras droit reste nu, ainsi que tout le sein. Les pieds, qui, après la cueillette, écraseront le raisin dans la cuve, sont nus, comme il convient, au lieu d'être chaussés â^embades pastorales. Ils sont admirablement ciselés, celui de gauche se détachant en ronde bosse.

Le visage est modelé avec tant de précision, qu'on reconnaît à première vue le personnage bien connu, dont il reproduit fidèlement les traits caractéristiques : la chevelure abondamment bouclée, qui recouvre un front bas, le nez fortement accusé, l'arcade sourcilière presque rectiligne, et d'un dessin très pur, les yeux profonds, à l'expression rêveuse et mélancolique^, les lèvres charnues, la bouche un peu dédaigneuse, enfin, le modelé si particulier de la poitrine et des épaules, où le développement tout viril de la charpente thoracique corrige heureusement la féminilité des chairs molles et tendres.

1. Ces fouilles viennent d'être l'objet de deux communications à la Société nationale des Antiquaires de France, faites, l'une par M. Pli. Lauer le 24 juin 1908, l'autre par moi-même le l*''" juillet suivant. D'après M. Huelsen, l'église de San Silvestro occuperait l'emplacement du temple consacré par Aurélienau Soleil (Jordan-Huelsen, Topographie (1er Staclt Rom^lll, p. 455 et suiv. ; Lanciani, Bull, comun., 1894, p. 284- 291 et pl. XII-XIV, 1895 ; p. 94 et suiv. ; Huelsen, Ibid., 1895, p. 39-59 et pl. IV.

2. Cf. Ferdinand Laban, Der GemiUhsausdrucIt der Antinous, 1891.

l'AiMTLXOÛS du sculpteur ANTONIANOS

C'est, à n'en pas douter, un portrait d'Antinous^ et Tun des meilleurs que nous connaissions. Il mérite d'être placé sur le même rang, que la statue colossale du Vatican ' , le buste Mondragone ^ et le bas-relief de la villa Albani en tête de l'abondante série que Dietrichson avait cataloguée, il y a une trentaine d'années ^, et qui n'a cessé de s'accroître depuis. Il vient enrichir l'iconographie du favori impérial, d'un type inédit. Le jeune Grec divinisé apparaît réellement, comme une divinité nouvelle, tenant à la fois du Faune, du pasteur Aristée ^, et même de Silvain mais sans se confondre avec aucun d'eux : du Faune, il lui manque les oreilles caprines ; de Silvain, la barbe hirsute et l'âge avancé ; d' Aristée, le bonnet, la houe et les chaussures rustiques ^. Ce vendangeur

1. Ue\b\Q, Fuehrer, I,n°263; Dietrichson, A/i/t/ioo8, p. 175, 11° 10 et pl. 11,4.

2. Clarac, Descript. des antiq., n'^ ; Dietrichson, A ntinoos, p. 230, 11° 91 et pl. X, 27; Eugénie Strong-, Roman sculpture, p. 249 etsuiv., et pl. LXXVII.

3. Ueihig, Fuehrer, II, n» 769; Dietrichson, Antinoos, p. 189, n" 21 et pl. V, 12.

4. Dietrichson, A/i/i/ioos, Christiania, 1884, in-8, avec phniches; cf. l'important compte-rendu de cet ouvrage, par S. Reinach, dans la Bévue Clinique du H mai I880, I, p. 357 et suiv. Pour les statues découvertes depuis 1885, cf. Clarac-Reinach, Répertoire de la statuaire grecque et romaine, t. 11, 2 (1898), et 111 (1904), passim. 11 y aurait déjà lieu d'ajouter à ce recueil une dizaine de portraits d'Antinous, découverts depuis qu'il a paru.

5. Identification proposée par M. S. Reinach, au cours de la séance où j'ai présenté à l'Académie le hixa-vQlieî d' A ntonianos .

G. Comparez au bas-relief, cité plus haut, du Musée du Capitole, à Rome .

7. L'Antinoûs-Aristée du Musée du Louvre porte, au contraire, ces trois attributs caractéristiques. Cf. Clarac-Reinach, Répertoire, l,p. 134; Dietrichson, Antinoos, p. 226, n^ 87, et pl. IX, no23. — L'attribut que lient la main gauche, est restauré d'une manière inexacte, sans tenir compte des deux traces qu'il a laissées sur le tronc d'appui.

AfPENDlCË

mystique éveille surtout Fidée d'une sorte de neos Dioni/sos^ régénéré, remonté dans FOlympe après une incarnation terrestre, dont il a conservé Tempreinte, et qui le rapproche des hommes L

En tous cas, quelle que soit Tétiquette mythologique qu'il faille apposer sur ce type inédit, celui qui l'a conçu a fait preuve d'une puissance créatrice, devenue bien rare au temps où il vivait. C'est un artiste vraiment digne de ce nom, qui se révèle ainsi à nous. Il s'appelait Antoiiianos^ et il était citoyen à' Aphrodisias\ c'est tout ce que nous apprend, sur lui, une courte inscription de trois lignes, gravée en lettres grecques du temps des Antonins, hautes de 0^015, et très nettes, sur le dé du petit autel qui meuble le bas du tableau à gauche, en avant à' Antinous :

ANTGONIANOC A0POA6ICI6YC €□0161

Cet An^o^ia^os, inconnu jusqu'ici, appartenait donc à la pléiade de sculpteurs grecs, établis dans la florissante cité à' Aphrodisias, en Carie, qui répandirent leurs œuvres dans tout le monde romain, à partir de la fin du premier siècle de notre ère, et dont la vogue dura longtemps

1. Sur les rapports du culte àWnlinoùs avec le Dionysisnie, (rnne part, et le Christianisme, de l'autre, cf. Dietricbson, .4«/i/îoo.s, p. 160 et suiv.

2. Une inscription d'Ilypaepa, souvent citée, l'ait mention de statues en marbre ô'Aphrodisias, àvôpiâvTa; |j.ap;j.ap'!vouç àçcoosu'.a/.ojç ; cf. S. Reinach. Chroniques cVOrienl, p. 190, et M. Gollignon, IIis( . de la sculpture (jrecque,U, p. 677 et suiv., et lîg. 355. — Il est à noter (ju'on a

l'antinoûs du sculpteur antonianos

Il vient prendre sa place à côté de Flavius Zénon, àp/iepeùç xoci GtaaYjiJ.oç, de Flavius Chryseros^ et de Flavius Andronicus, trois artistes appartenant peut-être à la même famille, et travaillant dans le même atelier, que nous ont fait connaître diverses signatures récemment retrouvées à Rome ^ ; de Zénon, fils à' Attinas -, qui fit un portrait d'homme assis, conservé au musée national des Thermes de Dioclétien ; de Zénon, fils à' Alexandros ^, auteur d'une statue virile, découverte à Lyttos, en Crète; d'un autre Zénon, encore ^, qui signa une statue de femme drapée, retrouvée à Syracuse ; des deux Zénas, auxquels sont dus deux portraits d'hommes barbus, d'identification incertaine % trouvés à Rome ; de Cornélius ^, dont le nom est inscrit sur une base mutilée d'Olympie ; à'Arislias et de Papias qui avaient signé conjointement les deux Centaures, en marbre noir, se faisant pendant dans

retrouvé, à Aphrodisias même, une inscription grecque qui mentionne (les jeux institués, en l'honneur d'Antinous, par la cité de Bithynie Adrianea, sa patrie, Iv 'Aoptavrja xfjç BsiGuvta; 'ABptàvsiov 'Avtivosiov r.aîZoy^ ooXtyov ; P. Paris et M. Holleaux, Inscriptions de Carie {Bull, de corr. holÛn., IX, p. 68 ; cf. Eckel, D. Num., 11, p. 408).

1. Cf. C.-L. Visconti, Bullettino comunale, 1886, p. 317 et suiv., et pl. XI etXll; Serafmo Ricci, Ihid., 1891, p. 208. Flavius Zénon était déjà connu, avant les trouvailles faites, de 1877 à 1886, près de la Curia nthlelarum, par une autre inscription de Rome, recueillie par Ficoroni ; cf. E. Loewy, Inschriften griechischer Bildhauer, p. 257 et suiv., n"364, et C.-L. Visconti, Ibid., p. 317.

2. Loewy, Ibid., p. 258, n» 365, avec la bibliographie ; Helbig, Fue/irer, éd., p. 853.

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