‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 23 sur 144 · Horace, Sat., II · texte numérisé non relu

Horace, Sat., II

mentionné par une inscription se soit rencontré justement au delà, et non en deçà, du fleuve, trans Tiheinm^ et non cis Tiberim. Je ne puis me résigner à une contradiction aussi flagrante. Je serais plutôt tenté de rapprocher le mot cisliber du terme, si voisin, de cistifer, lequel conviendrait sans doute beaucoup mieux à un dévot des cultes syriens ; et je supposerais volontiers qu'il désigne également, du moins ici, un porteur de ciste mystique.

Etant ainsi déterminés, au moins approximativement, Torigine et le caractère du dédicant Gaionas, nous sommes amenés à supposer que les dieux anonymes, au profit desquels il lit capter la source, étaient des divinités syriennes. Les autres monuments épigraphiques, recueillis au même endroit, confirment pleinement cette hypothèse.

5^ C'est, tout d'abord, une dédicace gravée sur un morceau d'architecture mouluré, où je crois reconnaître un linteau de porte monumentale. Le texte est, par malheur, en fort mauvais état : il n'en subsiste que peu de lettres, sur des fragments brisés de partout. Ceuxci se rapportent certainement à la même pierre, car leur mouluration est identique, mais ils ne se raccordent pas exactement : la position relative et le sens des lettres qui subsistent, indiquent seuls, et sans aucune certitude, la place respective des deux débris. Les caractères, hauts de 0^067, sont gravés avec soin sur une frise plate, audessous d'une corniche à multiples moulures, surmontée elle-même d'une seconde bande anépigraphe. Voici comment ils se présentent:

a) ELO M A VG

LE BOIS SACRÉ DE FURRINA

Fragment a). — A la première ligne, la lettre du début n'a laissé d'autres traces que deux amorces infîmes, au sommet et à la base, mais disposées de telle sorte qu'elles ne peuvent appartenir qu'à un E, et non à un C.

Fragment h). — Il ne reste qu'un débris de lettre, un angle aigu, mais qui ne peut convenir qu'à un M. Un N aurait l'angle plus ouvert.

L'inscription me paraît devoir être restituée ainsi : ou bien

[Malachbjelo [Pal]m[i/reno\ Au Cf. [Sacrum] ou encore ou même

[B \elo M[alachhelo\ [B]elo M\aleciabrudi\

Aug. [Sacrum] Aug. [Sacrum].

L'on peut hésiter, on le voit, entre de nombreuses variantes. La seule restitution absolument certaine est celle qui concerne le nom même du dieu. Bel us ; car la dédicace s'adresse évidemment à une divinité, et je n'en trouve pas, dans tout le panthéon gréco-romain et oriental, une seule autre portant un nom auquel puisse également s'adapter le groupe de trois lettres : ELO.

Le sanctuaire dont cette dédicace occupait la porte d'entrée, était donc dédié au dieu Belus^ la grande divinité babylonienne adorée dans tout le Levant. Celle-ci avait également de nombreux dévots au Trastévère, à en juger par les dédicaces précédemment trouvées dans le voisinage de la villa Sciarra, et que j'ai pu étudier au musée du Gapitole. L'une d'elles, bilingue, latine et grecque, trouvée en 1859 dans la vigne Bonelli, au delà de la Porta Portese^ se rapporte à un temple élevé au

dieu Belus-M<x\(xy^T[/.zz par un certain C. Liciniiis N . . . et un Palmyrénien du nom d'Héliodore K Ce dernier dédia, en outre, en Fan 547 de Tère séleucide (235 après J.-C), une statue d'argent aux Becl T,yr.ç^(^)zi. Aglibolos et Malachhelos ^: 'Av/agwXw y.al MaXa^gv^Xw Traxpwoiç ^eciç xat to ffiyvov àpYupcuv aùv 7:avTt "/.iwy.w àv£6r//,£ T. A'jp(r,/ao?) 'HXicSwpoç 'iVvTiiycu 'Acpiavbc naX;j.'jp-^;vGC £"/. twv Iolwv, ÙTrkp awT'^pia;; ajTCu /.ai Tou xoci twv t£7.vo)v, stouç 'Ç. M. <i>. ir/;vbç TUcpiibu.

Enfin, une autre dédicace, rédigée en latin et en palmyrénien, s'adresse au Soleil, Soli sanctissimo, qu'elle identifie à Malachhelos^ et qu'elle associe aux dieux protecteurs de Palmyre. Elle est gravée sur un autel, trouvé aussi au Trastévère, il y a plusieurs centaines d'années, dans le jardin Mattei, c'est-à-dire dans le voisinage immédiat de la villa Sciarra

Les autres dédicaces découvertes l'an dernier sont toutes gravées sur des autels en marbre blanc.

6^ Le plus petit n'a que 0'"55 de hauteur. Le dé mesure 0"'30 de largeur et 0'"24 d'épaisseur; la table, O^^^SS sur 0"^26. Cette dernière est surmontée de deux faisceaux, qui garnissent les faces latérales. L'autel est sculpté avec soin sur trois de ses faces; la quatrième,

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