Hirschfeld, Hermès, XXIV, p
site pas, pour ma part, à adopter la conjecture, c'est à ce même Gaionas qu'il faut attribuer une autre dédicace, également adressée à Jupiter Heliopolitanus.
Cette inscription, aujourd'hui conservée au musée du Gapitole, où je l'ai collationnée avec la plus grande attention, est gravée sur une colonne cylindrique en marbre grisâtre, qui présente de grandes analogies, comme dimensions, matière et facture, avec les cippes que nous décrirons plus loin, et qui provient très probablement du même sanctuaire. Elle semble avoir séjourné longtemps dans un endroit vaseux, et sa surface est tout usée par le frottement de l'eau. Les caractères, menus et peu profonds, ont presque disparu à la fin des lignes, surtout aux lignes 8, 10, 11, 12 et 13. Elle doit se lire ainsi ^ : I[ovi) oiptimo) m{axinio) Heliopolitano, Ko\).ixb^it> àvBpt ^aaiXacoTaTw à^r.iG-fi [-yjç] o'./.ou^^^vn^q) . Imp . Caesari M. Aur. Commodo Antonino, Pio Felici Augusto^ Sarm[atico)^ Germanico, trih.pot. XI, imp. VIII, cos. V,p.p..M. Antonius, M. /"., Gai[ona]s, Claud{ialis) ? Aug[ustalis\? Cistiber, dedicavit U{rhis) c{onditae) annoDCCCC XXXIX, Imp. Commodo Antonino Pio Felice Aug[usto) V, M' Acil(io) Glahrione II cos., III K. Dec.
Ce texte est exactement daté du 19 novembre 186, sous le règne de l'empereur Commode, alors consul pour la cinquième fois. Le dédicant, M. Antonius, M. Gaionas . . . cistiber, doit évidemment être identifié avec le y.b-:',,3£p y.al oc(-voiç xpsivaç de l'épitaphe citée plus haut, et avec le ozir.^ioy.^i-zr^z de la villa Sciarra. Son cognomen indique une origine étrangère ; sa dévotion au dieu local
1. a. I. L,, VI, 420 30764 ; Amati, cod . Vat . 9735, f. 38 ; Kaibel, /. G. S. L, 985 ; Inscr. gr . ad res rom. pertin., p. 33, n. 70.
LE BOIS SACRÉ DE FURRINA
à' Ileliopolis (Baalbeck), en Syrie, semble prouver qu'il était né dans cette ville. Il vivait à Rome, à la fm du second siècle de notre ère.
En quoi consistaient les fonctions que lui attribuent nos divers textes, lesquels se confirment deux à deux ? Il faut avoir le courage d'avouer que nous n'en savons rien, sans chercher à masquer notre ignorance par des affirmations hasardées. Gaioiias était sans doute un prêtre syrien. Les repas auxquels ce deipnocritès avait mission de présider, étaient à mon avis des banquets religieux ^ Quant au titre de Cisliber ^, on ne l'a jamais rencontré sur d'autres inscriptions. Par contre, certains textes juridiques mentionnent, à diverses reprises, des quinque viri cis Tiberim^ appelés aussi par abréviation cistiberes, qui étaient subordonnés aux ires viri capitales, et veillaient à la sécurité des rues pendant la nuit. C'étaient, en somme, de simples sous-agents de police. Peut-on admettre que le riche et influent Gaionas ait exercé d'aussi humbles fonctions, et surtout qu'il se soit targué d'un titre aussi infime, qui ne donnait même pas accès aux véritables magistratures, et conduisait à peine au poste dédaigné de scribe : recoctus scriba ex quinqueviro dit Horace. Il m'est impossible de l'admettre. De plus, il me paraît étrange que le seul cistiber
1 . Sur les repas liturgiques des religions orientales, cf. Hepding, Attis, seine Mijthen und sein Kult, Giessen, 1903, p. 186 et suiv. ; Franz Cuniont, 1(m\ laud., p. 84 et suiv.
2. Sur les fonctions du Cistiber, cf. de Rug-giero, Dizion. epigraph., RM moi cistiber, avec tous les textes; Hirschfeld, ihid., l. c. En ce qui concerne l'inscription C. /. L., VI, 420, voir au contraire l'interprétation toute différente, et d'ailleurs inadmissible, que Mommscn donne de ce texte dans le Corpus,